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Etablissement Public Autonome pour l’Exploitation des Marchés (EPAM) | Archives

La Directrice générale de l’Établissement public autonome pour l’exploitation des marchés (EPAM) joue une seconde mi-temps. Selon les agents de la structure, Mme Ayélégan Folly-Sessi devrait être admise à la retraite en décembre dernier. Ils rapportent qu’elle s’est déjà préparée à sa nouvelle vie puisqu’elle-même déclarait après ses longues et éprouvantes heures de prières dans son bureau avec un cercle fermé de collaborateurs, qu’elle va bientôt être libérée des tracas que lui imposent ses responsabilités. Mais plus d’un mois après, son départ se fait toujours attendre.

Cette prolongation ne se fait pas sans grincement de dents. Pour plusieurs agents, certaines décisions de leur directrice laissent planer une volonté manifeste de ne pas libérer le plancher. Ce qui agace le plus les collaborateurs d’Ayélégan Folly-Sessi, c’est une curieuse grille salariale, concoctée par un consultant payé gracieusement qu’elle l’applique selon ses humeurs. A titre d’exemple : un agent de la catégorie M1 se retrouve promu au M4. Ces différentes nominations ne répondraient à aucun critère et seraient un échelon que seuls ceux qui sont dans les bonnes grâces de la directrice gravissent pendant que ceux qui sont dans la catégorie E1 sont condamnés à y rester éternellement, dit-on.

« Normalement, avant d’établir la grille, elle devrait consulter les délégués, mais cela n’a pas été fait », peste une source. La même source révèle que le départ à la retraite de la directrice qui se fait attendre résiderait dans un deal. « Le ministre de l’Administration territoriale devrait lui aussi statuer sur le départ de Madame la Directrice, mais ils se seraient rendu service l’un et l’autre et c’est ce qui fait retarder le départ de la Directrice générale », confie la source citée plus haut. Selon cet agent, c’est un échange de « bons procédés » qui fait que le ministre de l’Administration territoriale qui est aussi le président du Conseil d’administration de l’EPAM, est devenu moins regardant sur sa gestion. La nomination d’une secrétaire dans le cabinet du ministère de l’Administration territoriale et qui émargerait sur l’EPAM serait le deal. « Cela fait que le ministre qui, au départ, nous comprenait, a subitement changé et ne semble plus nous écouter », affirme-t-il. Et c’est ainsi qu’à l’en croire, Mme Ayélégan Folly-Sessi est plus renforcée dans ses prérogatives malgré son annonce de départ à la retraite.

« Tout porte à croire qu’elle veut laisser un champ de ruines derrière elle », ajoute un autre agent. Sinon, se demande-t-il, comment a-t-elle pu autoriser la démolition d’un immeuble situé à la gare routière d’Adawlato, non loin du bâtiment commercial central qui a été incendié ? « Cet immeuble contient plus de 300 boutiques et rapporte énormément d’argent à l’EPAM et ceux qui y faisaient leur commerce sont jetés à la rue », regrette-t-il.

Un autre fait de la Directrice générale est d’avoir contribué à fragiliser le Syndicat national des travailleurs de l’administration générale et services assimilés du Togo (Syntragessato) qui regroupe plusieurs agents. Elle se serait employée à débaucher les principaux éléments. C’est ainsi que des « camarades de lutte » se sont retrouvés du jour au lendemain dans le très cercle fermé du Syndicat national des cadres de l’administration des collectivités locales (Synacol), très proche d’elle. Beaucoup de membres de ce syndicat sont mieux lotis que ceux du Syntragessato que certains assimilent à la « plèbe ».

Au centre de cette gestion jugée peu orthodoxe de Mme Ayélégan Folly-Sessi qui trône à la tête d’une structure qui réalise des chiffres d’affaires estimés à des milliards FCFA, se trouve Mme Gnakou, la directrice de recouvrement que le personnel ne veut plus voir. Longtemps très attachée à sa patronne, elle est tombée en disgrâce après avoir mené la vie dure à ses collaborateurs. Selon les agents, elle n’hésitait pas à dire que si « la boîte capote, elle retournera d’où elle vient ». Mme Gnakou Namalo, comme certains, est détachée à l’EPAM. Elle était à la Société nouvelle des phosphates du Togo (SNPT). Là-bas, elle n’avait pas également une bonne réputation.

Tout compte fait, au Togo les départs à la retraite de certains se font vite. Alors que pour d’autres, ils sont élastiques, comme celui du Directeur de publication de Togo Presse. Tout dépend du zèle et du service rendu.

A suivre

Source : L’Alternative

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