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Je suis ahuri de ce que les dirigeants togolais ont montré leurs limites. J’allais au Burkina Faso en novembre 2014 ensemble avec Ferdinand Ayite dans la fièvre de la chute du régime de Blaise Compaoré. Nous avons pris la terrestre et arrivée à Dapaong nuitamment, nous avons jugé bon de passer, non seulement la nuit mais avions planifié de faire une descente sur le terrain pour toucher du doigt certaines réalités de la localité. Surprise ! Notre ballade nous emmène dans cette Ecole Primaire Publique (EPP) Nagre II. Je dis bien Ecole Primaire Publique hein, c’est gérée par l’Etat.

4 ans après, je décide de descendre de nouveau sur le terrain malgré tous les risques que cela comporte pour des investigations. En effet, du dimanche 21 au vendredi 26 janvier 2018, j’étais à cheval entre Dapaong et Cinkassé. Cette fois-ci accompagné de Rodrigue Ahago. Au 3e jour de notre séjour, j’ai eu l’idée d’aller visiter mes frères et sœurs apprenants dudit établissement scolaire. Stupeur !!! Aucun changement si ce n’est l’ONG IT Village qui a eu l’idée de construire une cantine et d’équiper en énergie solaire l’établissement pour permettre aux apprenants d’étudier la nuit. Cette classe devant laquelle j’avais pris une vue, n’a pas été pas rénovée à mon grand étonnement. Les écoliers continuent de suivre tout bonnement leurs cours dans l’état que présente la classe sur cette image (Janvier 2018). Quel cynisme ! C’est ça même le mandat social sous le régime RPT-UNIR.

Et pourtant en 4 ans, des gens autour du chef de l’Etat, natifs de cette localité sont devenus des milliardaires. Et aussi surprenant que cela pourrait paraître, des gros bonnets du pouvoir, natifs du milieu ont construit de très belles maisons aux allures de châteaux à côtés des taudis et établissements scolaires à l’instar de l’EPP de Nagre II. C’est du pur cynisme. Cela prouve à suffisance que le régime RPT-UNIR n’a aucune vision pour le peuple et surtout pour la jeunesse. Plus rien à offrir aux Togolais. Il doit dégager le plancher et laisser la place à d’autres citoyens de faire leurs preuves.

Manque d’eau / Eau insalubre

J’ai décidé ne plus partager de photos sur mon périple à Dapaong et Cinkassé, mais un des facebookeurs, dans son commentaire, demandait à savoir s’il y avait au moins de l’eau potable dans le village qui abrite cette école de fortune.

Hummmmmmm !!! Je lui réponds non sans ambages. Les populations nous ont fait comprendre qu’il faut d’abord faire des dizaines de kilomètres avant de trouver un étang, ou une rivière ou encore un fleuve. Et jusqu’alors le seul fleuve de ladite localité, n’est autre que le fleuve Oti.

Curiosité professionnelle. Je mets le cap sur l’Oti. Il fallait faire des kilomètres. 80km à l’aller et 80 km au retour avec tout ce que cela comporte comme danger sur la route. Pistes défectueuses, troupeau de bœufs barrant parfois la route et peur d’être braquer. J’y étais avec Rodrigue Ahego et notre éclaireur. Cela tombe très bien. Surplace des femmes et des enfants étaient au bord du fleuve. Certains se lavaient, d’autres faisaient la lessive et d’autres encore qu’on a rencontré en chemin en venant avec des bidons jaunes qu’ils transportaient vers leurs domiciles.

A ma question, que comportent ces bidons jaunes et où est-ce qu’on les emmènent? On m’a répondu que c’est l’eau du fleuve qu’on a puisé et qu’on emmène à la maison pour boire. Quoi !!! Mais je n’y ai jamais pensé. Pendant que je m’efforçais à digérer ce que je venais d’entendre, en ce même moment, un troupeau de bœufs déchainés entrèrent dans le fleuve pour s’abreuver. Dans l’eau, au moment où certains bœufs s’abreuvaient, d’autres laissaient tomber leurs excréments. Et c’est la même eau que les habitants de cette localité boivent. Hummmmmm !!! Sacrés dirigeants togolais.

J’ai vu, j’ai entendu et j’ai vraiment touché du doigt certaines réalités-clés dans le Togo profond. J’ai une idée sur le mode de vie de nos compatriotes et je peux en témoigner. Je suis plus malheureux. Pendant 50 ans, voici ce qu’on fait de la vie des populations. Chose bizarre. Ce sont les mêmes personnes qui ont la main mise sur tout, il y a 50 ans. Ils ont vraiment montré leurs limites.

Honte à vous dirigeants togolais !

Pauvre Togo !

Idelphone Akpaki / La Gazette du Togo / FB

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