
Le Togo vit depuis le 11 septembre 2026 une augmentation record des prix des produits pétroliers opérés en catimini et au mépris de la population déjà en position de génuflexion. Le litre de super sans plomb est passé de 725 à 817 francs CFA, tandis que le gasoil est désormais vendu à 766 francs CFA, contre 750 francs auparavant. Le pétrole lampant est affiché à 1056 francs CFA et le mélange 2-temps à 896 francs CFA, contre 811 francs CFA précédemment. Tous ces prix sont les premiers dans toute l’histoire du Togo.
Figurez-vous, plus d’un mois après, aucun membre du gouvernement n’a pipé un mot pour situer le peuple. On susurre un certain coût du baril à l’international. Un gros mensonge d’État puisque le baril oscillait en ce moment entre 105 et 107 dollars alors que ce baril montait parfois jusqu’à plus de 125-130 dollars sans qu’on ait ces coûts hors de portée des Togolais.
En silence, la misère des Togolais s’est aggravée.
Dans une démocratie normale, les députés devaient interpeller l’Exécutif pour qu’il s’explique. Mais non, c’est plutôt un député du nom de Sodokin Koffi à l’Assemblée Nationale qui vient prendre la défense du gouvernement. A la conférence inaugurale des Journées scientifiques et d’innovation de l’Université de Lomé, il dit apporter un éclairage sur la question. Pour lui, le coût réel devait être plus que ce qui est affiché à la pompe sans les subventions. Il s’agit avant tout d’un arbitrage collectif. Derrière chaque litre de carburant subventionné se trouve une dépense publique et, derrière cette dépense, un choix sur les priorités nationales. Mais les ressources de l’État étant limitées, chaque dépense doit être appréciée au regard des autres besoins de la collectivité. On ne peut pas tout subventionner. Voilà le Professeur de l’économie dans ses œuvres.
Au lieu d’exiger des comptes sur les mécanismes de la fixation des prix à la pompe et surtout la vérité des prix, ce député prend fait et cause pour le gouvernement en s’affublant de son titre d’économiste.
Celui-là est enseignant à l’Université, un intellectuel à priori censé former la relève de demain. Pour le Togo, le chemin est encore long.
Honoré Adontui
Source: LeCorrecteur.tg























