
Des dizaines de milliers de personnes ont commencé à défiler dimanche à Hong Kong lors d’une manifestation se voulant « pacifique », pour prouver que le mouvement prodémocratie reste populaire, en dépit des violences et des menaces d’intervention de Pékin.
Ces milliers de personnes se sont d’abord massées sous une pluie battante dans le parc Victoria, au cœur de l’île de Hong Kong. Ce parc, proche du quartier très commerçant de Causeway Bay, est de longue date emblématique de la contestation à Hong Kong.
Nombre de manifestants ont ensuite commencé à marcher en direction du quartier d’Admiralty, plus à l’ouest, bravant l’interdiction de la police qui n’avait autorisé qu’un rassemblement statique dans le parc.
L’appel à un rassemblement « rationnel et non-violent » a été lancé par le Front civil des droits de l’homme (FCDH), l’organisation non violente qui était à l’origine des manifestations géantes de juin et juillet auxquelles avaient pris part des centaines de milliers de personnes.
« Nous espérons un nombre énorme de participants […]. Nous voulons montrer au monde entier que les Hongkongais sont pacifistes », a déclaré Bonnie Leung, une porte-parole du FCDH.
« Debout pour Hong Kong! Debout pour les libertés! », scandait dimanche une manifestante dans le parc Victoria. « Libérez Hong Kong! »
Une crise importante
La région semi-autonome traverse depuis début juin sa crise la plus grave depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des manifestations et des actions quasi quotidiennes pour demander, notamment, le suffrage universel.
Mais la mobilisation a été émaillée de violences entre radicaux et forces de l’ordre, ce qui a entraîné des avertissements de plus en plus cinglants du pouvoir central chinois, qui a assimilé les manifestants à des « terroristes » et menacé d’intervenir dans le territoire.
Dix semaines après la première manifestation du 9 juin, le mouvement n’a presque rien obtenu de l’exécutif hongkongais pro-Pékin. Et cette semaine a été marquée par une mobilisation hors norme à l’aéroport, qui a dégénéré.
L’agression de deux personnes soupçonnées d’être des espions pro-Pékin a ainsi terni l’image d’une contestation qui avait su se rendre populaire. La manifestation ce dimanche est à cet égard un test de détermination des militants prodémocratie, et de la popularité de leur mouvement.
La propagande chinoise a abondamment diffusé les images des dérapages à l’aéroport, dans l’espoir de décrédibiliser la mobilisation. Ils ont également diffusé des images de soldats chinois et de transports de divisions blindées massées de l’autre côté de la frontière, à Shenzhen.
La police a donné son feu vert au rassemblement de dimanche, mais a interdit aux manifestants de défiler dans la rue. Ce genre d’interdiction a presque systématiquement été ignoré ces dernières semaines, donnant lieu à des heurts avec les forces de l’ordre.
Les autorités justifient ces interdictions par les violences de plus en plus fréquentes lors des cortèges, les manifestants s’en prenant aux commissariats. Le mouvement ne plie pas, malgré l’arrestation de plus de 700 personnes en plus de deux mois de manifestations.
La manifestation de dimanche devrait être beaucoup plus massive que les actions de la veille.
Les rassemblements de samedi avaient débuté par une marche de milliers d’enseignants sous une pluie torrentielle. Dans l’après-midi, une foule plus importante s’était rassemblée pour marcher à Hung Hom et à To Kwa Wan, deux quartiers situés sur la partie continentale du territoire, au nord de la baie de Hong Kong.
Certains manifestants s’en sont pris aux locaux de la Fédération des syndicats, une organisation pro-Pékin, les couvrant de graffitis et les bombardant d’œufs.
Des milliers de partisans du gouvernement se sont également rassemblés dans l’après-midi dans un parc pour critiquer le mouvement prodémocratie et soutenir la police.
Conformément à la déclaration sino-britannique de 1984 qui avait défini le principe « Un pays, deux systèmes », Hong Kong jouit de libertés inconnues dans le reste de la Chine, et ce jusqu’en 2047. Mais de plus en plus de personnes ont le sentiment que Pékin cherche à accroître sa mainmise sur le petit territoire.
Source : AFP + Reuters + Radio-Canada + Euronews























