Le cap des 2000 morts a été franchi vendredi dans l’épidémie d’Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC), où 3000 cas ont été recensés depuis août 2018, ont annoncé les autorités sanitaires congolaises.

Des travailleurs de la santé transportent le cercueil d'une victime de l'Ebola, le 16 mai 2019, à Butembo
Des travailleurs de la santé transportent le cercueil d’une victime de l’Ebola, le 16 mai 2019, à Butembo | Photo : AFP

« Depuis le début de l’épidémie, le cumul des cas est de 3004, dont 2899 confirmés et 105 probables. Au total, il y a eu 2006 décès », indique le comité national multisectoriel congolais de la riposte contre Ebola dans son bulletin daté de jeudi et diffusé vendredi.

« 902 personnes » ont également été déclarées guéries, selon la même source.

La fièvre hémorragique Ebola, hautement contagieuse, provoque la mort d’entre 25 et 90 % des malades, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Il n’existe ni traitement ni vaccin commercialisé, mais plusieurs pistes sont à l’essai. Elle se transmet par contact direct avec le sang, les secrétions corporelles (sueur, selles, etc.), par voie sexuelle et par la manipulation sans précaution de cadavres contaminés.

Déclarée le 1er août 2018, l’actuelle épidémie d’Ebola en RDC est la dixième sur le sol congolais. En 13 mois, l’épidémie a touché trois provinces dans l’est de ce pays (Nord-Kivu, Ituri, Sud-Kivu).

L’épidémie en cours est la deuxième plus importante dans l’histoire de la maladie après celle qui a entraîné la mort de près de 11 000 personnes en Afrique de l’Ouest (Guinée, Liberia, Sierra Leone) en 2013-2014.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres arrive samedi en RDC pour soutenir la riposte contre Ebola. Il va se rendre à Goma puis à Beni, important foyer de l’épidémie.
Une fillette de neuf ans meurt en Ouganda

La fillette congolaise de neuf ans qui avait été contrôlée jeudi positive au virus Ebola en Ouganda, en provenance de la RDC est décédée vendredi matin, a-t-on appris de source sanitaire.

« Elle est décédée vers 8 h ce matin », a déclaré à l’AFP Yusuf Baseka, directeur des services sanitaires du district de Kasese, dans le sud-ouest de l’Ouganda.

L’enfant était en isolation dans un centre de soins de Bwera, dans le même district de Kasese. Le corps de la jeune fille « est en voie d’être rapatrié » en RDC, avec sa mère qui l’accompagnait, a précisé M. Baseka.

« Je veux rassurer tous les Ougandais et les non-Ougandais que nous avons la totale capacité de contrôler Ebola. Restez calmes et vigilants », avait twitté la ministre ougandaise de la Santé, Jane Ruth Aceng, avant l’annonce de la mort de la fillette.

Celle-ci est la quatrième personne diagnostiquée porteuse du virus Ebola en Ouganda à décéder.

En juin, trois membres d’une même famille diagnostiqués en Ouganda, après avoir contracté cette maladie en RDC, étaient décédés. Deux étaient morts sur le sol ougandais et le troisième en RDC après y avoir été rapatrié.

Fin juillet, l’OMS avait déclaré l’Ouganda libre d’Ebola, aucun autre cas n’ayant été signalé entre-temps.

L’enfant décédée vendredi était arrivée mercredi au point de passage de Mpondwe, à la frontière entre la RDC et l’Ouganda, pour aller obtenir une aide médicale à Bwera, selon le ministère ougandais de la Santé.

À Mpondwe, où l’Ouganda a mis en place des contrôles sanitaires, les équipes médicales avaient noté qu’elle présentait des symptômes semblables à ceux d’Ebola : fièvre, faiblesse généralisée, éruption cutanée et pertes de sang inexpliquées au niveau de la bouche, selon la même source.

Des examens sanguins avaient permis de confirmer jeudi qu’elle était « positive à Ebola ». Le ministère avait souligné que puisqu’elle avait été contrôlée à la frontière, elle n’était entrée en contact avec personne sur le territoire ougandais.

Près de 18 000 personnes traversent chaque jour la frontière entre la RDC et l’Ouganda, selon des chiffres du gouvernement ougandais.

Source : AFP