port-louis ile maurice
Scène de rue dans un quartier de Port-Louis, la capitale de l’Île Maurice | Photo : Flickr

De la gestion des voyageurs aux malades en passant par les contacts, l’Île Maurice a su faire face, de façon efficace, à la pandémie de coronavirus. Par conséquent, cela fait trois mois que Maurice a stoppé la propagation du Covid-19. Dimanche 2 août 2020 au soir, l’île ne comptait aucun cas actif ni dans la société ni parmi les rapatriés qui sont en quarantaine. Totalement déconfiné depuis le 15 juin dernier, le pays n’attend plus que la réouverture de ses frontières. Au cœur de la riposte, le Premier ministre Pravind Kumar Jugnauth s’est personnellement occupé de la pandémie en alliant leadership et une panoplie de mesures sociales pour les populations durement touchées. Exemple d’un pays qui fait, depuis quelques années, de la bonne gouvernance, sa devise.

« Il n’y a plus aucun cas actif (ndlr : de la Covid-19) sur le territoire mauricien », a annoncé le en fin mai dernier sourire aux lèvres une présentatrice de la Mauritius Broadcasting Corporation, la chaîne de télévision publique. Pourtant, à l’apparition des premiers cas dans le pays, rien ne prédestinait un contrôle relativement rapide de la pandémie.

En effet, au départ, la trajectoire de la maladie à Maurice est semblable à celle du reste de l’Afrique. Les 28 premiers cas ont été importés par des voyageurs dont des touristes chinois avant que le pays ne ferme ses aéroports. Puis la transmission locale s’en est suivie, avec un total de 332 cas confirmés.

Conscientes du rôle que joue le tourisme dans l’économie mauricienne, les autorités ont, dès le début, pris la pandémie au sérieux et mis en place une batterie de mesures visant à freiner sa propagation. Selon le ministère de la Santé et du Bien-être, 76 956 tests au total ont été effectués à travers l’île.

Le confinement a été décrété, assorti d’un couvre-feu. A cela s’ajoute une campagne de communication comprenant un numéro vert, des briefings quotidiens, ainsi qu’un site web dédié au COVID-19 et une page Facebook spéciale gérée par le ministère. Au 28 mai 2020, le pays avait enregistré 334 contaminations confirmées et dix décès dûs au coronavirus. Mais aussi 322 guérisons. Quelques jours plus tard, les deux derniers patients seront déclarés guéris.

Toutefois, les autorités ne sont pas prêtes à lâcher prise pour autant. Selon le ministère de la santé, il y a encore des passagers en quarantaine. Le couvre-feu, en vigueur depuis le 20 mars, n’a été levé que le 1er juin dernier.

Le leadership du Premier Ministre salué

A la tête du gouvernement mauricien depuis trois ans, Pravind Kumar Jugnauth a très vite pris des mesures efficaces pour rompre la chaîne de propagation. Aujourd’hui, ces actions sont saluées. Selon, Leela Devi Dookun-Luchoomun, ministre mauricienne de l’Education et de l’enseignement supérieur, de la science et de la technologie, la force de la riposte des autorités réside dans ses mesures sociales et sa politique de transparence en matière d’information de la population. « Ce qui est important, c’est que nous avons un ministère de l’intégration sociale qui prend en charge les plus démunis, ceux qui se trouvent sur le registre national. Et les élèves reçoivent un soutien additionnel en termes de matériel scolaire, en termes de soutien et même dans certaines écoles. Nous offrons même les repas des régions à des zones d’éducation prioritaires et le ministère des Finances est venu aussi avec un soutien pour les petites et moyennes entreprises et aussi pour d’autres entreprises qui sont en difficulté », a-t-elle indiqué. Et de poursuive « il y a eu un leadership très fort. Le fait même que le Premier ministre s’est personnellement occupé de ce comité de gestion de Covid-19 a démontré sa volonté. Et ensuite, il y a eu aussi ce qu’on appelle une compréhension et un « followship », si vous voulez… les gens ont compris l’importance de suivre les consignes, la fermeture des frontières a permis d’éviter à ce que d’autres cas entrent dans le pays ».

Une « victoire » sur cette maladie qui n’aurait pas été possible si les populations ne croyaient pas en leurs dirigeants.

La bonne gouvernance fait du bien

En effet, l’île Maurice a une très bonne réputation et une excellente image de marque au niveau mondial pour ce qui concerne l’éthique et la bonne gouvernance. Les institutions sont fortes et indépendantes. Les gouvernements se succèdent sous un régime d’alternance de manière démocratique et transparente dans le cadre d’une démocratie parlementaire désormais très bien enracinée. Il y a une redistribution économique et un meilleur équilibre social. Conséquence, en Afrique, le pays caracole toujours en tête en termes de bonne gouvernance dans pratiquement tous les classements en la matière où les critères comme la sécurité et l’état de droit, les droits de l’Homme, le développement économique, le développement humain et la lutte contre la corruption sont pris en compte.

C’est tout le contraire dans certains pays africains comme le Togo où la mauvaise gouvernance à la peau dure, la corruption endémique et les institutions sont à la solde du pouvoir. Pendant qu’une minorité s’accapare les richesses du pays, la majorité de la population croupisse sous la pauvreté. Ce qui crée d’énormes fossés entre le peuple et ses dirigeants.

A l’apparition de la pandémie en mars dernier au Togo, les autorités ont fait preuve d’un laxisme déconcertant. Il a fallu les cris d’alerte des médias pour que les autorités se décident afin à prendre des mesures fortes. Mais depuis, le relâchement a regagné les rangs aussi bien du gouvernement qu’au sein de la population.

En outre, les soupçons de corruptions et de détournements dans la gestion des matériels médicaux et des fonds ont commencé par surgir.

Aujourd’hui, l’Ile Maurice a montré que la bonne gouvernance est primordiale pour pays. Vivement que cet exemple suscite en certains dirigeants africains la nécessité d’œuvrer véritablement pour l’érection d’un Etat de droit.

Source : Fraternité