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Archives / Caricature: Donisen Donald / Liberté

En milieu de cette semaine, les Togolais ont découvert un arrêté interministériel datant du 24 mars 2025 et portant augmentation des tarifs de vente de l’énergie électrique dans le pays. Cette information qui est venue formaliser une hausse que les populations redoutaient depuis sur leurs factures, fait réagir de part et d’autre, et interpelle une fois de plus sur la gestion vicennale de Faure Gnassingbé.

Lorsque Faure Gnassingbé accédait au pouvoir par la force en 2005, il a, selon les déclarations d’un de ses plus proches actuels ministres, retrouvé un pays exsangue économiquement. Pourtant, il n’a daigné inquiéter les personnes qui avaient géré le Togo avec son feu père. Au contraire, il s’est entouré de ces mêmes « prévaricateurs » à qui il a ajouté de nouvelles jeunes figures pour enfoncer le pays.

S’agissant d’une comparaison entre le Togo d’avant 2005 et celui d’aujourd’hui (c’est-à-dire sous Faure Gnassingbé), peut-on conclure qu’il y a une amélioration ou une dégradation ?

Dans tous les cas, les signaux sociaux sont pratiquement au rouge et démontrent que le pouvoir de Faure Gnassingbé est décidé à faire boire les Togolais la calice jusqu’à la lie.

Alors que de nombreux observateurs, experts, journalistes d’investigation et même des rapports d’institution de la République alertent depuis longtemps sur la gestion calamiteuse de la société distributrice de l’énergie électrique au Togo (Compagnie Energie Electrique du Togo CEET), Faure Gnassingbé et sa minorité n’ont jamais levé le petit doigt en guise de correction.

Malheureusement et comme le régime RPT/UNIR sait bien le faire, il a décidé de faire supporter les conséquences de la mauvaise gestion du secteur énergétique aux « pauvres consommateurs » togolais.

En effet, depuis le mois de mars 2025, le régime au pouvoir a décidé d’une augmentation du tarif de l’électricité à hauteur d’environ 12,5% avec prise d’effet officiellement le mois de mai.

Concrètement, le prix du kilowattheure est monté jusqu’à 153 F CFA selon la puissance souscrite. Un consommateur togolais témoigne que ce samedi 17 mai 2025, il s’est vu octroyé 42 kWh lorsqu’il a rechargé son compteur prépayé avec 5 000 F CFA en ajoutant que pour un même montant, il est habituel est que le volume d’électricité soit différent.

Les causes profondes de cette hausse importante qui amenuise encore un peu plus le pouvoir d’achat déjà très faible du consommateur togolais, résident en la gestion irresponsable du secteur énergétique par l’administration de la CEET sous la caution du ministère de l’Energie et de la présidence de la République.

Il est inimaginable que ce secteur fondamental au quotidien de la population et au développement du pays soit géré comme une « « épicerie de quartier » avec en toile de fond la recherche d’enrichissement personnel de la minorité qui gravite autour dudit secteur.

A plusieurs reprises, le gouvernement togolais, quand il est invité à s’expliquer sur le déficit énergétique du pays avec des délestages drastiques, s’est versé dans le mensonge arguant des travaux de maintenance. Même en face de faits réels et de relances de recouvrement par le Nigéria de l’énorme dette consommée par la CEET, les collaborateurs de Faure Gnassingbé ont toujours pratiqué la politique de l’autruche.

Cependant, cette inique hausse des coûts de l’électricité a eu le mérite de faire réagir un de ses anciens patrons de la CEET, notamment son Directeur Général Adjoint de 2012 à 2015. A travers un post sur les réseaux sociaux, l’ex DGA a fustigé une hausse qu’il qualifie de « hérésie de gestion » et a méthodiquement dévoyé les pratiques malsaines et contreproductives qui plombent la CEET.

Comme observé depuis 20 ans avec Faure Gnassingbé, le secteur de l’énergie est devenu une zone réservée pour quelques-uns : une seule personne qui passe de DG de la CEET au poste de ministre des Mines et de l’Energie et après Directeur Général de l’Autorité de Régulation des mines et de l’énergie.

Voilà une illustration d’un cas de conflit d’intérêt qui permet aux membres de la minorité de Faure Gnassingbé d’effacer les traces des « mauvaises casseroles » qui trainent derrière eux.

Dans le même sillage, le réseau mafieux qui dirige le secteur de l’approvisionnement du Togo en matière de carburant oblige la CEET à s’approvisionner en gasoil pour ses centrales isolées auprès des stations-services. Comment comprendre une telle pratique si ce n’est pour des intérêts particuliers ?

En outre, dans la sortie de l’ancien DGA de la CEET, on peut lire et se convaincre du train de vie luxueux qu’offre Faure Gnassingbé aux Directeurs et cadres de cette société d’Etat : véhicules neufs octroyés tous les 4 ans aux directeurs est-il dit en prêt à rembourser (mais en réalité c’est au frais de la CEET). Ces directeurs chouchoutés ne prennent aucune initiative en matière de gestion et se contentent au besoin de faire acte de présence à leurs postes.

L’ex patron de la CEET est revenu également sur ce que la Rédaction de L’Alternative n’a jamais cessé de dénoncer : les fraudes aux compteurs par les barons de la Républiques, les sociétés d’Etat, les ministères et certaines sociétés privées en complicité avec les premiers responsables du pays.

Il faut donc se rendre à l’évidence : la CEET croule sous une dette colossale dont le fondement provient d’une gestion calamiteuse. Ceci est d’ailleurs reconnu par le ministère de l’Energie à travers un communiqué officiel datant du 15 mai dernier où le Directeur du cabinet évoque des mesures correctives dont l’amélioration de la gouvernance de la CEET, la lutte contre la fraude, la négociation de meilleures conditions d’approvisionnement. A demi-mot, le ministère maintenant une mauvaise gouvernance et les fraudes !

Malheureusement, Faure Gnassingbé et son gouvernement ne vont jamais demander des comptes aux responsables de la CEET, encore moins au ministre des Mines et de l’Energie. Ils font partie de la minorité protégée et impunissable.

La majorité des Togolais, celle à qui le régime RPT/UNIR fait subir les conséquences de son incompétence et de son gout effréné du luxe, est contrainte encore de payer la sale ardoise des détournements et de la mauvaise gestion du secteur énergétique du Togo.

Kossi Lamba

Source: lalternative.info