
Hausse du prix du carburant
Une éventualité d’augmentation des prix du carburant suscite déjà de vives inquiétudes. Selon plusieurs sources concordantes, les syndicats des transports auraient été informés d’une prochaine révision tarifaire des produits pétroliers, une information qui circule désormais dans les milieux professionnels du transport.
Cette annonce intervient dans un contexte social particulièrement tendu, marqué par la hausse du coût de la vie, la baisse du pouvoir d’achat et les difficultés économiques auxquelles font face de nombreux Togolais.
Dans une déclaration conjointe publiée le 25 mai 2026 à Lomé, des organisations politiques et citoyennes dénoncent une mesure qu’elles qualifient « d’injustifiée » et « d’antisociale ». Elles déclarent qu’une hausse du carburant entraînerait automatiquement une augmentation générale des prix des produits de consommation et des transports, aggravant davantage la précarité des ménages togolais.
Les signataires accusent le pouvoir de vouloir préparer l’opinion publique à accepter cette augmentation à travers une campagne de sensibilisation déjà engagée auprès des acteurs du transport. Ils rejettent également les arguments liés à la conjoncture internationale, notamment les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, indiquant que cette décision aurait été envisagée bien avant ces événements.
Pour l’opposition togolaise, cette augmentation ne répond pas aux préoccupations réelles des populations et ne vise pas à soulager les citoyens. Au contraire, elle risque, selon elle, d’accentuer les souffrances sociales dans un pays où une grande partie de la population peine déjà à faire face aux dépenses quotidiennes.
Les organisations signataires appellent ainsi le gouvernement à renoncer à tout projet d’augmentation des prix du carburant et invitent les syndicats des transporteurs, les associations de consommateurs ainsi que l’ensemble de la population à rester vigilants.
Pour elles, des solutions existent pour éviter cette nouvelle augmentation.
« Le gouvernement dispose de plusieurs leviers pour renflouer les caisses de l’Etat, en s’attaquant aux causes qui dilapident illégalement l’argent des Togolais, notamment :
* en luttant vigoureusement contre la corruption généralisée ;
* en mettant fin à l’énorme fuite des capitaux qui s’élève à plus 500 fois les recettes fiscales et représente une menace systémique majeure pour l’économie national ;
* en gérant les entreprises d’Etat avec rigueur.”
Alors que les autorités n’ont pas encore officiellement annoncé une nouvelle grille tarifaire, le débat autour du carburant s’impose déjà comme un sujet majeur de tension sociale et politique au Togo.

Le « luxe » de fêter la Tabaski avec la flambée du prix des moutons
À quelques jours de la Tabaski, l’angoisse monte dans les foyers musulmans à Lomé. Sur les marchés de la capitale togolaise, plus question d’acquérir un mouton à prix doux : les tarifs s’envolent, passant de 50 000 à 100 000 F CFA l’an dernier à 150 000 voire 300 000 F CFA cette année. Pour un bœuf, il faut parfois débourser près d’un million de francs CFA, une somme hors de portée pour la majorité des ménages.
Des acheteurs hochent la tête, contraints de raboter leurs rêves de fête. Les commerçants, eux aussi, sont sous pression : la marchandise se fait rare et les coûts d’approvisionnement explosent.
Cette flambée s’explique par une baisse brutale de l’offre régionale. Le Niger et le Burkina Faso, fournisseurs historiques du Togo, ont suspendu leurs exportations de bétail. Les importateurs se tournent désormais vers le Bénin et le Nigeria, mais sans parvenir à combler le vide.
Pour Alidou Alassani, président de la Fédération nationale des professionnels de la filière bétail et viande du Togo (FENAPBVITO), la crise révèle une fragilité profonde.
« Nous devons urgemment renforcer notre propre élevage », martèle-t-il. Avant d’ajouter, grave : « Sinon, chaque grande fête nous rappellera notre dépendance ».
En attendant, les familles composent, rognent, espèrent. À la veille d’une célébration sacrée, Lomé cherche une solution à une équation douloureuse : comment rester digne quand les traditions deviennent un luxe ?
Dzigbodi Afi & al.
Source: Lalternative.info























