Massacre de civils au Freau Jardin par Eyadema Gnassingbé, 25 janvier 1995 | Archives: DR
Massacre de civils au Freau Jardin par Eyadema Gnassingbé (lunettes noires), 25 janvier 1995 | Photos / Archives: DR; Infog: 27avril.com

Un communiqué officiel daté du 04 juillet 2026, portant la signature de Hodabalo Awaté, ministre de l’Administration territoriale, annonce en grande pompe l’« apothéose des Hommages » à Gnassingbé Eyadema, prévue pour le 10 juillet 2026 au Palais des Congrès de Kara. Ce document « officiel » tente maladroitement de travestir la réalité historique en affirmant que le peuple togolais aurait rendu ces hommages tout au long de l’année 2025 dans une « ferveur partagée ». Il s’agit là d’une énième provocation, d’une insulte insoutenable jetée à la figure des millions de Togolais survivants subissant ce régime de terreur. Comment peut-on exiger d’un peuple la célébration de son propre bourreau ?

L’hérésie du « Père de la Nation » : Une insulte à l’histoire

Le communiqué dit officiel utilise avec une audace révoltante l’expression de « Père de la Nation » pour qualifier Gnassingbé Eyadema. Quelle effroyable dénaturation des concepts ! Un père protège, un père nourrit, un père rassemble. Gnassingbé Eyadema, quant à lui, a fondé son pouvoir constitutionnel sur le sang, l’exclusion et la division. L’appeler « Père de la Nation » relève d’une maladresse sémantique et politique absolue, si ce n’est d’une entreprise délibérée de lavage de cerveau collectif. On ne peut pas être le père d’une nation dont on a méthodiquement bâillonné la jeunesse, assassiné l’intelligentsia et spolié les ressources.

Le bilan sanglant de la dictature du clan Gnassingbé

Rappeler les faits n’est pas seulement un droit, c’est un devoir sacré de mémoire face à la propagande du régime RPT-UNIR. La dictature du clan Gnassingbé, inaugurée par le coup d’État sanglant d’Eyadema et perpétuée de père en fils par Faure Gnassingbé, est inscrite dans les pages les plus sombres de l’histoire africaine. Ce régime se définit par:

* les assassinats politiques et les disparitions forcées : des dizaines de figures de l’opposition, d’intellectuels et de citoyens ordinaires ont payé de leur vie leur désir de liberté;

* les massacres de 2005 : lors de la succession dynastique violente portant Faure Gnassingbé au pouvoir, les rapports des Nations Unies ont dénombré des centaines de morts, victimes de la répression militaire;

* la torture institutionnalisée : les geôles du Service Central de Recherches et d’Investigation Criminelle (SCRIC) et d’autres centres de détention secrets restent les symboles de la déshumanisation des opposants au régime;

* la misère économique et le pillage des ressources : pendant que le clan oligarchique accapare les richesses (phosphates, ressources portuaires, infrastructures,
fonciers), la majorité de la population togolaise croupit dans une pauvreté endémique, privée de soins de santé de base et d’un système éducatif digne.

« Le dialogue, la réconciliation et l’unité nationale évoqués dans ce communiqué ne sont que des paravents sémantiques pour masquer la pérennisation d’un pouvoir dynastique. Le peuple ne communie pas avec ses oppresseurs ; il subit le joug de la terreur militaire et de la manipulation administrative. »

Le refus de la chosification : un appel à la dignité

Le régime RPT-UNIR excelle dans l’art d’instrumentaliser la misère qu’il a lui-même créée. En organisant des caravanes de Lomé à Dapaong, en passant par Kpalimé, Atakpamé, Sokodé et Kara, le pouvoir tente de théâtraliser une adhésion populaire factice.

Refusez d’être les figurants de leur comédie macabre !

Citoyens togolais, ne vous laissez pas chosifier, ne vendez pas votre dignité pour des simulacres de « manifestations culturelles et sportives » ou des « actions médicales gratuites » cyniquement programmées pour blanchir trente-huit ans de sang versé, de tyrannie paternelle et plus de deux décennies de continuité filiale.

Mobilisation pour mettre fin à l’emprise dynastique

Cette commémoration de l’oppression doit sonner le tocsin de la conscience nationale. Le Togo n’est pas la propriété privée du clan Gnassingbé. Il est temps de briser les chaînes de la peur et de la résignation face à ce système RPT-UNIR qui pèse sur le destin de notre pays depuis près de soixante ans.

Nous appelons toutes les forces vives de la nation : syndicats, organisations de la société civile, partis politiques de la véritable opposition, diasporas et jeunesse intrépide..Nous vous appelons à une mobilisation générale, pacifique mais inflexible. Nous devons opposer un refus catégorique à cette tentative d’imposition d’une mémoire sélective et mensongère.

Levons-nous pour réclamer l’alternance démocratique, la justice pour toutes les victimes et la restitution de la souveraineté nationale au seul et unique peuple togolais. L’histoire ne s’écrit pas avec l’encre de l’imposture, ni me sang versé; Elle se conquiert par la lutte.

Rodrigue Ahégo,
La Voix des Sans Voix

Rodrigue Ahego | Photo: R.K.A / FB
Rodrigue Ahego | Photo: R.K.A / FB