Des manifestants ont érigé une barricade à Lomé, au Togo, le jeudi 26 juin 2025 | Photo: DR
Des manifestants ont érigé une barricade à Lomé, au Togo, le jeudi 26 juin 2025 | Photo: DR

« Comment la CEDEAO peut-elle condamner les coups d’Etat militaires au Mali, au Burkina Faso, en Guinée et au Niger, tout en cautionnant les multiples coups d’Etat constitutionnel de Faure Gnassingbé durant 2 décennies », s’interroge le Front TPAMC, après la publication d’un communiqué de l’institution Ouest africaine sur la répression sanglante des 26, 27 et 28 juin derniers au Togo.

Alors que les témoignages, les images et les vidéos de la répression sanglante par les milices de Faure Gnassingbé des manifestations des 26, 27 et 28 juin derniers à Lomé, fusent de partout, la CEDEAO a publié un communiqué appelant tout simplement “toutes les parties prenantes à privilégier les dialogues”.

Le Front “Touche Pas À Ma Constitution” (TPAMC) réagit par voie de communiqué de presse ce 02 juillet 2025 à cette sortie de l’institution communautaire qu’il analyse en une complicité avec la dictature de Faure Gnassingbé.

La Cedeao dont la crédibilité auprès des populations est totalement anéantie, démontre encore une fois son parti pris indéfectible pour le dictateur Faure Gnassingbé, constate le Front.

Etayant son analyse, le Front TPAMC rappelle les interventions majeures de la Cedeao au Togo qui ont porté secours au régime de Faure Gnassingbé et permis à celui-ci d’assouvir sa soif de règne à vie.

Il s’agit entre autres de la médiation de 2017 que la Cedeao avait utilisée pour casser la contestation populaire de l’époque, de la délégation de l’Organisation venue cautionner et féliciter le coup d’État constitutionnel d’avril 2024 en plein processus électoral contrairement à ses propres textes.

Le Front TPAMC s’étonne qu’à l’heure actuelle, la Cedeao appelle les parties prenantes à dialoguer alors que Faure Gnassingbé a lui-même vidé les partis d’opposition et les OSC de toutes leurs prérogatives. Et ce sont les jeunes togolais fatigués qui dénoncent désormais la gouvernance catastrophique du régime au pouvoir et exige son départ.

« La jeunesse ne tombera plus dans ce piège » car la légitimité politique ne se négocie pas, elle s’impose par la volonté populaire.

Le Front n’a pas manqué de relever une justice à géométrie variable de l’institution ouest africaine, ceci selon les intérêts géopolitiques des chefs d’Etats. Spécialement pour le cas de Faure Gnassingbé qui cumule 20 ans au pouvoir et a prolongé ce pouvoir à vie par un hold-up constitutionnel.

Le regroupement de partis politiques et d’OSC réitère ses principles exigences qui demeurent constantes : retour à l’ordre constitutionnel consensuel, enquête internationale indépendante sur les crimes commis contre les manifestants pacifiques, libération immédiate de tous les prisonniers politiques, ouverture d’une période de transition pour refonder les bases d’un vivre ensemble harmonieux.

Le Front TPAMC renouvelle son appel à la communauté internationale notamment les Nations Unies, l’Union Africaine et aux démocraties du monde entier à cesser de cautionner la dictature de Faure Gnassingbé par le silence.

Kossi Lamba

Source: lalternative.info