
Depuis 3 mois, le Togo enregistre des échecs répétés dans ses émissions de titres publics (bons et obligations du Trésor) sur le marché financier régional de l’UMOA-Titres, où il levait pourtant régulièrement des fonds auparavant. Plusieurs raisons expliquent cette situation :
1. Des tensions sur la liquidité bancaire dans l’UMOA
Depuis la fin de 2023, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a resserré sa politique monétaire pour lutter contre l’inflation. Cela a entraîné une hausse des taux directeurs et une rareté relative de la liquidité bancaire.
Résultat : les banques commerciales, principales souscriptrices des titres publics, sont moins enclines à prêter aux États, surtout si elles jugent le risque élevé ou les rendements insuffisants.
2. Des rendements proposés jugés trop faibles
Le Togo continue de proposer des taux d’intérêt inférieurs à ceux du marché secondaire ou à ceux proposés par d’autres États plus solides ou mieux notés (ex : Côte d’Ivoire, Sénégal).
Les investisseurs deviennent donc plus sélectifs : ils privilégient les titres mieux rémunérés ou jugés moins risqués.
Le marché a aujourd’hui une attente plus forte de prime de risque, notamment pour les pays aux finances publiques tendues comme le Togo.
3. Une perception accrue du risque souverain togolais
Le Togo fait face à des tensions budgétaires croissantes : poids de la dette, déficits budgétaires à résorber, dépenses sécuritaires, etc.
En mars 2025, l’agence de notation Moody’s a dégradé la note de crédit du Togo à « Caa1 » avec perspective négative. https://www.moodys.com/resea…/region/africa/togo/04204F…
Cela pousse les investisseurs à demander des rendements plus élevés (c’est-à-dire des taux d’intérêts élevés), voire à se désengager temporairement du papier togolais.
4. Un endettement domestique trop élevé
Le stock de dette intérieure du Togo a beaucoup augmenté ces dernières années.
Le marché juge alors que le pays est proche d’un seuil de soutenabilité intérieure, et que de nouveaux emprunts pourraient provoquer des refinancements coûteux, ou des défauts partiels (retards, reprofilages).
En l’absence d’accord #FMI ou d’ajustements macroéconomiques visibles, le profil de risque du Togo s’est donc dégradé. D’où la précipitation à engager une évaluation des finances publiques par l’institution de Bretton Woods ce mois-ci. Mais cela ne promet rien de bon et l’accord qui pourrait en résulter risque d’être fatal au peuple togolais. Rappelons que l’État bénéficie déjà d’une facilité élargie de crédit (FEC) de la part du FMI. Par définition, la FEC est un financement de crise accordé aux pays connaissant des difficultés de balance de paiements.
5. Une stratégie d’émission ou timing mal calibré
Certaines émissions du Trésor togolais ont été mal positionnées dans le calendrier régional : 2 émissions par mois voire 1 émission par semaine pour certains mois concurrencées par des émissions plus attractives, plus qualitatives de pays comme le Bénin, la Côte d’Ivoire ou le Sénégal.
Des appels d’offres trop fréquents, mal dimensionnés ou mal rémunérés peuvent lasser le marché.
6. Attente d’un programme FMI ou d’une révision budgétaire
Au regard de ce qui précède, les investisseurs institutionnels attendent des signaux de confiance du gouvernement tel qu’un accord formel avec le FMI (pour garantir une discipline budgétaire et un refinancement externe), une réduction de la fréquence des appels au marché et une clarté sur la stratégie de gestion de la dette à moyen terme.
En conclusion, la gestion économique catastrophique de Faure Essozimna Gnassingbé n’inspire plus confiance et il est désormais contraint de compter sur le FMI pour retrouver de la crédibilité. Un non-sens absolu quand on connaît les conditionnalités de cette institution. La situation est alarmante, la gouvernance du pays doit changer.
Faure must go!
Analyse citoyenne de la gestion des finances publiques du Togo / ACGFiP























