
Dans sa publication de janvier 2026 portant Aképé, ayant pour titre «Les originalités insoupçonnées de la Vè République Togolaise» le Professeur Adama Mawulé Kpodar, a bien vanté les mérites de la trouvaille de son bienfaiteur Faure Gnassingbé.
«Inspiré du régime parlementaire, le régime politique de la Vè République togolaise n’en comporte pas moins des richesses qui en font un régime particulier, voire un modèle unique. Elles s’illustrent, tout d’abord, dans le bicéphalisme institué au regard du contraste dans le mode de désignation et l’étendue des compétences du Président de la République (chef de l’Etat) et du Président du Conseil (chef du Gouvernement). Elles se manifestent, ensuite, dans la double responsabilité du Gouvernement et du Président de la République respectivement devant l’Assemblée nationale et le parlement. Le régime institué apparait finalement à la fois comme un régime parlementaire bicéphale contrasté et un régime parlementaire dualiste inversé rationalisé», lit-on d’entrée. Le Professeur titulaire de droit public, Agrégé de Droit Public et de Science Politique à propos de la Constitution togolaise du 6 mai 2024 insiste que loin d’être une simple copie du modèle britannique, le nouveau régime politique togolais est un « modèle de genre nouveau », d’« impensé constitutionnel » et se distingue par des adaptations profondes qui en font un système complexe, semblable à un « mille-feuille institutionnel ». A la fin de cet exercice cérébral complexe, l’ancien président de l’Université de Lomé conclut que le Togo a produit un régime institutionnel original qui enrichit la typologie des régimes parlementaires qui se distingue par trois innovations majeures : un exécutif bicéphale profondément déséquilibré, une double responsabilité politique inversée, et des mécanismes de rationalisation qui garantissent une forte stabilité gouvernementale. Que comprendre de cette étude, énième du genre pour des Universitaires togolais ?
Dans une de nos publications en date du 11 février 2025 sous le titre «Intellectuels altérés par les vétilles», nous dénoncions le fait qu’au Togo, très peu d’intellectuels s’engagent sur des sujets d’intérêts publics et s’assurent de la bonne gouvernance du pays. Il y en a très lucide au départ avec une logique et une cohérence dans leurs idées. Mais de nos jours en charge des activités publiques, leurs raisonnements et lucidité sont altérés par des vétilles. Ils passent le clair de leur temps à déclamer des contre vérités au point d’embrouiller l’esprit de leurs étudiants et de la population.
En vérité, un intellectuel est une personne qui s’engage dans la pensée critique, la recherche et la réflexion sur la société et qui propose des solutions à ses problèmes normatifs. Son activité repose sur l’exercice de l’esprit. Il s’engage dans la sphère publique pour faire part de ses analyses, de ses points de vue sur les sujets les plus variés ou pour défendre des valeurs. Les intellectuels sont des personnes qui ont une sagesse et une vision diverses, qui appliquent leur intelligence et leurs visions prospectives dans le but de réveiller la société. Ils contribuent à détourner les masses de ce qui est insensé et mauvais vers ce qui est juste et bon. Issu du monde de la culture, soit comme créateur, soit comme médiateur, l’intellectuel participe à la politique, soit pour défendre une proposition concrète, soit pour dénoncer une injustice, généralement en rejetant, en produisant ou en prolongeant une idéologie, et en défendant un système de valeurs.
Ils sont nombreux des Togolais dignes qui n’ont rien pigé de la publication du Prof Kpodar.
« Le régime institué apparaît finalement à la fois comme un régime parlementaire bicéphale contrasté et un régime parlementaire dualiste inverse rationalisé » (Prof Adama Maxime KPODAR)
Qui peut nous expliquer tout ceci en français très facile. Et surtout nous dire quand est ce que l’alternance tant espéré et perçu par la CVJR comme un facteur de paix et de cohésion sociale va avoir lieu ?
Qui peut nous dire si les 7 998 899 Togolais « non spécialistes du droit constitutionnel » comprennent ce français assez complexe ?»(sic) a posté André Kangni Afanou, juriste et défenseur des Droits de l’Homme. Cette réaction est largement partagée par les Togolais soucieux du devenir de leur pays. Des Universitaires et intellectuels censés apporter la lumière dans la cité , brillent plutôt dans la confusion volontaire pour contenter un pouvoir et garder des privilèges.
Cette publication vient à la suite d’autres avec d’autres universitaires bien connus. A la fin, même leurs propres étudiants ne croient plus à leurs cours de droit totalement aux antipodes des réalités.
La situation critique actuelle du Togo ne prête aucunement l’occasion d’encourager ce nouveau régime dit parlementaire. Tout esprit éclairé sait que c’est juste la volonté morbide de Faure Gnassingbé de conserver le fauteuil vaille que vaille qui a conduit à la mise en place de cette hydre à plusieurs têtes. Rien de plus. Tenter de faire croire le contraire à travers ces phraséologies nauséeuses ne trompe personne.
Figurez-vous, la même semaine où le Prof Kpodar a décidé de rendre publique son étude, il y a autre Professeur qui appelle à une date pour le Nouvel An en Afrique.(sic)
Dans un communiqué en date du mardi 24 février 2026, le ministre togolais des Affaires Etrangères Prof Robert Komlan Edo Dussey appelle à des réflexions en vue de la proposition de dates de célébration des fêtes africaines, en particulier la date du Nouvel an africain.
« Dans un contexte contemporain marqué par la bascule de l’ordre mondial et par l’émergence progressive d’un ordre multipolaire qui érige, entre autres, le respect de la diversité comme socle d’équilibre du monde et moteur d’une prospérité partagée, et où l’Afrique cherche à s’affirmer comme une puissance autonome, il devient impératif pour l’Afrique de réhabiliter son système historique de découpage du temps et de fixation des fêtes traditionnelles et de ses dates clé, y compris le Nouvel an africain », avance-t-il.
Selon le communiqué de celui qui trouve que le Togo va très bien, cette initiative répond aux attentes profondes des peuples africains de voir leur continent s’affirmer comme une puissance autonome qui s’autoréférence et définit sa propre voie de développement.
A ceux qui penseraient que l’utilisation d’un calendrier, quel qu’il soit, ne fait rien à une communauté comme l’Afrique, le ministre togolais répond : comme les frontières linéaires qui ont divisé le continent, le calendrier grégorien ignore les rythmes endogènes et les cycles naturels ou culturels consacrés qui définissent intrinsèquement l’identité africaine. Mieux, ajoute-t-il, la célébration de fêtes, de dates et d’événements essentiellement étrangers à l’univers culturel et symbolique africain, « fait de l’Afrique le miroir perpétuel d’un monde dont les codes sont inconnus de ses populations, et le théâtre d’un intense échange inter-civilisationnel où son identité et ses particularismes culturels sont sciemment ignorés».
Un ministre togolais dont le pays fait la risée dans certaines sphères de par sa gestion artisanale n’a trouvé que cela dans ses réflexions.Il en est de même pour l’éternel ministre Gilbert Bawara dans ses envolées unijambistes pour défendre le régime parlementaire qu’il combattait il y a juste un dizaine d’années en arrière.
La dernière enquête d’Afrobaromètre rendue publique vendredi 27 février 2026 révèle que plus de 60% des Togolais estiment que le pays va dans la mauvaise direction.Ils dénoncent la détérioration de leurs conditions de vie.
Dire que c’est dans cette situation alarmante que des intellectuels pour leur pitance , se couvrent de boursufflures langagières pour narguer la pauvre et misérable population, c’est bien dommageable.
Il est clairement établi que le Togo ne peut pas se relever avec cette caste improductive et sans vision assumée au sommet.
Kokou Agbemebio
Source: LeCorrecteur.tg























