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Le tristement célèbre centre de torture au Togo, l’Agence nationale de renseignement (ANR) se retrouve une fois de plus au centre d’une intrigue. Abus d’autorité, recèle et même vol de biens d’autrui, ce sont-là les mots qui qualifient les agissements des responsables de ce haut lieu de déshumanisation. Deux véhicules de luxe, appartenant à un ressortissant américano-ghanéen, en transit régulier à Lomé, sont envoyés et bloqués à l’ANR. Voici ce qui se passe.

Aujourd’hui, on peut comprendre aisément pourquoi des afrodescendants manifestent de l’intérêt pour le Ghana et le Bénin où ils reviennent s’installer définitivement avec leurs familles, mais évitent le Togo, à cause des individus peu recommandables qui prétendent le diriger. Le pays n’attire tout simplement pas.

Les prédateurs à la tête du Togo ont encore jeté leur dévolu sur un Américain et Ghanéen résidant à Accra au Ghana. Le 11 février 2026, ce dernier est entré légalement au Togo, en transit vers le Ghana, avec deux véhicules : une Bentley Bentayga de 2018 et une Lincoln Navigator de 2021, toutes deux exportées depuis Houston, au Texas, aux États-Unis d’Amérique.

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Les documents du véhicules

Avant son entrée au Togo, il avait obtenu une attestation officielle d’Interpol délivrée le 21 janvier 2026 par le Bureau central national (BCN) d’Interpol à Lomé, signée par le commissaire de police de 1ère classe DANKOMA Saguenda, responsable du BCN-Interpol. Il s’est acquitté des frais d’obtention de ce document, obtenu par voies officielles appropriées. Les papiers officiels sont authentiques et sans ambiguïté.

Le document indique qu’aucun des deux véhicules ne figure dans la base de données d’un État membre d’Interpol comme volé, obtenu frauduleusement ou lié à une infraction pénale où que ce soit dans le monde.

Mais contre toute attente, le 20 février 2026, les douaniers togolais ont mis la main sur les deux véhicules à Lomé, invoquant des soupçons de fraude ou de vol. « J’ai immédiatement présenté l’ensemble des documents, y compris l’attestation du BCN-INTERPOL portant le cachet officiel et la signature du commissaire Saguenda », confie le propriétaire des deux véhicules à la Rédaction de L’ALTERNATIVE.

Mais le douanier a refusé de laisser les véhicules. Le propriétaire a ensuite été informé verbalement, par l’intermédiaire de son agent de dédouanement, qu’un fonctionnaire non identifié avait ordonné que les deux véhicules soient transférés dans les locaux de l’Agence nationale du renseignement (ANR) à Lomé. Ceci, sans aucun mandat de saisie écrit, aucune accusation, sans fondement juridique et sans aucune communication officielle.

« À ce jour, les deux véhicules sont illégalement retenus depuis vingt-sept (27) jours, dans les locaux des services de renseignement togolais, sur la seule base d’une instruction verbale anonyme, en contradiction directe avec une autorisation signée par les autorités policières de l’État togolais lui-même », indique très surpris le propriétaire des véhicules.

Une situation incompréhensible qui met le propriétaire en colère

Bien évidemment, l’Américano-ghanéen ne veut pas se laisser faire. Il a déclenché plusieurs actions auprès des autorités togolaises, de son ambassade et de l’ambassade des Etats-Unis au Togo pour récupérer ses biens qui ne souffrent d’aucune illégalité. Mais qui suscite l’appétit vorace d’une bande de voleurs de la République qui ne sont pas à leur premier forfait.

Il a d’abord écrit des mises en demeure qu’il a envoyée au commissaire général de l’Officie togolais des recettes (OTR), au DG de l’ANR et au ministre de la Sécurité et de la Protection civile.

Avec pour ampliation l’ambassade des États-Unis d’Amérique à Lomé, le haut-commissariat du Ghana à Lomé, le Secrétariat général d’Interpol à Lyon, la Cour de justice de la CEDEAO à Abuja et le procureur de la République, Tribunal de première instance de Lomé.

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Des documents délivrés par Interpol Lomé

« La présente lettre constitue la DERNIERE MISE EN DEMEURE que j’adresse aux autorités togolaises avant l’engagement immédiat et simultané de l’ensemble des recours pénaux, civils et diplomatiques à ma disposition. Elle est transmise en trois exemplaires originaux remis simultanément et en mains propres à chacun des destinataires susmentionnés, avec copie conforme aux ambassades et aux instances internationales concernées. Elle ne sera suivie d’aucun autre avertissement », lit-on dans la lettre.

Au moment où il envoyait ces lettres, il donnait un délai de 24 heures pour récupérer ses véhicules. « Si les véhicules ne sont pas restitués, je déposerai simultanément des plaintes pénales à titre personnel contre les agents concernés, une demande urgente de mainlevée devant le tribunal administratif et une notification officielle auprès d’Interpol Lyon », dit-il.

Il dénonce un abus de fonctions et violation de la loi, une séquestration illicite de biens, des actes susceptibles de constituer une tentative d’extorsion, une violation des engagements internationaux du Togo et fustige un engagement potentiel de la responsabilité personnelle des agents.

Egalement, le propriétaire des deux véhicules porte plainte pénale auprès du Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Lomé, envoie une requête urgente en mainlevée devant le Tribunal Administratif de Lomé et une notification au Secrétariat General d’INTERPOL-Lyon, demande une intervention diplomatique, Ambassade des USA et Haut-Commissariat du Ghana, introduit une requête devant la Cour de Justice de la CEDEAO à Abuja et une réclamation de dommages-intérêts.

« J’exige la MAINLEVEE IMMEDIATE et la RESTITUTION PHYSIQUE des deux véhicules, Bentley Bentayga 2018 (Chassis : SJA ACY 7V6 JC0 022 86) et Lincoln Navigator 2021 (Ref. de transit : OT L A2038), en bon état, avec l’intégralité des clés, documents originaux, et biens personnels se trouvant dans les véhicules au moment de leur rétention le 20 février 2026, Un PROCES-VERBAL DE RESTITUTION signé par un fonctionnaire compétent, attestant de l’état des véhicules et de l’intégralité de leur contenu au moment de la remise, L’IDENTITE ECRITE du responsable gouvernemental ayant donné l’instruction de transfert vers l’ANR, aux fins de mise en cause personnelle dans les procédures à venir ».

Commentaire

Voici une fois encore les méthodes de voyou utilisées par certains officiers et autres individus dans l’appareil de l’Etat togolais pour spolier d’honnêtes gens. Ici, on voit clairement les documents délivrés par des institutions de l’Etat togolais, qui accompagnent les deux véhicules. Le bureau Interpol de l’État togolais a officiellement certifié que les véhicules sont légitimes.

Mais un autre service, l’ANR retient les véhicules sur instruction verbale de qui on ne sait donc pas. Qui est cet individu, un responsable dans le gouvernement, dit-on, qui veut s’approprier les deux véhicules appartenant à autrui, sans aucune base légale ?

Est-ce à dire que les documents d’entrée au Togo en Transit Régulier, le quitus du BNC-Interpol de Lomé ne font plus foi ? Jusqu’alors, le propriétaire n’a été notifié d’aucun ordre de saisie formel, aucune inculpation n’a été engagée, aucun instrument juridique écrit de quelque nature que ce soit ne lui a été remis, et aucune explication substantielle n’a été apportée quant au refus persistant de tenir compte du quitus BCN-INTERPOL déjà en possession des autorités togolaises.

C’est aussi surprenant que dans un pays qu’on dit de droit, qui a ratifié à toutes les conventions internationales en matière de sécurité des biens et des personnes, des individus à la tête d’institutions puissent se comporter comme des gangsters. Cela montre clairement que non seulement les Togolais ne sont en sécurité, mais aussi toute la région est en danger.

L’ANR avec à sa tête le Colonel Tchakpélé, est sous l’autorité directe de Faure Gnassingbé. C’est un haut lieu de torture et de violation systématique des droits humains.

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