
Toute gouvernance efficace repose sur la transparence, la rationalisation des dépenses publiques et la réédition des comptes.
Malheureusement, au Togo, il n’y aucune orthodoxie dans les dépenses publiques. Le gouvernement baigne bien souvent dans les acrobaties et le rafistolage qui ne tiennent plus ces derniers temps : conséquence : le pays s’écroule tout seul.
Au commencement, corruption et impunité
En 21 ans de gouvernance, Faure Gnassingbé n’a pas montré patte blanche. Il régente le Togo au milieu d’une horde d’aigrefins qui se sont rendus coupables d’accaparement indu des deniers publics. Ils baignent dans une corruption endémique maladive qui finit par dépouiller le pays de l’essentiel de ses ressources. S’assurant de la garantie de l’impunité corrosive au sommet de l’État, ces individus continuent d’opérer à visage découvert. Les dépenses mal contrôlées font le lit de la corruption et du blanchiment d’argent, des domaines où les évaluations internationales placent parfois le pays dans des zones à risque. Cela décourage l’investissement privé, augmente le coût des transactions économiques et paralyse la création de richesses locales.
Alourdissement de la dette publique
Ignorant royalement la rationalisation, le Togo sous Faure Gnassingbé multiplie dans la grande insouciance les charges inutiles et dépenses publiques inefficaces qui affaiblissent l’économie du Togo tout en exposant le pays à une forte vulnérabilité face aux chocs extérieurs. Cette situation accentue les déséquilibres budgétaires et réduisent la marge de manœuvre de l’État pour protéger sa population.
A ce jour, le Togo consacre une part importante- jusqu’à 69,5% du PIB- de son budget au remboursement de sa dette. Lorsque les emprunts servent à financer des charges de fonctionnement superflues, des projets mal internalisés ou des inefficacités administratives plutôt que des investissements productifs, la dette devient un cercle vicieux. Cela hypothèque les ressources des générations futures sans générer de croissance pour les rembourser.
Des charges inutiles
Le train de vie de l’État togolais est trop dispendieux. Entre les voyages inutiles et la multiplication des charges inutiles, le pays finit par s’écrouler tout seul.
En plus du gouvernement pléthorique, le Togo s’est permis de créer 117 Communes, le Senat avec 62 sénateurs, l’Assemblée Nationale avec 113 députés, les Conseils Régionaux -6 avec leurs Bureaux exécutifs- en plus des Gouverneurs et le District Autonome du Grand Lomé. Que rapportent concrètement le Senat, les Conseils Régionaux, le District Autonome du Grand Lomé et les Gouverneurs au peuple togolais ? En vérité, rien sinon que de charges inutiles dont le pays doit se passer pour souffler.
Si aujourd’hui, le Togo est amené à faire payer à sa population le carburant au prix record jamais pratiqué, c’est la conséquence directe de cette aventure des aveugles et sourds-muets volontaires au sommet de l’État.
Sans la diminution du train de vie de l’État et l’assainissement des finances publiques, l’aggravation de la vie au Togo est une évidence implacable.
Kokou Agbemebio
Source: LeCorrecteur.tg























