
« Je tiens à dénoncer le fait qu’à aucune de ces questions au gouvernement, y compris quasiment toutes celles posées lors des sessions précédentes n’ont reçu de réponse à ce jour » Kafui Adjamago-Johnson
Selon le journal «Liberté» dans sa parution de vendredi 02 octobre 2026, Madame Adjamago, députée de la DMP (Dynamique pour la Majorité du Peuple) et Secrétaire générale de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), a animé un point de presse au siège de cette formation politique, mardi 29 septembre 2026 pour faire un compte-rendu de ses activités parlementaires depuis le début de l’année 2026. Tout lecteur ou observateur étranger qui buterait sur un tel bout de phrase, en début de texte, venant de Madame Kafui Adjamago-Johnson, saurait sans gros efforts, qu’il s’agit ici d’un pays pas tout à fait normal. Sinon des questions d’un ou d’une députée de l’opposition au parlement, à un représentant du gouvernement dans tout pays normal, comme en Allemagne, au Sénégal, au Bénin, au Ghana ou en France, font partie du jeu démocratique et sont prises en compte par le destinataire de l’exécutif. Le caractère convaincant ou non de la réponse est une autre histoire. C’est connu de tous qu’au Togo nous sommes confrontés à une situation politique où quelquefois on aurait l’impression que certains acteurs politiques de l’opposition veulent une chose et son contraire, ou ne savent pas vraiment ce qu’ils veulent.
Nous ne devons pas ignorer que toutes les institutions mises sur pied, soit pour prétendument veiller au respect des droits humains, soit pour éviter la corruption et les détournements de l’argent public, pour soi-disant permettre un partage du pouvoir et un contrôle de l’action du gouvernement, ne sont que factices et de la poudre aux yeux. Un régime de dictature comme celui que nous avons au Togo et dont les caractéristiques sont justement la très mauvaise gouvernance politique faite, entre autres, de détournements massifs des deniers publics, de massives violations des droits de l’homme, ne peut pas initier des mesures pour y mettre fin sans y être contraint. Il est donc clair que la députée Madame Kafui Adjamago-Johnson, avec d’autres se disant de l’opposition, en siègeant au parlement sous l’autorité de la dictature, un parlement qui n’est en fait qu’une chambre d’enregistrement, ne font qu’accompagner le régime décrié de Faure Gnassingbé qui brandit leur présence à l’assemblée nationale comme l’expression de sa bonne foi et d’un Togo sur la voie de la démocratie, alors qu’il n’en est absolument rien. La présence des opposants au parlement dans un régime de dictature n’apporte aucune plus-value à la lutte contre ce régime pour la libération du pays. Bien au contraire! Comme nous le mentionnions dans le titre de l’article, il est exclu qu’on puisse parler de démocratie dans une dictature, à moins que nous ne sachions vraiment pas ce que nous voulons ou ce que nous recherchons.
La mauvaise foi qui est une autre caractéristique de tout régime de dictature qui n’entend en aucun cas desserrer l’étau qui pèse sur le peuple, et qui est l’une des principales marques de fabrique du régime togolais, n’aurait sans doute pas échappé à l’opposante Kafui Adjamago-Johnson. Nous rappelons que la stratégie de la terreur, décidée depuis le père Éyadéma pour faire saboter, par la violence et le crime, la démocratisation du pays, est encore malheureusement d’actualité avec le fils Faure Gnassingbé, avec une cruauté encore plus raffinée. Madame Kafui Adjamago-Johnson a rappelé qu’il y a deux ans excatement que des responsables de la DMP, dont elle-même, le député sénégalais Guy Marius Sagna, des journalistes, et des participants, furent victimes d’une sauvage agression lors d’une rencontre citoyenne de la part d’individus qui courent toujours. Et il ne fait l’ombre d’un doute que ces obscurs personnages sont des miliciens payés par le pouvoir Gnassingbé et jouissent d’une totale impunité. « Les Togolaises et les Togolais n’ont pas oublié et veulent toujours savoir qui sont les auteurs de ces agressions et quelles mesures ont été prises pour éviter qu’elles ne se reproduisent ». Madame Adjamago a beau s’égosiller lors de la rencontre du 29 septembre, pour se plaindre du fait que leurs agresseurs d’il y a tout juste deux ans n’ont jamais été identifiés, mais elle ne devrait pas perdre de vue que tant que ce régime sera toujours en possession de sa puissance de nuisance, rien ne se passera et qu’il est prêt à toutes les sauvageries possibles pour ne pas perdre le pouvoir.
Et c’est dans la même logique de poursuite de la stratégie de la terreur qu’on peut classer l’existence de l’association criminelle «Sentinelles du peuple» qui n’est autre qu’un regroupement de miliciens prêts à s’en prendre violemment à leurs concitoyens pour la sauvegarde du pouvoir dans le giron de la famille Gnassingbé. Et la prestation d’anciens combattants qui se disaient prêts à défendre Faure Gnassingbé par tous les moyens, comme si on n’était plus dans une république, n’étonne plus guère dans un pays où règne désormais la loi de la jungle par la volonté du pouvoir en place qui n’hésite pas, après avoir tribalisé l’armée, à surfer sur la fibre ethnique pour espérer ne jamais partir. Au regard de cette triste réalité togolaise, des interpellations au parlement concernant l’existence de miliciens payés par le pouvoir, concernant les prisonniers politiques, ou encore des détournements à l’OTR et dans d’autres sociétés d’état, face à un régime Gnassingbé autiste, qui a érigé l’impunité en règle d’or et choisi la voie du jusqu’au-boutisme, sont vouées à l’échec. Un régime de dictature reste un régime de dictature, hélas! Seules une vraie union et une forte entente au sein de la vraie opposition, ajoutées à une intelligente mobilisation des populations togolaises, sur toute l’étendue du territoire national, pourraient venir à bout de ce régime Gnassingbé, devenu un grand épouvantail pour son peuple.
Samari Tchadjobo
Allemagne
























