Révolte du 5 Octobre 1990, Lomé, Togo | Archives: DR
Révolte du 5 Octobre 1990, Lomé, Togo | Archives: DR

MESSAGE DE MOTIVATION ET D’ENGAGEMENT

Peuple togolais, Jeunesse courageuse et résiliente,

Le 5 octobre 1990, alors que le ciel était nuageux et le soleil discret ce jour-là, une étincelle a jailli dans les rues de Lomé et a embrasé tout le Togo. Des femmes et des hommes d’exception, jeunes et moins jeunes engagés, ont bravé la peur pour réclamer la liberté et la dignité, Notre liberté et Notre dignité.

Ces combattants ont compris que sans dignité nous n’avons pas d’honneur, et sans liberté nous ne sommes que des esclaves.

Trente-six ans plus tard, le constat est sans doute amer et l’épuisement réel. Ils sont nombreux, les Togolais qui éprouvent une certaine lassitude, face à des décennies de sacrifices sans le changement escompté. Alors, certains commencent à douter et à se demander si le combat a encore du sens. Nous pouvons comprendre leurs interrogations.

Pourtant, la lassitude légitime n’est pas une défaite, parce que le combat se poursuit. Cette ténacité est la preuve de notre immense résistance, la preuve de notre capacité à tenir dans l’adversité et la preuve de la perspective de l’achèvement de la lutte. Les figures de proue de notre histoire n’ont pas lutté en vain. Elles ont tracé le chemin dans le roc, parfois en y gravant leur conviction de leur sang, puis ont posé les jalons et les balises pour fortifier les fondations.

Aujourd’hui, il ne s’agit plus de repasser par les mêmes épreuves, mais de porter haut l’étendard, de transformer notre rage et d’achever ce qui a été commencé.

C’est le moment de dépasser les clivages et les incompréhensions, de rassembler nos forces et d’embrasser une vision commune pour notre patrie. Nous avons posé la nôtre entre vos mains à travers le « Manifeste Génération Togo » et nous appelons encore chaque enfant du Peuple togolais à s’approprier et à alimenter.

Alors, pourquoi devons-nous encore nous mobiliser aujourd’hui?

– C’est pour rendre un vibrant hommage à ceux qui se sont battus, et pour montrer à tous que leur sacrifice n’a pas été vain, car le relai du flambeau se poursuit ici et maintenant.

– c’est pour rassembler tous les citoyens, de tous horizons, afin d’engager ensemble l’étape finale vers la libération nationale et la refondation de notre République.

– c’est pour transformer la lassitude et la frustration personnelle en une énergie positive nouvelle, portée par la détermination de la jeunesse et capable de tout nettoyer.

– C’est pour montrer que le Togo de demain dépend de notre capacité à nous lever encore ensemble aujourd’hui.

– Mais c’est avant tout pour la raison propre, qui motive chacun d’entre vous, chacun d’entre nous, dans le secret de son cœur, de voir briller son pays et y voir fièrement grandir sa descendance.

Ne laissons pas le découragement écrire la fin de l’histoire de notre lutte de libération.

Aujourd’hui, la dimension de l’interminable crise politique togolaise a changé. Elle est devenue sous-régionale et même continentale.

La Cour de justice de la CEDEAO a qualifié le changement de Constitution pour la 5e République de « changement inconstitutionnel de gouvernement » au regard de l’article 23/5 de la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance. Ce faisant, la Cour impose directement à la CEDEAO et à l’Union Africaine de trouver la voie du rétablissement de l’ordre constitutionnel au Togo.

Il nous revient, peuple togolais, de nous lever comme un seul corps, et d’exiger des instances compétentes de la CEDEAO et de l’Union Africaine d’exécuter les décisions de justice rendues au peuple togolais par la juridiction communautaire.

Nous le constatons tous chaque jour. La peur a changé de camp. Ils s’agitent, ils écument les studios de radio et les plateaux de télé pour dérouler ce qu’ils savent le mieux faire : la manipulations des consciences. Mais ce temps est révolu et le peuple n’est point dupe.

C’est pourquoi, le moment est venu de nous lever encore une fois, ensemble, pour en finir avec la dictature entretenue de père en fils dans la violence.

En ce jour du 4 octobre 2026, veille de la commémoration des événements du 5 octobre 1990, nous voulons avant toute chose saluer avec déférence la mémoire de tous les grands combattants de la liberté, en l’occurrence, toutes les femmes de Lomé qui, les 24 et 25 janvier 1933, ont bravé la répression coloniale avec seulement leur pagne. Elles ont fait reculer l’administration coloniale. C’était la toute première manifestation politique de l’ère moderne contre l’injustice au Togo.

Nous saluons également nos aînés qui ont affronté la dictature de Gnassingbé Eyadéma et son fils Faure Gnassingbé depuis le 5 octobre 1990, en se battant jour et nuit pour dire NON à l’injustice au Togo, de Lomé à Cinkassé.

Nous saluons aussi tous les combattants qui se sont levés le 11 avril 1991, le 25 janvier 1993, en avril et mai 2005, du 12 juin à septembre 2012, le 15 avril 2013, le 19 aout 2017, du 6 septembre 2017 au 3 février 2018, en février et mars 2020, les 6, 26, 27 et 28 juin 2025.

Jeunes, femmes, et moins jeunes, ils ont pilonné sans relâche tous les préjugés de la peur, au cours de cette longue lutte, que le régime de Faure Gnassingbé tente désespérément d’imposer par la répression.

Nous saluons enfin tous ceux qui continuent de mener cette lutte, entamée par nos prédécesseurs, afin de l’achever aujourd’hui. Notre combat n’est pas contre un homme, ou une famille, ou un clan, encore moins contre une ethnie. Mais nous nous dressons contre un système, contre la mauvaise gouvernance, contre le vol à ciel ouvert et le pillage du denier public, et contre toute l’injustice qui les accompagne.

Nous rassurons tout le monde, au nom du peuple togolais et au nom de tous les combattants de la liberté, en déclarant encore une fois notre engagement pour l’idéal d’un Togo prospère, tel que nous l’avons proclamé dans le « Manifeste Génération Togo ».

Comme nos grands-mères en janvier 1933, comme nos aînés le 5 octobre 1990 et comme tous les leaders qui nous ont précédés, nous appelons le peuple togolais le 20 novembre 2026, pour un ultime acte d’avertissement.

D’ici là, nous exigeons :

– la libération immédiate et sans conditions de tous les détenus politiques ;

– le retour sans conditions de tous les exilés politiques ;

– l’indemnisation de toutes les victimes des incendies des grands marchés de Lomé et de Kara, y compris tous ceux qui ont été injustement arrêtés et jetés en prison dans cette affaire ;

– la restitution de tous les fonds volés au peuple togolais par les détournements et la corruption, comme dans les affaires de Pétrole Gate, l’évasion fiscale et tous les Flux financiers illicites, les malversations à l’Office Togolais des Recettes (OTR) ;

– le retour des prix des produits pétroliers à un niveau en adéquation avec le pouvoir d’achat du peuple ;

– l’engagement sans délai un processus d’indemnisation dans les cas des expropriations des terres des communautés et des individus sur toute l’étendue territoire, et particulièrement dans les préfectures du Vo et du Yoto ;

– le respect de la souveraineté du peuple togolais.

De la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union Africaine, nous attendons l’application stricte de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO du 29 janvier 2026 sur le changement de Constitution au Togo.

Génération Togo

Source: LeCorrecteur.tg