Près de deux cents de personnes ont déjà contracté la méningite et une vingtaine en sont mortes. Un bilan qui fait planer le doute sur la capacité du gouvernement à réagir efficacement contre cette épidémie et rappelle les défaillances du système de santé au Togo. Le gouvernement présente la campagne de vaccination annoncée comme une mesure préventive après tant de contaminations.

Les Togolais doivent-ils encore compter sur leur gouvernement pour assurer leur bien-être ? C’est la question qui taraude les esprits depuis la revue à la hausse des cas de contaminations à la méningite. A la date du 08 février 2016, le bilan officiel présenté fait état de 197 cas dont 16 décès. Au 17 février ce bilant officiel passe à 324 cas dont 24 morts. C’est l’une des annonces du Conseil des ministres tenu le 10 février 2016. « La communication présentée au conseil est relative à l’épidémie de méningite dans le district sanitaire de Dankpen. Il ressort de cet exposé qu’à la date du 08 février 2016, 197 cas dont 16 décès ont été enregistrés des suites de cette épidémie », lit-on dans le communiqué.
Il est alors évident que l’épidémie gagne du terrain puisque de quatre-vingt (80) cas avec 6 victimes au début du mois, le nombre de malades est passé à 197 dont 16 qui y ont laissé leur vie. Le nombre de malades a ainsi doublé en l’espace de dix jours et celui des victimes presque triplé au cours de la même période. Des données officielles qui sont naturellement différentes de la réalité puisque certaines familles ne déclarent pas les victimes et d’autres ne sont même pas informées des ravages de la maladie.
Malheureusement, comme il est de coutume au Togo, la réaction du gouvernement est en déphasage avec l’ampleur de l’épidémie. Le constat, c’est la passivité avec laquelle le pouvoir gère la situation. Depuis le début de cette épidémie, aucune mesure réelle n’a été prise et le gouvernement s’est contenté de simples communiqués visant sans doute à rassurer la population. « Des dispositions urgentes ont été prises par le gouvernement, sur instruction du Chef de l’Etat, dès le déclenchement de cette épidémie. Ces dispositions urgentes ont consisté en la surveillance des premiers cas, l’identification du germe de l’épidémie, puis à l’information et à la sensibilisation adéquate des populations sur les règles d’hygiène et les symptômes devant servir d’alerte en vue d’une consultation précoce. Des mesures préventives ont également été prises et ont permis d’isoler les malades, de commander les vaccins par une procédure accélérée, et d’installer une cellule de coordination au niveau du ministère de la Santé pour une meilleure synchronisation des interventions. Ces plans d’urgence engagés visent à circonscrire l’épidémie et à l’endiguer », a pondu le conseil des ministres.
Pourtant, les derniers chiffres rendus publics ne démontrent pas que des mesures urgentes ont été vraiment prises. Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Moustafa Mijiyawa, en officialisant la présence de la méningite au Togo, avait annoncé l’envoi dans les localités touchées d’une équipe de spécialistes. Pour l’heure, nul ne saurait dire si les activités de cette équipe porte des fruits.
Le 06 février, le ministre fait une nouvelle annonce en informant de l’imminence d’une campagne de vaccination. Avec cette annonce, beaucoup ont pensé que le Togo disposait déjà des vaccins et qu’il suffit de déployer les équipes dans les localités pour voir les contaminations réduites. Il n’en est pas ainsi puisque les vaccins ne sont pas encore mis à la disposition du gouvernement et rien ne dit que la fameuse campagne de vaccination va commencer demain. Les populations doivent attendre encore.
Malgré ce cafouillage, le conseil des ministres estime que « des mesures préventives ont également été prises et ont permis de commander les vaccins par une procédure accélérée ». Une drôle de prévention qui voudrait que ce soit après la contamination de centaines de personnes que les vaccins soient commandés.
Difficile donc de démentir ceux qui estiment que le régime Rpt-Unir fait preuve d’amateurisme puisqu’on sait que c’est depuis le début de l’année, et bien avant d’ailleurs, que la méningite sévit au nord du pays. « Depuis janvier 2016, des cas de méningite apparaissent dans certains districts du pays. Ainsi du 1er au 28 janvier 2016, un total de 80 cas avec 8 décès ont été enregistrés sur l’ensemble du territoire. Le district sanitaire de Dankpen est le plus touché avec 65 cas et 6 décès. Le seuil épidémiologique à Dankpen est franchi dans la semaine du 18 au 24 janvier 2016 », a annoncé le ministre de la Santé. Depuis le 18 janvier, il n’a pas été décidé l’achat des vaccins. « Ce gouvernement ne fait rien pour le pays. Il attend que les gens meurent avant même de commander les vaccins alors que c’est l’une des premières dispositions qu’il doit prendre », a réagi un internaute.
En attendant l’arrivée du vaccin et le démarrage de la campagne, les populations du nord sont en train de crever.
Source : [15/02/2016] G.A, Liberté
Mise à jour le 18/02/2016 à 11H56 TU























