
Les « dadjè »-là, ils n’aiment pas les bonnes choses ou bien c’est comment ? On vous coupe tout de suite pour vous éviter de divaguer. N’allez surtout pas penser qu’on fait allusion aux « mawa » trois pièces plus képi, accompagnés de chaine et gommettes que nos frères de l’Est aiment porter-là. Le Bénin est en pleine période électorale, les « Amédaho » ont voté hier. C’est à cela que l’on fait allusion.
Clément Aganahi, vous connaissez ? Le nom ne dit peut-être pas grand-chose au commun des Togolais, taclé par les problèmes existentiels. C’est celui d’un grand-quelqu’un, un spécialiste des élections, mieux, des manipulations des chiffres. Les « Gnassingbélandais » se rappellent sans doute l’élection présidentielle d’avril 2015 et le fameux Succes, le Système unifié de collecte et de centralisation pour les élections et les statistiques. Tchiéé, le monsieur avait fait comme s’il était le seul spécialiste du traitement des résultats des élections qu’il reste encore sur Terre, et que tous ceux qui contestent ses services sont des « Totolitoto », des « ma-connait », des ignares quoi. Il entrait même en transe lorsqu’on remet en cause ses performances.
Certains doivent encore se rappeler comme si c’était hier, le monsieur avait piqué une de ces colères quelques jours avant le scrutin contre les journaux « Liberté » et « L’Alternative » qui avaient rapporté ses services « transparencides » (qui tuent la transparence) au Tchad et ailleurs, versant ainsi du sable dans son atiéké. « Où est Liberté, où est L’Alternative? Prenez-moi en photo. Je suis fier de moi. C’est moi Clément Aganahi », avait-il pesté au cours d’une conférence de presse.
Clément Aganahi, c’est un « Béninlais », et le pays de Boni Yayi a voté hier. Nous, wallaï, on pensait qu’on allait lui faire appel pour son expertise en matière de gestion des résultats. Surtout au nom du patriotisme. Ce n’est pas normal que l’on recoure aux services d’un expert étranger quand le pays a enfanté un spécialiste aux compétences internationalement reconnues. Il faut consommer produit national. Mais bizarrement, on n’a pas pensé à Clément.
On a fouillé, bêché, cherché même avec loupe pour voir si on va trouver l’odeur d’Aganahi dans les méandres de la Cena (Commission électorale nationale autonome) ; mais on n’a même pas trouvé son ombre. C’est bien curieux que les « Béninlais » ne sachent pas qu’ils ont un spécialiste compétent nommé Aganahi pour lui faire appel pour s’occuper de la transmission des résultats. Ne trouvez-vous pas ?
Source : [07/03/2016] Liberté























