Traverser la frontière Togo-Ghana, même lorsqu’on détient un passeport en règle, est un casse-tête pour les citoyens. Bien que les deux pays soient frontaliers et appartiennent à un espace économique commun, passer de l’un à l’autre est comme passer du Mexique aux Etats-Unis. La CEDEAO ambitionne de créer une monnaie commune, mais la libre circulation des personnes et des biens reste hypothétique.

Dans les mois à venir ce sera tout le contraire en Afrique de l’Est. « Les pays membres de la Communauté d’Afrique de l’Est (en anglais East African Community, EAC) se sont réunis mercredi 2 mars à Arusha, en Tanzanie pour lancer le passeport électronique d’Afrique de l’Est pour les citoyens de la région. Ce passeport permettra aux citoyens des pays membres (Tanzanie, Kenya, Rwanda, Ouganda et Burundi) de voyager à travers le monde. Le détenteur d’un ancien passeport de l’un des pays membres d’EAC, doit le rendre afin d’acquérir le nouveau passeport. Toutefois, la délivrance de ces passeports commencera vers la fin de l’année », apprend-on.
La CEDEAO, championne dans l’art de mettre la charrue avant les bœufs, veut parvenir à une monnaie unique. Mais les préalables à franchir sont nombreux.
- D’abord, la création d’une zone de libre échange dans laquelle les droits de douane seront abaissés ou supprimés ;
- ensuite une union douanière dans laquelle les droits de douane sur les marchandises seront supprimés et un tarif extérieur commun adopté ;
- viendra ensuite le marché commun qui intégrera la libre circulation des facteurs de production.
- L’union économique viendra ajouter une harmonisation des politiques économiques au marché commun, ce qui conduira à l’union économique et monétaire, porte d’entrée vers la monnaie unique.
- Viendront ensuite l’intégration économique, puis l’union politique dans laquelle les Etats membres auront adopté des politiques intérieure, judiciaire, étrangère et sécuritaire communes.
Aujourd’hui, les Etats d’Afrique de l’Est vont bientôt disposer d’un passeport unique qui permettra à leurs citoyens de circuler entre ces pays sans plus de tracasseries. Et si le fils du père prenait l’initiative de cette intégration ??? Au moins ce serait un acquis à l’heure du bilan de son passage à la tête du Togo.
Source : [03/03/2016] Liberté























