A cause des retro-commissions, le DG de la Caisse de Retraire du Togo Yao Igneza Dapiena verse plus de 29 millions FCFA à un retraité.

La Caisse de retraite du Togo (CRT) reste la chasse gardée de son directeur général, Yao Ignéza Diapena. Comptant sur la protection du président du Conseil d’Administration, le ministre Adji Otèth-Ayassor, il gère cette institution comme bon lui semble. Son dernier exploit, c’est d’avoir versé à un retraité plus de 29 millions FCFA correspondant à 18 années de rappel. Ce qui viole les dispositions légales en la matière.
« Toute demande de pension ou de rente viagère d’invalidité doit, à peine de déchéance, être présentée dans un délai de cinq ans à partir, pour le titulaire, du jour où il a reçu notification de sa mise à la retraite, et pour les ayants-cause, du jour du décès du fonctionnaire », stipule l’article 40 de la loi n° 91-11 du 23 mai 1991 fixant le régime des pensions civiles et militaires de la Caisse de retraite du Togo.
Et l’article suivant de préciser : « Sauf l’hypothèse où la production tardive de la demande de liquidation ou révision ne serait pas imputable au fait personnel du passionné, il ne pourra y avoir lieu, en aucun cas, au rappel de plus d’une année d’arrérages antérieurs à la date du dépôt de la demande ». Mais au nom des retro-commissions, le DG de la Caisse de Retraite du Togo, Yao Ignéza Diapena, est prêt à fermer les yeux sur la loi. Il a versé à un retraité déserteur 29 346 060 FCFA représentant 18 années de rappel de pension.
« Etant dans le même cas, je n’ai pas pourtant bénéficié de ce rappel. Aucune loi ne permet un tel versement et tout se fait à la tête du client. A la CRT, la liquidation de pension se fait donc sans aucune base juridique », affirme un retraité désappointé par la curieuse gestion du sieur Diapena.
De sources dignes de foi, le DG de la CRT n’est pas à son premier coup d’essai. A l’époque où il était directeur de prestation, il avait, dans le but d’encaisser des retro-commissions, tenté de faire payer une pension similaire (22 millions FCFA) à un retraité détaché dans un organisme international. Mais mal lui en avait pris puisque le DG d’alors s’y était opposé, le sommant de faire une note pour expliquer ce versement. Coincé il avait dû abdiquer.
En effet, nous avons attiré, il y a quelques semaines, l’attention de l’opinion sur la gestion désastreuse de la Caisse de Retraite du Togo en insistant sur le cas des titres brûlés pour brouiller les pites de détournement. N’est-il pas temps que l’Inspection d’Etat qui a commencé à traquer des fonctionnaires indélicats, puisse fouiner au niveau de la CRT ?
Des indiscrétions, pour l’apurement des comptes de la Caisse de retraite, le DG Diapena aurait demandé au cabinet chargé dudit apurement de ne pas prendre en compte la période qu’il a faite au service administratif où il se serait rendu coupable de moult malversations avec les fournisseurs. Même jusqu’à ce jour, il continue de cumuler le poste de Directeur de prestation avec celui du DG avec la complicité du ministre Ayassor, président du Conseil d’Administration. Non seulement il cumule les postes mais aussi il s’échine à signer des contrats aux retraités qui, en principe, doivent vider le plancher.
« M. Diapena a créé un antécédent dangereux à la CRT en ayant signé des contrats à ses amis qui devaient partir à la retraite depuis des années afin de laisser la place aux jeunes diplômés qui sont toujours là comme de simples agents. Aujourd’hui, pour éviter toute polémique, M. Diapena est obligé de signer des contrats à tous ceux qui partent à la retraite. Pendant ce temps, les jeunes attendent. En plus, c’est à cause de ses intérêts qu’il conserve jalousement le poste de directeur de prestation. C’est lui qui décide des programmations des pensions uniques. Et qui dit pension unique, dit somme colossale », déplore un ancien agent.
Malgré cette gestion chaotique, le DG Diapena n’est jamais inquiété et continue de multiplier les bourdes. Est-ce à cause de son titre de représentant d’UNIR dans l’Akposso qu’on laisse faire ? L’avenir nous le dira. Affaire à suivre.
Source : [04/04/2016] R. Kédjagni, Liberté























