Abêtissement, colonialisme des temps modernes, ou juste des instincts de moutons de Panurge ? Le régime actuel au Togo se distingue à toutes les occasions, mais le plus souvent dans le mauvais sens.

Tous les pays qui entourent le Togo ont des structures décentralisées ; il suffit de s’y rendre pour constater que les exemples à copier ne sont pas de l’autre côté de l’océan. Mais pendant que les prix des denrées alimentaires connaissent une envolée rarement atteint, pendant que le monde du travail peine à résorber le chômage et le sous emploi, le gouvernement vient d’annoncer une communalisation du pays et une conférence sur la décentralisation à Paris.
« Cette conférence verra la participation de Payadowa Boukpessi, le ministre togolais de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités Locales. Les participants dresseront un état des lieux et évoqueront la stratégie de mise en œuvre, la décentralisation et les investissements, l’administration territoriale et la place du partenariat public/privé dans ce projet », nous apprend le site du gouvernement.
Donc si on comprend bien, malgré la feuille de route produite par le comité technique, malgré les sous dépensés pour abattre ce travail, malgré le one-man-show de « Faure-vi » devant les chefs traditionnels plus préoccupés par les jetons de présence que par le monologue du président, voilà que des millions sont encore décaissés pour assurer les frais au ministre de l’Administration territoriale et sa suite au frais du contribuable.

La question est de savoir si tous les pays qui ont précédé le Togo en matière de décentralisation et de communalisation étaient passés par Paris avant de réussir la leur. Finalement, est-ce la communalisation du pays, la création de quatre nouvelles préfectures ou l’organisation d’élections locales qui nécessite ce voyage ministériel? Parce qu’il nous souvient que dans un passé non encore lointain, lorsqu’il s’était agi de procéder à des découpages iniques qui devraient profiter au parti au pouvoir, on n’avait pas jugé indispensable de requérir l’avis du colon français avant toute autre décision.
Mais voilà que brusquement, sans que l’opposition ne soit encore associée au processus, on met la charrue avant les bœufs, et quand celle-ci voudra sortir ses muscles, on voudra lui faire porter la responsabilité de quelques échauffourées qui pourraient en découler. Est-ce finalement la France qui dicte la marche à suivre au régime ?
Source : Liberté























