« Mûr ou pas mûr, devant l’ouragan de l’histoire, tout fruit tombe », déclarait feu le Président  zaïrois Mobutu Sese Seko dans l’une de ses mémorables interventions politiques. Cette déclaration,  Mobutu Sese Seko l’a faite bien des années avant son départ catastrophique du pouvoir  en 1997, fuyant devant les troupes rebelles de Laurent Désiré Kabila. Bien des années plus tard et à la surprise générale, Desiré Mobutu devint indésiré de la grande majorité de son peuple parce que les populations étaient fatiguées de la dictature qu’elles vivaient.

Infog : 27avril.com
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Ces populations zoïroises en avaient ras-le-bol et étaient épuisées par la misère, poussées à la limite du supportable par de multiples violations des droits humains, humiliées dans leur identité et fierté patriotiques. Mobutu Sese Seko n’avait jamais pensé un seul instant de sa vie qu’il prophétisait sur son propre sort sans le savoir: “Mûr ou pas mûr, devant l’ouragan de l’histoire, tout fruit tombe”. D’ailleurs ce système pervers de dictature, de barbarie, de répression, de corruption et de mensonge qu’il a érigé en règle de sa gouvernance,  s’est lamentablement écroulé et a ainsi sonné le glas de sa fin dans la honte et l’humiliation.

Usé par  son entêtement de s’accrocher au pouvoir comme des pipistrelles, désabusé  par  l’hypocrisie de son entourage qui l’adulaient pour des gains faciles en refusant de lui dire ouvertement la vérité sur les vrais et réels sentiments du peuple à son égard, Mobutu Sese Seko a dû, un jour s’embarquer précipitamment  dans un « avion de  fortune » sous les tirs nourris de rebelles. Ce dernier  s’exila au Maroc  où il mourut comme un chien galeux dans l’indifférence totale de son peuple. Et pourtant, c’était le grand “Maréchal” qui a régné d’une main de fer sur ce pays pendant Durant des décennies. “ Ita  transit gloria mundi ”, disaient les Latins, ce qui signifie: “Ainsi passe la gloire de ce monde”.

Certes Mobutu est Mobutu.  Faure Gnassingé est Faure Gnassingbé, Blaise Compaore aussi est unique en son genre, tout comme  Hissene Habre etc…  Toutefois, la maxime philosophique est Claire: “ Les mèmes causes produisent toujours les mèmes les effets ” Et l’histoire sait si bien rattraper, tôt ou tard ceux qui s’amusent à ne pas tirer leçons des erreurs du passé mais qui se plaisent à les répéter surtout au sommet de L’État. Ceux qui gouvernent leurs peuples par défi contre leur volonté en les soumettant aux affres,  souffrances et humiliations finissent toujours par jeter l’éponge sous la pression populaire sans qu’ils s’y attendant le moins.

Quelles que soient  la force brutale et sauvage, la ruse politique, l’énormité d’argent accumulé voire volé à travers un pillage incongru et systématique du trésor public et quel que soit le soutien de la communauté internationale dont dispose un dictateur ou un tyran, celui-ci ne pourra jamais et de manière définitive avoir le dessus sur son peuple. “Mûr ou pas mûr, devant l’ouragan de l’histoire, tout fruit tombe”, prophétisa feu le Maréchal Mobutu Sese Seko C’est donc  se leurrer  soi-mème que de penser qu’on pourra éternellement s’imposer à son peuple et le dominer à vie. Qu’on soit invincible ou pas, un jour, tout dictateur ou tyran si puissant ou rusé qu’il soit, partira d’une manière ou d’une autre.

Seul Dieu est Dieu, c’est à dire éternel et immuable au monde. Tous les êtres humains sans exception, ne sont que de faibles et fragiles créatures que le vent ou le feu peut  emporter  en un laps de temps !!! A l’analyse de tous ces faits, il y a lieu de se lancer dans des questionnements du genre: Pourquoi continuer à poser des actes qui mèneraient un jour ou l’autre à un suicide? A une fin tragique ou du moins humiliante et irréparable? L’exemple des prédécesseurs tyrans et dictateurs n’est-il pas édifiant pour emmener les ceux qui sont actuellement aux commandes des États soient-ils à l’écoute de leur people? Le pouvoir est-il devenu cette  drogue si dure qui  fait perdre aux dirigeants surtout africains, en l’occurrence ceux togolais toute  lucidité au point de se croire tout-puissants, invincibles et éternels? Pourquoi  restent-ils  si accrochés au pouvoir et à ses jouissances par tous les moyens, restant si sourds aux cris et gémissements des populations comme c’est le cas justement des populations togolaises? Pourquoi ont-ils transformés leurs coeurs en des coeurs si endurcis insensibles aux douleurs et souffrances de leurs concitoyens?

Nombreux sont pourtant ces signaux rouges qui indiquent  que les limites sont déjà franchies  par le pouvoir togolais, qui à en croire certains observateurs de la vie politique togolaise, ont atteint un niveau de perversité parce que souffrant d’une cécité qui ne dit pas son nom. Plusieurs analystes politiques, dans le cas du Togo, expliquent aussi que ces signaux rouges sont la conséquence de leur maintien au pouvoir contre le gré des populations. Et pourtant, tout cela n’est lié qu’à une ficelle fragile et facilement cassable tant toute la machine peut exploser à tout moment.

Au-delà de toute apparence triomphaliste et de propagande cynique que se  permet le pouvoir togolais sur les ondes nationales confisquées dans le seul et unique but d’asseoir un pouvoir à vie pour le seul bien d’une minorité archi-oligarchique, beaucoup d’évènements ou de situations  sont de véritables bombes à retardement  que le système RPT-UNIR prépare  contre lui-même à l’analyse de la situation qui prévaut depuis un moment dans le pays. Mais dans son entêtement de soumettre les populations contre leur gré, les dirigeants pensent toujours avoir un soutien sans faille de l’armée qui malgré sa neutralité recommandée par la constitution togolaise, prend fait et cause pour les dirigeants. Tout compte fait, “Mûr ou pas mûr, devant l’ouragan de l’histoire, tout fruit tombe”, rappelle la déclaration de feu le Maréchal Mobutu Sese Seko.

L’ouragan togolais réside entre autres en: la misère des populations togolaises, le chômage des jeunes, la violation systématique des droits les plus élémentaires de la personne humaine, le refus de l’ancrage de la démocratie, le verrouillage et la caporalisation des institutions de la République au profit des membres du parti au pouvoir, le non respect des accords et de la parole donnée des dirigeants et le manque de volonté des dirigeants politiques. Tout compte fait dans les mêmes conditions de pression et de température: “Les mèmes causes produisent toujours les mèmes les effets”, “Mûr ou pas mûr, devant l’ouragan de l’histoire, tout fruit tombe.”

Kossi Miboutsomekpo

(Édité par 27avril.com)