Le mercato de la minorité pilleuse à la tête des sociétés d’Etat continue. La Caisse Nationale de Sécurité Sociale ( CNSS ), c’était son affaire, disons plutôt sa propriété. Il y régnait de main de maître, même plus de 15 ans après sa retraite. Koffi Kadanga Walla, 76 ans, admis à la retraite en 1998 mais résolu à jouer les prolongations à ce jour, devra se résoudre enfin à quitter la Direction générale de la CNSS. C’est du moins ce qu’a décidé depuis quelques jours le Conseil d’Administration.

La gestion opaque de la CNSS par ce dinosaure du régime RPT-UNIR a été depuis des années au centre de toutes les polémiques. Son maintien à la tête de la société en dépit de son admission à la retraite était régulièrement mis en exergue par la presse qui ne cessait de dénoncer les privilèges, les passe-droits de l’indéboulonnable Directeur Général. A son arrivée à la Primature en 2008, Gilbert Fossoun Houngbo avait promis que son cas serait réglé; mais visiblement, lui aussi jusqu’à son départ était confronté aux réalités du système mafieux. Malgré son admission à la retraite, une santé déclinante, le sieur Koffi Kadanga Walla a continué à s’accrocher aux commandes du bateau de la CNSS qui se trouve à ce jour aux creux de la vague.
Il part enfin, non pas pour se reposer, mais pour gérer une société immobilière privée dénommée SEGIM créée de toutes pièces avec le patrimoine foncier et financier de la CNSS. On se rappelle que la mise en place de ce projet avec les fonds de la CNSS s’est heurtée au refus du président du Patronat. Ce dernier avait exigé que les travailleurs soient directement intégrés parmi les actionnaires. Ce refus a poussé les initiateurs du projet à semer la zizanie au sein du Patronat dans le but de détrôner Kossivi Nakou au profit d’un autre qui donnerait sa caution au projet. La suite a été une longue crise qui a secoué le Patronat, poussant le Bureau International du Travail (BIT) à exiger que Monsieur Kossivi Nakou soit rétabli dans ses droits.
A la place de Koffi Kadanga Walla, est annoncé Yaovi Ihou Attigbé, le Directeur général de l’Union Togolaise des Banques (UTB) récemment débarqué de son poste au profit d’un expatrié qui vient d’en prendre les commandes. Ihou Attigbé à la tête de la CNSS en remplacement de Koffi Kadanga Walla, c’est bonnet blanc blanc bonnet.
L’UTB a été récemment secoué par une série de détournements, une gestion très opaque. Le DG sortant de cette boite, Ihou Attigbé, est accusé d’avoir facilité un prêt sans aucune garantie de plus d’un milliard à un ancien ministre de la Justice de Faure qui a englouti les fonds dans un projet bidon de construction d’hôtel à Pya. A ce jour, la banque rencontre toutes les difficultés à recouvrir ces créances et le ministre en question se la coule douce.
A un an de sa retraite, Ihou Attigbé, thuriféraire du régime RPT-UNIR sera aux commandes de la CNSS, non pas pour préparer son départ à la retraîte, mais certainement pour s’incruster une dizaine d’années. On le voit bien, le mercato de la minorité pilleuse des ressources du pays a le vent en poupe, avec la bénédiction du chef de file (suivez les regards).
Source : [08/07/2016] Ferdi-Nando, L’Alternative No. 535























