Depuis les vacances 2015, les commerçantes du grand marché de Lomé, principalement ceux situées dans la zone entre la Maison Renault, le cimetière Béniglato et le stade Oscar Antony sont victimes d’escroquerie. Elles sont obligées de payer 3000 francs CFA comme taxe pour la place qu’occupent leurs étalages. En plus de ce frais, elles paient quotidiennement des taxes sans se voir remettre les tickets. Une arnaque qu’elles dénoncent.

Malgré le sinistre qui a frappé les commerçantes du grand marché de Lomé en janvier 2013, elles sont toujours sujettes à des actions mafieuses. Dans notre parution N°2221 du 24 juin 2016, nous avons relaté le calvaire des commerçants qui exercent au niveau d’Atikpodji au grand marché de Lomé. Des commerçants abandonnés à eux-mêmes et qui ont les pieds dans l’eau et dans les ordures du fait de la négligence des responsables de cette partie du marché. Aujourd’hui, ce ne sont plus seulement les dames d’Atikpodji qui souffrent. Celles du lieu dit Abattoir situé entre la Maison Renault et les rues autour du cimetière « Béniglato » et du terrain de football « Oscar Antoni » subissent une injustice depuis plus d’une année.
Après le scandale des faux tickets qui a secoué le marché dans la zone de l’Abattoir, les femmes ne perçoivent plus de tickets contre le paiement de leurs redevances. « Ils viennent tous les jours pour nous prendre de l’argent. Les choses ne se passent plus comme d’habitude. Aujourd’hui quand ils viennent, ils vous tendent la main, perçoivent les frais de tickets et partent. Nous ne recevons plus de tickets. Nous ne savons pas si les percepteurs rendent fidèlement compte de ce qu’ils reçoivent. Nous croyons qu’ils profitent de la situation. Imaginons qu’ils prennent cinq cent mille (500 000) francs CFA par jour et déclarent seulement deux cent mille (200 000) francs CFA. Qu’est-ce que nous pouvons faire pour savoir s’ils ont gardé une partie des fonds ou pas ? Cette situation dure depuis plus d’une année et l’EPAM ne réagit pas », dénonce une commerçante. Cette perception de taxe sans reçu est une forme d’arnaque. Selon certaines sources, c’est un détournement de fonds bien organisé qui se pratique dans ce secteur du grand marché de Lomé.
D’après nos sources, une autre forme d’arnaque est mise en place au niveau de l’Abattoir. En plus des taxes quotidiennes dont les commerçantes s’acquittent, elles sont contraintes de payer une autre redevance à la fin de chaque mois. « C’est depuis les vacances 2015 que le système a été mis en place. Chaque mois, des messieurs qui se réclament de l’Office togolais des recettes (OTR) viennent dans le marché pour percevoir une autre taxe dite de l’OTR. Ils nous ont dit que l’OTR a décidé de prendre des taxes pour les places que nous occupons dans le marché. Et on doit payer trois mille (3 000) francs CFA tous les mois. Ils viennent souvent dans la première semaine du mois. Celles qui ne trouvent pas à donner peuvent le faire après. Mais une chose est sûre, ils la perçoivent toujours », explique une commerçante.
Cette situation, les femmes la vivent depuis un an et elles en sont arrivées à se demander si c’est de la taxe d’habitation de l’OTR qu’elles s’acquittent. Comme pour les taxes journalières, les commerçantes ne reçoivent aucun papier attestant de l’acquittement de cette taxe. Là aussi, c’est le flou total qui règne. « Ils viennent prendre l’argent et peuvent disparaître du jour au lendemain. Nous n’avons rien pour prouver que nous payons réellement cette taxe », souligne une autre commerçante.
Nous avons contacté M. Mensah, l’un des responsables de l’EPAM en charge de la gestion de cette partie du Grand marché de Lomé. Notre entretien ne nous a pas permis d’avoir son opinion sur ce qui est reproché aux percepteurs de taxe. Dès que nous lui avons posé le sujet, il a estimé ne pas bien nous recevoir.
Source : G.A., Liberté























