« La médiocrité ne veut rien supporter de grand, elle ressemble à ce tyran qui ajustait tous les hommes à la mesure de son lit » – Cécile Fée

« La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire », nous enseigne les Saintes Ecritures. Cette assertion biblique s’applique bien au Togo où ceux qui nous gouvernent depuis des décennies n’aiment apparemment pas les compétences, ce qui est bien et qui peut faire avancer le pays. On aime surtout faire la promotion de la médiocrité.

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Dans ce pays, ceux qui ont été reconnus coupables de graves actes de torture sur leurs concitoyens n’ont nullement été inquiétés, à contrario, ils ont été promus. Il en est de même pour ceux qui, avec arrogance, se sont livrés à des actions illicites. Sauf si votre tête un peu trop luisante, ne plaît pas au grand manitou, et là on vous donne un coup de pied dans le cul et vous envoie voir ailleurs.

Dans ce pays, on a connu des compétences, des érudits, des têtes bien pensantes à même d’apporter un plus à ce pays, mais ils ont été chassés comme des moins que rien. On se souvient qu’un Kako Nubukpo, ministre de la Prospective et de l’Evaluation des politiques publiques dans le gouvernement Ahoomey-Zunu II, la seule étoile qui brillait dans un ilot d’incompétences, a été évincé. Indésirable au Togo, il est aujourd’hui chercheur à l’université d’Oxford en Grande Bretagne. Comme lui, l’ancien fonctionnaire du PNUD Gilbert Fossoun Houngbo, débauché aux Nations Unies et nommé Premier ministre, a été chassé par les sécurocrates de Faure Gnassingbé pour avoir manifesté sa volonté au temps fort  de la crise, de pacifier le champ politique togolais. Il a payé le prix fort. Aujourd’hui il est Directeur général adjoint de l’Organisation internationale du Travail (OIT) à Genève.

Il y a une situation d’injustice qui a cours actuellement à la justice, notamment au sein du Conseil Supérieur de la Magistrature qui ressemble aux deux cas précités et qui scandalise l’opinion. Au Togo, on le sait tous la justice est un grand corps malade. Une corruptocratie, un véritable concentré de tous, les maux. « Ça ne va pas à la justice. La corruption s’y est installée et a atteint son paroxysme. Elle est même érigée en système. La corruption est à haute dose. Le peuple se plaint que sa justice est à deux vitesses : une justice pour les pauvres qui succombent à leur triste sort et une justice pour les riches qui achètent la conscience de certains magistrats », dénonçait en 2008 Aboudou Assouma, à l’époque président de l’Association professionnelle des magistrats du Togo (APMT). Huit années plus tard, rien n’a changé. Malgré une dizaine de milliards de FCFA investis pour la « modernisation » de cette justice, elle est encore plus malade qu’elle ne l’était.

Les divers dossiers qu’a eu à traiter cette justice comme l’affaire de tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat, celle dite d’escroquerie internationale,  cas des 9 députés de l’opposition chassés de l’Assemblée nationale, l’affaire des incendies des marchés de Kara et de Lomé, ont dévoilé son vrai visage. Un instrument au service du clan qui l’utilise pour régler les comptes à des adversaires politiques.

Dans ce clair obscur, il y a un magistrat qui fait l’honneur  de  cette justice. Un homme de probité qui a su garder sa dignité, son honneur et apprécié de ses pairs. Lui, c’est le président de la Cour d’Appel, Olivier Sronvi. Mais comme au Togo, on n’aime pas les bonnes choses, on a décidé de le débarquer dans une sulfureuse affaire de corruption. Ainsi va la République sous Faure Gnassingbé.

Source : Médard Amétépé, Liberté