Le prix Mo Ibrahim pourrait choir entre les mains de l’actuel président béninois, Patrice Talon. Il suffit de voir les premiers mois de la gouvernance de l’homme pour s’en convaincre.

Le président béninois Patrice Talon | Photo : Archives / AFP
Le président béninois Patrice Talon | Photo : Archives / AFP

Arrivé au pouvoir de façon la plus démocratique possible, Patrice Talon ne porte pas de gant pour faire avancer les choses. Réduction du train de vie des ministres, plafonnement de leurs salaires ainsi que de leurs primes, incitation des membres du gouvernement à déclarer leur patrimoine, désacralisation de la fonction de président, etc. Et dans le prochain plan quinquennal, il est prévu une lutte acharnée contre la corruption, des mesures qui concourent à l’assainissement de la vie publique et à faire renaître la confiance des citoyens en leurs autorités.

On se rappelle qu’à sa prise de pouvoir de manière transparente, l’homme n’a pas mis 48h avant de faire connaitre les membres de son équipe gouvernementale. Pendant que certains mettaient près d’un mois à le faire.

Le prix Mo Ibrahim est une récompense décernée à un ancien président qui, au cours de sa ou ses mandatures, a eu à imprimer des valeurs de bonne gouvernance et à laisser sa patte au-delà de son mandat. Il ne se limite pas seulement au fait de respecter la volonté du peuple en quittant son poste au bout de son mandat. En plus, il concerne les présidents qui ont laissé le pouvoir il y a au moins trois ans. Alors, pas de panique, nous ne disons pas que ce prix ira à Talon dans un ou deux ans, mais dans trois ans après qu’il aura quitté sa fonction de président et lorsqu’il s’agira d’évaluer les présidents qui se sont conformés aux critères de sélection de l’institution.

Cette année, le prix n’a pas trouvé de preneur et c’est ainsi que les millions promis à vie par la fondation sont restés dans les poches de la fondation. Mais il ne peut en être ainsi tous les ans, et si certains sont déclarés inéligibles pour de multiples raisons –accaparement du pouvoir, marche dans le sang d’un millier de leurs compatriotes, refus patent d’effectuer des réformes devant permettre aux citoyens de voir plus clair dans la gestion des affaires de l’Etat, refus public de se retirer au bout de deux mandats au pouvoir et de permettre des élections à deux tours-, Patrice Talon est bien parti pour imprimer au Benin une nouvelle voie à suivre, celle du progrès. Il a même promis réduire la corruption dans les cinq prochaines années dans son pays. Et nous au Togo, où en sommes-nous ???

Source : Liberté