Face aux annonces verbales musclées des ministres Gilbert Bawara et Pr Komi Paalamwé Tchakpélé, respectivement en charge de la Fonction publique et des Enseignements primaire et secondaire, le 14 décembre dernier sur la télévision nationale (TVT), la Coordination des syndicats de l’éducation du Togo (CSET) décide de durcir le ton.

Les deux ministres insouciants Gilbert Bawara et Pr Komi Paalamwé Tchakpélé, respectivement en charge de la Fonction publique et des Enseignements primaire et secondaire, qui attisent le mécontentement des enseignants grévistes | Infog : 27avril.com

Pour prouver aux deux (2) ministres que la situation qui prévaut dans le secteur de l’éducation depuis quelques semaines ne saurait être réglée avec l’intimidation des enseignants, les quatre (4) syndicats réunis au sein de la CSET appellent les enseignants à observer un mot d’ordre de grève de mécontentement de 96 heures, soit quatre (4) jours à compter de ce mardi.

Selon les grévistes, si la situation ne change toujours pas, les enseignants seront obligés d’user du moyen de grève après les congés de Noël et de nouvel An. Un courrier a même été adressé le 16 décembre dernier par la CSET aux deux (2) ministres.

Ce document fait également état d’intimidations des chefs d’établissement, des inspecteurs, des directeurs régionaux et des préfets à l’endroit des enseignants, ce qui ne plaît pas aux enseignants grévistes.

Ce mot d’ordre de grève de quatre (4) jours a été lancé alors même que les Assemblées générales des enseignants dans plusieurs villes du Togo, selon les informations, n’ont pas pu avoir lieu.

Le durcissement de ton de la part des enseignants, il faut le signaler, est né à la suite de l’intervention des ministres Gilbert Bawara et Pr Komi Paalamwé Tchakpélé qui ont qualifié les syndicats d’enseignants grévistes de « groupe d’individus » et annoncé clairement que le gouvernement n’ouvrira pas un cadre de dialogue bis avec ces enseignants alors que les problèmes de ce secteur sont déjà pris en compte dans le Cadre permanent de concertation (CPC).

Pour les enseignants grévistes, rien ne semble bouger dans le CPC et le point essentiel sur lequel les deux parties ne se comprennent pas concerne les primes aux enseignants.

Exemple de dommages collatéraux sur les élèves

Les élèves du Lycée de Tabligbo ont refusé de se soumettre aux épreuves de la composition sous prétexte que les grèves répétées des enseignants ne leur ont pas permis de suivre le minimum de cours. Pas conséquent, Il est hors de question de se faire évaluer

Le Chef de file de l’opposition, Jean-Pierre Fabre, insiste sur un dialogue entre gouvernement et enseignants grévistes

Dans la région des Plateaux le week-end dernier où le parti politique qu’il préside, l’Alliance nationale pour le changement (ANC) a fait des activités politiques, le chef de file de l’opposition togolaise, Jean-Pierre Fabre s’est encore senti interpellé par la crise qui prévaut dans le secteur de l’enseignement primaire et secondaire depuis quelques semaines avec à la clé, la répétition de grèves des enseignants non contents de leurs conditions de vie et de travail.

Le leader de l’ANC a encore une fois appelé le gouvernement à rapidement ouvrir un dialogue avec les responsables de la Coordination des syndicats de l’éducation du Togo (CSET), au lieu, a-t-il dit, « de lancer des menaces et des concours pour recruter des enseignants à la place de ceux qui sont en grève ». Agir de cette manière, a poursuivi M. Fabre, relève d’un autre temps.

« Nous avons d’abord rendu public un communiqué pour prendre position sur cette affaire pour dire que nous soutenons les enseignants qui réclament leurs droits d’avoir les meilleures conditions de travail et de vie. Le pouvoir doit discuter avec les responsables des enseignants pour trouver une solution juste et durable à cette crise », a déclaré l’opposant togolais.

Pour lui, si le régime mobilisait correctement les ressources nationales et les allouait vers les secteurs qu’il faut, ces problèmes ne se poseraient pas.

Jean-Pierre Fabre a accusé le pouvoir de Faure Gnassingbé de faire dans le gaspillage des ressources nationales et de s’adonner à des dépenses « somptuaires ».

Jean-Pierre Fabre n’est pas le seul acteur politique à avoir réagi dans la crise du secteur de l’éducation au Togo. Plusieurs autres acteurs aussi se sont prononcé et ont pris position pour les enseignants grévistes.

Source : [19/12/2016] Telli K. + Modeste K., AfreePress + D.B.-Z / FB