Par un communiqué rendu public ce lundi 26 Décembre 2016, la CDPA (Convention Démocratique des Peuples Africains) de Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson donne son avis sur le budget 2017 par lequel le gouvernement entend gérer le pays durant les 12 prochains mois et qui est soumis à l’appréciation des députés.

La Présidente de la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA), Brigitte Adjamagbo-Johnson | Archives

Parcourant le budget 2017, le parti fait savoir qu’il aurait pu « apprécié l’effort si ce projet de budget 2017 n’avait pas privilégié le remboursement de la dette (35,72% des dépenses) au détriment des salaires (15,68% des dépenses). Comment comprendre une telle orientation après les sacrifices incommensurables que ce peuple avait consenti pour bénéficier de la réduction de la dette en vue de financer le secteur social, pourtant considéré comme prioritaire par le mandat illégitime du Président de la République ? ».

Aussi poursuit le parti au symbole « poignée de mains », « la CDPA aurait accepté ce projet de budget 2017, si la part des dépenses, consacrée à la Scape avait nettement dépassé la barre des 55,61%. Comment peut-on nous faire croire dans ces conditions, que la croissance accélérée et la promotion de l’emploi sont possibles ?

La CDPA aurait applaudi l’exploit si ce projet de budget 2017 ne programmait pas le financement de la Scape (55,61% des dépenses), avec des dons projets, emprunts projets, emprunts, appuis budgétaires et emprunts obligataires (44,09% des recettes). Comment comprendre qu’un gouvernement responsable prétende développer nos secteurs à fort potentialité de croissance, renforcer nos infrastructures économiques, renforcer la gouvernance, promouvoir un développement participatif équilibré et durable et enfin développer le capital humain, la protection sociale et l’emploi avec des aides et surtout avec des prêts dont le remboursement redevient un fardeau insoutenable pour notre économie ?

La CDPA aurait compris l’autosatisfaction des autorités, si ce projet de budget 2017 n’avait pas donné autant de poids aux dépenses communes diverses qui passent de 7,5% du budget 2016 à 8,5% du budget 2017. Comment accepter qu’une gouvernance transparente maintienne à ce niveau dans un projet de loi de finances, cette rubrique hétéroclite fourre-tout, pourtant dénoncée par les nouvelles directives relatives aux finances publiques de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) ? ».

Après les conditionnalités qui auraient pu le décider à voter le budget, ce parti de l’opposition extraparlementaire dit ne pas approuver « ce projet de loi de finances scélérate, qui prétend mettre l’accent sur la croissance stratégique, alors qu’une part importante du budget est consacrée au remboursement de la dette. La CDPA ne cautionne pas ce projet qui fait reposer notre développement sur la poche des autres, c’est-à-dire des ressources aléatoires », « refuse ce budget dont les dépenses en investissement ne créent pas d’emplois décents de qualité permettant aux jeunes d’accéder à des revenus à la hauteur des difficultés que connaissent les ménages. La CDPA dénonce ce budget qui n’alloue que 15,61% aux dépenses de personnel alors que la plupart des fonctionnaires du secteur de l’éducation, excédés par le dilatoire du gouvernement, sont actuellement en grève ».

La CDPA appelle dès lors les députés à l’Assemblée nationale à en faire autant « en rejetant ce projet de budget 2017 qui se présente comme une belle architecture de finances publiques, mais se trouve en réalité être un mirage pour l’enjeu du développement durable, sans aucune portée de progrès social au Togo ».

Enfin appelle-t-il (le parti) la représentation nationale à « voter une motion de censure contre ce gouvernement qui en est le responsable et d’exiger du Président de la République, un discours sur l’état de la nation prononcé devant les députés et diffusé en directe sur les médias ».

Source : T228