Quelque 1000 opposants au président vénézuélien Nicolas Maduro se sont réunis jeudi à Caracas pour rendre hommage à la 38e personne morte au cours des protestations qui ont lieu dans le pays depuis déjà six semaines.

« Marre de la violence, pas un mort de plus », pouvait-on lire sur une pancarte, lors du rassemblement en hommage à Miguel Castillo, un homme de 27 ans qui a été abattu lors d’une manifestation qui a tourné en affrontement avec les policiers.
« Ils sont en train de nous tuer, mais nous n’allons pas nous lasser, nous allons rester dans la rue jusqu’à ce que le gouvernement tombe, même si la répression empire », a indiqué Carlos Briceño, qui étudie à la même université que Miguel Castillo.
La crise politique et économique qui secoue le Venezuela s’est empirée depuis avril, lorsque les manifestations réclamant le départ du président Nicolas Maduro ont commencé.
Au moins 38 personnes sont mortes et des centaines ont été blessées lors de ces marches, selon le parquet.
L’organisation non gouvernementale (ONG) d’avocats Foro Penal a dénombré 1990 personnes interpellées, dont 650 sont toujours emprisonnées. Selon l’ONG, une partie d’entre elles ont été jugées illégalement par des tribunaux militaires.
L’opposition a par ailleurs appelé la population à manifester de nouveau vendredi.
Les États-Unis accusés de financer des groupes d’opposition « violents »
Le gouvernement du Venezuela a par ailleurs accusé, dans un communiqué publié jeudi, Washington de financer et de soutenir des « groupes violents » et d’avoir ainsi « facilité une insurrection armée ».
Le ministère des Affaires étrangères a écrit que ce soutien fait partie d’une machination des États-Unis pour pouvoir intervenir au Venezuela, qui abrite d’importantes réserves de pétrole.
Les États-Unis ont fait part de leurs inquiétudes quant à la crise au Venezuela à maintes reprises au cours des dernières semaines.
Des militaires arrêtés
Au moins 65 membres de l’armée vénézuélienne, incluant le capitaine d’une importante unité régionale, ont été mis en détention, a indiqué un avocat représentant plusieurs des personnes arrêtées.
Ces arrestations laissent croire à une possible fissure dans les rangs des forces armées du pays.
Certains des militaires ont été accusés de trahison à la patrie et d’avoir fomenté la rébellion, tandis que d’autres attendent encore pour une audience en cour, a affirmé Alonso Medina de Foro Penal.
Le leader de l’opposition Henrique Capriles avait affirmé la semaine dernière que des dizaines d’agents avaient été arrêtés pour avoir « exprimé du mécontentement ». Il a soutenu jeudi que l’armée était profondément contrariée par le gouvernement.
Selon lui, les forces armées sont « complètement divisées ».
L’administration du président Nicolas Maduro a réfuté catégoriquement tout vacillement de l’appui de l’armée de 60 000 membres.
Source : Radio-Canada + AFP + AP























