« Tout système qui ne fait pas sa critique, son autocritique, est voué à sa propre ruine » -Périclès

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Simple exercice de recadrage ou évolution des mentalités ? Une chose est sûre, la Haute Autorité de l’Audiovisuelle et de la Communication (HAAC) a frappé un grand coup en invitant à une séance de travail à huis clos les responsables des médias d’Etat pour dresser l’état des lieux, faire un diagnostic sans complaisance du respect par ces organes des textes encadrant l’exercice du métier. Ce diagnostic révèle un grave manquement dans le traitement de l’information, l’inégalité d’accès des différents courants politiques représentatifs de la société togolaise aux médias d’Etat. Des médias pourtant entretenus aux frais du contribuable.

Un euphémisme en réalité puisqu’à proprement parler, c’est la pensée monolithique qui est promue par ces médias. Tout pour le RPT/UNIR et rien pour l’opposition. Le Collectif Sauvons le Togo (CST) avait déjà dénoncé en son temps, ce déséquilibre. Cependant, les habitudes ayant la vie dure, ces médias n’avaient pas tenu le bon cap pour longtemps. Et les explications tenant à un déficit logistique ou renvoyant aux cahiers des charges ne sauraient justifier ce manquement. Le fait, c’est que ces médias dits d’Etat, ne sont  que des caisses de résonance du régime en place. Abreuvés au biberon de la pensée unique, ils tentent vaille que vaille de maintenir le statu quo. Bousculer les idées reçues, ce n’est jamais un exercice facile. Cela peut aussi parfois coûter cher à celui qui s’y aventure. Mais est-il admissible qu’une manifestation de l’envergure de celle du 19 août dernier n’ait pas été relayée par les médias d’Etat ? Ou  que l’opinion de toutes ces populations sur la gestion des affaires de la Cité ait été passée sous silence, exacerbant les frustrations ?

La sortie de la HAAC, quoique tardive, était de bon aloi. Mieux vaut tard que jamais, dit l’adage. La preuve la plus irréfutable de ce déséquilibre des médias d’Etat dans le traitement de l’information, notamment politique, est la couverture exagérée de la manifestation dite républicaine organisée par le pouvoir le 29 août 2017 dernier. Vingt-cinq (25) minutes de temps d’antenne ! Vingt-cinq minutes à nous rebattre les oreilles avec « UNIR, UNIR, UNIR » alors qu’ils sont censés incarner la pluralité des opinions. Plus que le temps conventionnel d’une édition de journal. Une situation d’autant plus mal vécue par nombre de concitoyens même si ce n’est pas forcément la bonne option, préfèrent écouter, regarder ou lire les médias privés exclusivement. Mais alors, les organes d’Etat suivront-ils la voie que tente de leur indiquer l’autorité régulatrice ? Avec le soutien de la HAAC, ils promettent de rectifier le tir et donc de mettre un terme à ce que l’on pourrait qualifier de « dégagisme » journalistique affiché par ces organes vis-à-vis des opinions divergentes de celle du pouvoir. Les bonnes intentions déclarées ne devraient pas mettre longtemps à se concrétiser.

Les mercredi 6 et jeudi 7 septembre, de grandes manifestations sont organisées à l’appel de CAP 2015- PNP- Groupe des Six- Parti Santé du Peuple. Des manifestations qui devront idéalement marquer un tournant définitif, espèrent les organisateurs. Ce sera manifestement, l’épreuve du feu pour eux.

Meursault A.

Source : Liberté