Caricature : Donisen Donald / Liberté

Qui a dit que Faure Gnassingbé et sa minorité pilleuse ne pensent qu’à eux-mêmes et sont incapables de créer la prospérité et le bonheur des Togolais ? Ils viennent de démontrer aux yeux du monde que le bien-être des populations demeure leur préoccupation majeure. Ils ont toujours rendu les Togolais heureux et viennent de faire à nouveau étalage de leur magnanimité légendaire à l’endroit des populations de Vo en leur offrant deux ambulances médicalisées flambant neuves pour « une prise en charge rapide des femmes enceintes et des malades du milieu ». C’était à l’occasion de la fête traditionnelle Adzinukuzan célébrée le week-end dernier dans la préfecture.

Comment Faure et sa minorité peuvent-ils encore rendre les Togolais plus heureux ? Le reste relève de la pure méchanceté, de la haine morbide, de la jalousie maladive. Même si tu n’aimes pas le lièvre, il faut reconnaître qu’il court plus vite que toi. Bon assez de bavardages !

Deux petits tricycles qui ne peuvent pas résister au moindre vent, -double ou triple risque pour les femmes enceintes et les malades à cause des pistes rurales cabossées sur lesquelles ces engins devraient rouler- c’est le joli cadeau que le gouvernement togolais, sous la houlette de la dame à tout faire, ministre du Développement à la base, de l’Artisanat, de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes, Directrice de cabinet de la Présidence de la République, incubatrice d’une multitude de projets et programmes improductifs, Victoire Simedeho Marie-Noëlle Dzidudu Tomegah Dogbé, a offert à la ville de Vogan d’où elle est issue. C’était samedi dernier.

Membre à part entière de la minorité pilleuse, la « 2X5 »est considérée dans certains milieux comme étant extrêmement riche. Elle fait partie des nouveaux-riches créés de toutes pièces par le régime cinquantenaire et formant avec lui une clepto-oligarchie institutionnalisée. On lui prête une immense fortune qu’elle se serait bâtie depuis qu’elle a débarqué en 2008 au pays des merveilles où on amasse des fonds comme on ramasse des mangues dans une forêt, sans avoir de compte à rendre à personne.

Malgré tout, elle n’a pu offrir aux siens que ces trottinettes à risque présentées comme des ambulances, pendant que certains se font évacuer par hélicoptère. Indignation, colère, le don est considéré comme une insulte à l’endroit des populations de Vo. Au point que certains artistes natifs du milieu ont lancé un appel à leurs confrères et à la diaspora à se joindre à eux pour un concert aux fins de mobiliser des fonds pour doter la ville d’une ambulance digne de ce nom.

Source : Liberté No.2742 du 28 août 2018