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Nana Akufo Addo : le président ghanéen à la réputation entachée à cause des fraudes électorales massives liée à sa réélection et la violence causant mort d’hommes pendant la crise post-électorale | Infog : 27avril.com

Élu président de la RD Congo il y a tout juste deux ans, Félix Tshisekedi Tshilombo vient d’être porté à la tête de l’Union Africaine lors du 34è sommet ordinaire tenu samedi par visioconférence. Il succède ainsi au Sud-africain Cyril Ramaphosa. En 2020, Tshisekedi était le Vice-président de l’institution. C’est assez rare de voir un président fraichement accéder au pouvoir être élu à la tête de l’Union Africaine. Félix Tshisekedi a placé sa mandature sous le sceau d’une Union Africaine au service du peuple africain. Pendant ce temps, le « jeune doyen » attend désespérément d’avoir une telle chance pour tenter de ripoliner son image. Mais qui connaît « Gbaguidi » à Aného ?

Dans la CEDEAO, le jeune président Bissau-Guinéen Umaro Sissoco Embaló élu il y a un an, a aussi tenté sa chance pour présider l’institution communautaire. Mais le syndicat des chefs d’Etat en a décidé autrement. Alors que la présidence de la CEDEAO est tournante, les chefs d’Etat préféré reconduire Nana Akufo-Addo que de porter leur choix sur le jeune fougueux Umaro Sissoco Embaló qui était en compétition avec le président ghanéen.

Les membres du syndicat auraient-ils peur de se faire bousculer dans le club ? Umaro Sissoco Embaló qui se targue d’être un démocrate est connu pour n’avoir pas sa langue dans sa poche. Il dit haut ce que tout le monde pense bas. Farouchement opposé au syndrome du troisième mandat, le jeune président bissau-guinéen avait jeté un froid glacial parmi ses pairs lors d’une réunion des chefs d’Etat de la CEDEAO en août 2020 en assimilant à des coups d’Etat la folie du troisième mandat. Faure Gnassingbé, Alpha Condé et Alassane Ouattara ont dû avoir leurs mines des mauvais jours.

« Aucun président ne doit se penser irremplaçable. Alpha Condé et Alassane Ouattara sont mes homologues et j’ai beaucoup de respect pour eux. Mais je pense que nous devons respecter la Constitution. Et aussi qu’au-delà d’un certain âge, par exemple 80 ans, il est compliqué d’exercer le pouvoir. L’Afrique ne devrait plus avoir affaire à des Mugabe », a-t-il tranché dans une interview accordée à Jeune Afrique.

Le syndicat a joué à la carte de la prudence. Les membres ont voulu faire confiance à celui qu’ils connaissent mieux que de remettre la CEDEAO entre les mains d’un « OVNI » comme ils qualifient leur homologue bissau-guinéen.

Source : Liberté N°3322 du 08 février 2021