S’il est de nos jours de notoriété publique qu’à l’évocation de la françafrique on pense systématiquement à l’autre France officielle parallèle, le côté « face » de la françafrique, celui des officines françaises, hyper puissant et planant au-dessus de toutes normes légales locales ou internationales, il est un devoir, du moins pour notre rédaction, d’attirer l’attention des uns et des autres sur le côté « pile » qui, malgré son faux air d’innocent, engraisse abondamment les rouges du côté « pile » pour l’accomplissement de leurs missions communes.
A cette France mafieuse, et la gauche et la droite, toutes les obédiences politiques confondues, ne sont guère prêtes, et ne le seront jamais, à renoncer. Ce qui signifie que ce n’est pas demain la veille du lâchage du Contient Noir par la Fançafrique ; du moins de son propre gré.
Cette parenthèse nous plonge malheureusement au cœur de l’Afrique pour comprendre que le discours de Hollande à Dakar, qui promettait la fin de la Françafrique en ces termes : « Le temps de la Françafrique est révolue, il y a la France et il y a l’Afrique», avant de poursuivre que « les officines et les intermédiaires trouveront désormais portes closes à l’Elysée », n’est pas différent de ses prédécesseurs sur le sujet. La plus belle preuve c’est, que partout ailleurs sur le continent, les velléités de changement de constitutions des ex-pays de la colonie française se sont passées comme des lettres à la poste. Du Congo Brazza au Rwanda, en passant par la RDC pour atterrir au Togo, l’hypocrisie de la France est criarde. D’ailleurs Hollande avait affirmé, alors que le Peuple congolais refusait qu’on touche à sa constitution, que Sassou Nguesso avait le droit de « consulter » frauduleusement son peuple à propos de la modification constitutionnelle.
Pour ce qui est du Togo, il convient de préciser que si la Démocratie peine à voir le jour dans ce pays, eh bien il ne faudra pas chercher loin. C’est bien la France, surtout françafricaniste côté « face », qui est aux commandes. Ce pays, où la famille Gnassingbé est au pouvoir depuis 50 ans, le rend d’ailleurs bien à son bienfaiteur.

Pendant les moments les plus sombres et tendus que vivait la révolte populaire togolaise, alors qu’Eyadema foulait au pied sa promesse faite à Jacques Chirac en 1998 de ne pas se présenter aux élections de 2003, M. Chirac n’a trouvé rien d’autre à dire pendant une visite à Lomé, qu’Eyadema était « un homme qui inspirait confiance ». Plus grave, au décès le 5 février 2005 du général Eyadema, non seulement Jacques Chirac s’est empressé de déclarer qu’il a perdu un « ami personnel », mais il a aussi activé tout un réseau mafieux pour imposer son fils à la tête du pays au prix de l’assassinat d’un millier de Togolais. Depuis, la France s’est évertuée, par le truchement d’une diplomatie souterraine, pour que l’ONU ne donne pas suite au rapport Doudou Dieng qui a conclu à 500 morts.
Nicolas Sarkozy qui connaît bien le pédigrée mafieux du régime togolais ne manifestait pas d’enthousiasme à l’égard de Faure Gnassingbé. Mais cette distance ne le priva pas de rappeler au régime de Lomé les intérêts de l’Hexagone en décembre 2007 à Nice. François Hollande a promis des relations plus saines, multiplié les discours sur la disponibilité de la France à se tenir aux cotés des peuples en lutte pour la liberté, la démocratie. Mais là aussi, ce sont encore des mirages et le cas togolais s’avère aujourd’hui le plus scandaleux. Autre fait inquiétant ; Manuel Vals, dans une émission de grande écoute a reconnu qu’Ali Bongo n’était pas réélu dans des conditions régulières. Chose curieuse, le landerneau médiatico-politique n’en avait trouvé rien à redire.
La politique africaine de la France est incolore, il faut que les africains intègrent cette vérité. La France a toujours su que le régime togolais vole toutes les élections. Son discours à l’endroit du peuple togolais se résume à ceci : « On ne peut rien, débrouillez-vous ».
Fin de la Françafrique, nouvelle donne Africafrance, nécessité de l’instauration de l’Etat de droit et de la démocratie en Afrique, urgence de la limitation des mandats et du respect des Droits de l’Homme, etc. de la bouche d’un dirigeant français, passez votre chemin. Rien à signaler !
Le côté « pile » de la françafrique est celle des officines, des intermédiaires, des réseaux, des affaires. Son côté « face » est celle des officiels, des politiques aux pouvoirs et aux commandes de sa diplomatie africaine. C’est ce dernier qui ouvre les portes africaines à l’autre côté pour agir en une hideuse apparence trompeuse de déconnexion. Ces eux faces se valent et sont intimement liées. On pourra même dire que le côté « face » est pire car le « pile » n’existerait pas sans sa volonté et sa bénédiction. Ce ne serait de trop que d’affirmer que la mission première du « pile », c’est de servir le « face ».
Le Franc CFA, le financement à plus de 50% des budgets de nos institutions (CEDEAO, UA, etc.) par la France entre autres, le déni de la puissance de nuisance du côté « face » de la françafrique, la singerie de nombreux africains et le reniement de leurs valeurs ancestrales, le copinage avec les potentats locaux au pouvoir, etc., voilà des embuches à ôter pour la renaissance de l’esprit panafricain.
Source : [03/07/2016] Fenêtre Sur l’Afrique, Radio Kanal K, Suisse























