Des coups de feu ont été entendus dans la nuit de jeudi dans la capitale gabonaise Libreveille, 24h après l’annonce des « résultats » de l’élection présidentielle et la victoire serrée du président Ali Bongo.

Les activités économiques tournent au ralenti à Libreville et peu de fonctionnaires se sont rendus au travail tandis que la ville reste quadrillée par les militaires.

Les forces de sécurité gabonaises ont arrêté plus de mille personnes durant la deuxième journée de violence suite aux résultats du scrutin.

Trois personnes auraient trouvé la mort à Libreville.

Des manifestants soutenant le camp de l’opposition ont envahi les rues de la capitale gabonaise peu après l’annonce de la victoire d’Ali Bongo Ondimba aux élections présidentielles.

L’UA reste, elle, muette, mais les USA, l’UE et l’Onu suivent la situation de près. L’ONU, l’Union européenne, les Etats-Unis et la France appellent à une meilleure transparence autour des résultats.

« La communauté internationale veut empêcher que la situation dans la sous-région ne s’embrase » – Mays Mouissi, analyste gabonais.

Propos de Mays Mouissi, analyste gabonais, sur DW

Le ministre de l’Intérieur Pacome Moubelet Boubeya a déclaré que ce jeudi, 800 personnes ont été arrêté à Libreville et 400 autres dans les autres provinces.

Les forces de sécurité ont été déployées après que l’Assemblée nationale a été incendié et après le blocage de certaines artères principales de la ville.

Ce jeudi, l’édifice était noirci par les traces de fumée et les vitres étaient brisées. Des carcasses de véhicules calcinés jonchaient les rues de la ville.

Dans une allocution, le président Bongo déclarait : « La démocratie ne peut fonctionner lorsque son parlement est attaqué ».

La police a usé de gaz lacrymogène pour disperser la foule et a arrêté les personnes qui rodaient autour des décombres.

Un reporter de la BBC Charles Stephane Mavoungou rapporte que les connexions internet ont été coupées.

Au même moment, Jean Ping confiait à la BBC qu’un hélicoptère de la garde présidentielle avait bombardé le siège de son parti tuant deux personnes.

« Les attaques ont commencé à 01:00 (00:00 GMT). Il y en a eu par les airs puis des troupes au sol sont arrivé ».

Interview de Jean Ping par la DW

Les forces de sécurité encerclaient l’édifice ce jeudi soir et ont retenu des membres de l’opposition à l’intérieur, d’après un porte-parole.

Pour le moment, il n’y a aucune précision sur le lieu où se trouve Jean Ping. Un diplomate européen assure que Jean Ping serait en sécurité.

Des gabonais de la diaspora au Maroc manifestent contre Bongo devant l’ambassade du Gabon à Rabat

Source : [02/09/2016] BBC Afrique + DW + 27avril.com