
Quelques centaines de jeunes gens ont affronté les forces de l’ordre mardi à Conakry au début d’une manifestation de l’opposition guinéenne interdite par les autorités.
Après avoir tenté de couper la circulation dans le quartier de Cosa, les manifestants ont lancé des pierres sur les policiers, qui ont répliqué à coups de gaz lacrymogène, selon ce correspondant.
Les dirigeants de l’opposition, qui avaient appelé à manifester pour protester contre la violation selon eux par le pouvoir d’un accord conclu en août sur l’installation des élus locaux après le scrutin contesté du 4 février, n’étaient pas encore arrivés au point de rassemblement en fin de matinée, selon la même source.
« Tout regroupement tendant à provoquer une marche ou à empêcher les gens de circuler sera réprimée », avait auparavant prévenu le chef des unités d’intervention de la police, le général Ansoumane Camara.
« Les instructions qui ont été données par l’autorité civile vont être exécutées à la lettre. Nous sommes des appliquant de la loi et elle va être appliquée », avait ajouté M. Camara devant des journalistes.
Malgré une interdiction de manifester décrétée lundi par les autorités locales, l’opposition avait décidé de maintenir son appel, une semaine après la mort d’un jeune homme lors de deux journées « ville morte ».
Les autorités communales de Matoto, quartier de Conakry, ont expliqué être dans « l’impossibilité de sécuriser » la manifestation tout en assurant la protection des établissements scolaires. Selon elles, des « loubards » menacent de « sortir les élèves qui veulent suivre des cours » alors que le secteur de l’enseignement est perturbé depuis plus de deux semaines par une grève.
« On n’a pas besoin de respecter ce que la mairie a dit, parce qu’on a l’impression qu’on est dans un pays sans loi, on est dans la jungle, l’Etat n’existe plus », avait déclaré lundi Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG, opposition).
L’installation des élus communaux a commencé au début du mois sous la supervision de délégués du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation. Mais l’opposition accuse le pouvoir de corrompre certains de ses élus pour s’assurer le contrôle de mairies à travers le pays.
Tentative d’Assassinat du chef de l’opposition Cellou Dalein Diallo
L’ancien Premier ministre guinéen Cellou Dalein Diallo, principal opposant au président Alpha Condé, a dénoncé mardi une « tentative d’assassinat » après que son véhicule a été traversé par une balle alors qu’il se rendait à une manifestation interdite par le pouvoir du président Alpha Condé.
« Les gendarmes ont visé et ils ont tiré. Mon chauffeur est blessé » au visage par des éclats de verre, a déclaré à l’AFP M. Diallo.
« La balle est passée juste entre mon chauffeur et moi », a poursuivi M. Diallo, en montrant du doigt les impacts d’une balle ayant traversé les vitres avant et arrière du véhicule, selon les constatations d’un correspondant de l’AFP.
Sollicité par l’AFP, le porte-parole de la police n’a pas voulu réagir. Le ministre de l’Administration territoriale, Bouraima Condé, n’a également pas répondu aux sollicitations de l’AFP.
« On a voulu m’assassiner », a assuré le chef de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), en mettant en cause le chef de l’Etat.
« La fois dernière, je vous avais dit qu’il (Alpha Condé) a ordonné de m’assassiner. Voilà la preuve la plus éloquente, regardez le pare-brise », a-t-il poursuivi.
L’opposition avait maintenu son appel à manifester mardi, malgré l’interdiction décrétée la veille par les autorités locales de Conakry, pour protester contre la violation par le pouvoir, selon elle, d’un accord conclu en août sur l’installation des élus locaux après le scrutin contesté du 4 février.
« Je suis sorti de chez moi pour aller à la marche. A à peine un kilomètre de chez moi, les forces de l’ordre ont érigé des barricades à l’aide de leurs pick-up et dès que je suis arrivé avec mon cortège, c’est-à-dire avec les autres membres de l’opposition, les soldats ont commencé à gazer et dans cette nuée de fumée, j’ai entendu un tir et la balle a traversé mon véhicule et j’ai fait demi-tour avec mes amis », a raconté M. Diallo.
« J’ai échappé à la mort, ils ont tenté de m’assassiner et c’était d’ailleurs ça leur objectif, puisque dans la fumée, on ne voyait presque rien. C’est pourquoi ils m’ont raté », a-t-il estimé.
« Je vais dire aux auteurs de cette tentative que je ne fléchirai pas, je continuerai mon combat jusqu’au sacrifice ultime s’il y a lieu, parce qu’on ne peut pas accepter que nos libertés soient confisquées, que notre Constitution soit violée en permanence par M. Alpha Condé », a-t-il ajouté.
Plus tôt dans la journée, des échauffourées avaient éclaté à Conakry entre quelques centaines de jeunes manifestants et les forces de l’ordre.
« Tout regroupement tendant à provoquer une marche ou à empêcher les gens de circuler sera réprimé », avait prévenu le chef des unités d’intervention de la police, le général Ansoumane Camara.
L’installation des élus communaux a commencé au début du mois sous la supervision de délégués du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation. Mais l’opposition accuse le pouvoir de corrompre certains de ses élus pour s’assurer le contrôle de mairies à travers le pays. Un jeune homme avait été tué par balle lors d’une manifestation de l’opposition la semaine dernière à Conakry.
Source : VOA + AFP + AfricaNews























