Au moins deux personnes ont été tuées par balle dimanche en République démocratique du Congo et d’autres blessées par la police lors des marches des catholiques contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.
« Depuis 7 heures, nous avons reçu trois blessés liés à la marche des catholiques dont deux blessés graves par armes à feu. Le troisième qui a reçu une balle à la poitrine est décédé », a déclaré à l’AFP le docteur François Kajingulu, médecin directeur de l’hôpital St Joseph de Limete, dans le centre de Kinshasa.
Un agent « a tiré sur mon frère à bout portant dans l’enceinte de la paroisse Saint Benoît (centre). J’étais près de mon frère », a déclaré à l’AFP le frère du défunt entre deux sanglots.
La Cenco a indiqué que deux personnes avaient été tuées dimanche. L’une à Kinshasa et l’autre à Mbandaka.
Dans un tweet, la directrice de l’Afrique de l’Ouest pour Human Right Watch Ida Sawyer, indique : « alors que les forces de sécurité dispersent de nouveau des manifestants pacifiques, l’activiste Rossy Mukendi du mouvement des citoyens du Collectif 2016 est abattu devant l’église Saint-Benoît dans la commune de Lemba à Kinshasa. Internet + SMS coupé depuis ce matin. Rapports d’autres blessés, arrêtés à travers le pays ».
#DRC: As security forces disperse peaceful protesters yet again, activist Rossy Mukendi from Collectif 2016 citizens movement shot dead outside St Benoit church in Kinshasa’s Lemba commune.Internet+SMS cut since this morning. Reports of others wounded,arrested across country @hrw pic.twitter.com/0tUlgHHqyM
— Ida Sawyer (@ida_sawyer) February 25, 2018
Dispersion à balles réelles à Kisangani
A Kisangani, grande ville du nord-est du pays, des centaines de fidèles qui sortaient de la messe ont commencé à marcher avant d’être dispersés par les forces de sécurité qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et tiré à balles réelles. Deux personnes au moins ont été blessés par balles, selon un correspondant de l’AFP.
Les fidèles se sont repliés dans l’enceinte de la paroisse chantant le « Debout Congolais », l’hymne nationale de la RDC.
Dans la commune populaire de Mangobo, dans le nord de Kisangani, les habitants affluaient dans les rues et plusieurs groupes de jeunes gens se retrouvaient à 50 mètres des militaires de la garde républicaine, unité spéciale chargée de la protection du président Joseph Kabila.
La police réprime la marche du CLC à Kisangani et place en garde à vue trois prêtreshttps://t.co/R60UYsHZxh pic.twitter.com/iTEcQEnkqK
— Radio Okapi (@radiookapi) February 25, 2018
Dans plusieurs villes, les marches ont été étouffées par les forces de sécurités qui se sont déployées en grand nombre devant toutes les églises catholiques.
A Bukavu et Goma
Le correspondant de VOA Afrique signale 14 interpellations et 2 blessés à Bukavu selon Josée Emina, coordinatrice du rassemblement de l’opposition au Sud-Kivu. Au Sud-Kivu, l’appel à la marche du comité de coordination des laïcs catholique n’a pas connu un écho populaire à Bukavu selon le correspondant de VOA Afrique.
L’évènement annoncé est passé presque inaperçu selon le maire Meschak Bilubi qui a constaté que tout est à la normal. Les chrétiens ont choisi de se rendre à l’Eglise pour ensuite vaquer à leur occupation ajoute-t-il. Le maire signale tout de même quelques cas de dispersion des jeunes en petit nombre qui ont tenté de s’affronter à la police au niveau de Kadutu « pas à pas » et qui ont été maitrisés.
Le reporter de VOA a remarqué quelques manifestants dispersés par la police à coup de bombe lacrymogène dans différents axes de la ville au moment de la marche vers la place Major Vangu, en commune d’Ibanda, où ces manifestants venus de différents axes devraient se réunir pour une réunion.
A la place Major Vangu, un dispositif sécuritaire important déployé a dispersé la frange des manifestants du coin. Sur différents autre rond-point stratégique de la ville telle à Nyawera, ont pouvaient apercevoir des policiers déployés.
A Uvira, deuxième ville importante de la province après Bukavu, aucune mobilisation n’a été observée. Les organisateurs de la marche parlent d’arrestations et envisagent présenter un bilan dans les heures qui suivent.
Selon le correspondant de VOA Afrique à Goma, la journée a été plutôt calme avec quelques dispersions rapides de petits groupes de manifestants. Deux personnes ont été arrêtées. La police a également quadrillé la ville.
Internet coupé
A Lubumbashi, deuxième ville du pays dans le sud-est, des jeunes ont brulés des pneus dans les rues avant d’être dispersés par la police anti-émeute.
Ces marches sont organisées à l’appel du Comité laïc de coordination (CLC), un collectif d’intellectuels proche de l’Église catholique, qui demandent à M. Kabila de dire publiquement qu’il ne sera pas candidat aux élections prévues le 23 décembre 2018. Le mandat du président s’est achevé le 20 décembre 2016.
L’internet a été coupé à Kinshasa et des marches réprimées par les forces de sécurité. Les SMS et le système de messagerie WhatsApp ont été suspendus brusquement aux environs de 10H00 (9H00 GMT) après la sortie des messes.
Dans plusieurs paroisses de Kinshasa, les fidèles ont commencé à marcher avant d’être dispersés à coup de gaz lacrymogène et de tires de sommation.
A Saint François de Sales, des policiers cagoulés étaient postés devant la rue qui donne sur cette paroisse du centre de Kinshasa, où une femme de 24 ans, aspirante à la vie religieuse avait été tuée par un coup de rafale le 21 janvier lors de la précédente marche. Ils ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants.
Des militaires arrivés sur les lieux ont fait usage des tirs de sommation pour disperser les manifestants.
A Kinshasa, où la marche a été interdite, la police s’était donné pour objectif de faire « zéro mort » lors de cette troisième marche. Les deux précédentes les 31 décembre et 21 janvier avaient fait une quinzaine de morts selon l’Église, deux d’après les autorités.
Vendredi, l’Union européenne, la Suisse et le Canada avaient rappelé dans un communiqué conjoint « l’importance du respect des libertés fondamentales, en particulier de la liberté de manifester et de la liberté de culte ».
Source : VOA Afrique
Titre : 27avril.com























