L’Etat centrafricain peine à instaurer son autorité dans certaines provinces. A Bria, Bocaranga, Nganda et ailleurs, les habitants sont livrés à eux-mêmes, et seuls les groupes armés font la pluie et le beau temps.

 

Violence en République centrafricaine | Photo : picture-alliance / AP /D. Belluz

En République  Centrafricaine, un an après l’élection de Faustin Archange Touadéra à la présidence, la situation sécuritaire s’est dégradée. Les groupes armés ont intensifié leurs attaques contre les civiles :

Selon Benedykt Paczka, prêtre polonais joint à Bouar, dans l’Ouest du pays, à 400 km de Bangui, « dans la ville, la vie  est  tranquille, les écoles sont ouvertes, les autorités sont présentes. Il y a une bonne collaboration entre autorités et population. Mais à Bocaranga, à Nganda, les autorités sont toutes parties et c’est très inquiétant, là-bas les autorités ont vraiment peur d’être à côté de la population  »

Le pouvoir public absent ?

Face aux groupes armés, l’Etat centrafricain peine à affirmer son autorité en-dehors de la capitale. En tout cas dans certaines régions. à Bria, Kagabandoro, Bocaranga, les populations sont livrées à elles-mêmes

Bocaranga est cette ville où une récente attaque a fait une vingtaine de morts civils. Un auditeur joint à Balbeati, dans le sud-ouest de la République centrafricaine,  assure que là-bas, tout est calme. Mais à Bria, dans le sud-est , rien ne marche.

Selon Jean Maurice Maloua, habitant de Bria, ville abandonnée par les autorités,  » Il n’y a rien qui fonctionne, il n’y a rien. L’administration, tout le matériel de bureau, tout est parti.  Rien ne fonctionne. Nous vivons vraiment avec la peur dans le ventre. Nous nous sommes dans les provinces, nous ne voyons pas l’impact de l’Etat dans notre province, nous ne voyons rien!  »

A Bria, seules  les écoles privées sont ouvertes. La population se sent donc abandonnée.

Le politologue centrafricain, Jean Pierre Mala explique ainsi cette absence de l’Etat:

« Pour que le Président de la République puisse exercer une autorité il lui faut  une armée structurée. Cette armée structurée n’existe pas. Il y a une armée composée de huit mille hommes, ce sont des gens qui ont été formés pour protéger un seul homme, puisque, depuis des années, notre armée se limitait à assurer la sécurité présidentielle. »

Le secteur de l’éducation est le plus affecté par la déficience de l’Etat. Le rapport national de 2015 montrait que seules 25%  des écoles  fonctionnaient dans la région de Nana-Grebizi, et 50 % à Ouaka, dans les préfectures de Vakaga et de Ouham, régions les plus affectées par l’insécurités de ces derniers mois.

Source : DW