Cinq personnes ont été tuées et huit autres ont été blessées à l’aéroport international de Fort Lauderdale lorsqu’une fusillade a éclaté un peu avant 13 h, vendredi, dans la zone de récupération des bagages du terminal 2. Le tireur, dont les mobiles n’ont pas encore été clairement établis, a été arrêté.

Des sources policières avaient laissé entendre que le tireur était un passager d’Air Canada. Il aurait pris son arme d’un bagage qu’il venait de récupérer et l’aurait chargée dans les toilettes avant de commencer à tirer sur les passagers. Il a été arrêté par la police pendant qu’il tentait de recharger son arme.

Des médias américains rapportent toutefois que le suspect – identifié par le sénateur de la Floride, Bill Nelson, comme étant Esteban Santiago – était parti d’Anchorage, en Alaska, via Minneapolis, avant d’atterrir à Fort Lauderdale.

Cette information a été confirmée par une porte-parole de l’ambassade du Canada à Washington. « Nous avons appris des responsables qu’il [le suspect] était à bord d’un vol en partance d’Anchorage, qui a transité par Minneapolis, et qui a atterri à Fort Lauderdale », a expliqué Christine Constantin.

Voyager avec son arme : que dit la réglementation?

En vertu des normes canadiennes de sécurité aérienne, il est possible de transporter dans les bagages enregistrés des armes, mais celles-ci ne doivent pas être chargées et devraient être entreposées dans un étui rigide et verrouillé. Les passagers ont l’obligation de déclarer leurs armes lorsqu’ils procèdent à leur enregistrement.

Pour sa part, Air Canada a affirmé, par voie de communiqué, qu’elle ne disposait d’aucun dossier de passager au nom d’Esteban Santiago. Elle a ajouté « qu’aucune arme [n’a été] enregistrée à bord d’aucun vol au départ ou à l’arrivée de Fort Lauderdale ».

WestJet a également fait savoir que le nom du suspect ne figurait pas sur ses listes de passagers pour les vols à destination de Fort Lauderdale. Un vol de la compagnie vers cet aéroport de Floride a dû se poser à Montréal.

D’après MSNBC, qui cite des témoins, l’homme d’une vingtaine d’années n’aurait rien dit en ouvrant le feu. Un des témoins, John Schlicher, a raconté qu’il tirait « directement » sur les passagers qui attendaient leurs bagages. « J’ai baissé ma tête et j’ai prié », a-t-il mentionné.

« Il [le tireur] n’a rien dit. Il a été tranquille tout du long », a rapporté un autre témoin, Mark Lea.

Selon lui, l’assaillant a tiré une première salve, avant de recharger son arme pour en tirer une seconde. Il n’a pu dire combien de balles ont été tirées.

Traitements psychologiques

Rien n’a encore filtré sur les mobiles du crime, le suspect étant toujours interrogé par les policiers.

Esteban Santiago aurait reçu des traitements psychologiques, selon ce qu’a dit son frère à l’Associated Press. Il n’a pas fourni plus de détails sur les troubles mentaux dont le tireur présumé souffrirait.

Congédié pour « rendement insatisfaisant » par la garde nationale de l’Alaska, où il a servi de novembre 2014 à août 2016, il a également été déployé en Irak en 2010.

Branle-bas de combat

Une certaine confusion a régné sur les lieux après que les forces de sécurité eurent rassemblé des voyageurs sur le tarmac de l’aéroport. Des images des chaînes de télévision américaines montraient des passagers marchant en processions sur les pistes, les mains en l’air.

Le calme est revenu plus tard, mais la police a bloqué les lieux, ne laissant aucune personne quitter l’aéroport. D’autant plus que des informations, qui ont été démenties par la suite, avaient fait état de la présence d’un deuxième tireur.

Des policiers, dont des unités tactiques, se sont précipités à l’aéroport, à l’instar des services d’urgence. Des médias ont montré des victimes recevant les premiers soins à l’extérieur de l’aéroport.

Les présidents désigné et actuel des États-Unis se sont tous deux inquiétés de la situation. Donald Trump s’est exprimé par l’entremise d’un tweet, comme il le fait régulièrement.

« Je suis la situation horrible en Floride. Pensées et prières. Faites attention! », indique le gazouillis du président désigné.

Barack Obama s’est pour sa part exprimé sur la fusillade dans une entrevue accordée à ABC News. Il a dit avoir « le coeur brisé » pour les familles des victimes.

« Je pense que nous saurons d’ici 24 heures exactement comment c’est arrivé et ce qui a motivé cet individu », a aussi affirmé M. Obama, déplorant les trop nombreuses fusillades survenues pendant son mandat.

Source : IRC + Associated Press +  Reuters + Agence France-Presse