L’ancien président des États-Unis George H. W. Bush est mort à l’âge de 94 ans, a annoncé tard vendredi soir son fils George W. Bush.

Le 41e président des États-Unis, dont l’unique mandat aura été marqué par la fin de la Guerre froide, la première Guerre en Irak et de nombreux problèmes dans les affaires intérieures du pays, a expiré peu après 22h, vendredi, environ huit mois après le décès de sa femme, Barbara Bush.
«Jeb, Neil, Marvin, Doro et moi avons la tristesse d’annoncer qu’après 94 années remarquables notre cher papa est mort », a déclaré George W. Bush dans un communiqué publié sur Twitter par un porte-parole de la famille. « George H. W. Bush était un homme doté d’une noblesse de caractère et le meilleur père qu’un fils ou une fille aurait pu souhaiter».
Politique étrangère houleuse
Succédant au très populaire président républicain Ronald Reagan, M. Bush est devenu, le soir du 8 novembre 1988, le premier vice-président en fonction à être élu à la présidence depuis Martin Van Buren, en 1836.
Sa victoire, contre le candidat démocrate Michael Dukakis, fut relativement facile. Avec un peu plus de 47,9 millions de voix, M. Bush a remporté 426 des 537 grands électeurs du collège électoral alors que M. Dukakis, avec un peu plus de 41 millions de voix, n’en obtenait que 111.
Par contre, il a dû composer avec un Congrès contrôlé par les élus démocrates (260-175 à la Chambre des représentants et 55-45 au Sénat).
La campagne électorale à la présidence aura été teintée d’un engagement ferme de M. Bush à ne pas augmenter le fardeau fiscal des citoyens avec une phrase célèbre : « Read my lips : no new taxes » (Lisez sur mes lèvres : pas de nouveaux impôts). Au moment de sa prestation de serment, le président s’engage à utiliser la force des États-Unis au service du bien.
En quatre ans, sa présidence aura été associée à plusieurs événements forts de politique étrangère. Il est à la tête du pays lorsque survient la chute du mur de Berlin, suivie par l’éclatement de l’URSS et du bloc des pays communistes. Fin 1989, il autorise une intervention militaire au Panamá afin de protéger les habitants et les intérêts de la zone du canal (sous contrôle américain) contre la menace du président Manuel Noriega. Enfin, il étend au Mexique le premier accord de libre-échange conclu avec le Canada sous Ronald Reagan. L’entente devient l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) que Donald Trump a renégocié depuis et qui est devenu l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC).
Mais c’est surtout la première guerre du Golfe qui marque le passage de M. Bush à la Maison-Blanche. À la suite de l’invasion du Koweït par les troupes irakiennes de Saddam Hussein, le président rassemble une force d’intervention formée de 425 000 soldats américains et 118 000 d’une coalition de nombreux pays. Déclenchée dans la nuit du 16 au 17 janvier 1991, l’opération Tempête du désert est un succès complet en quelques jours. Le taux de satisfaction à l’égard de George H. W. Bush atteint des sommets.
Mais plusieurs problèmes persistants dans les affaires intérieures du pays minent la confiance des électeurs américains. Chômage élevé, augmentation de la violence dans les grandes villes, économie chancelante imputable à des déficits récurrents marquent ses années en poste. Pis encore, le Congrès le force à adopter un budget comportant une hausse des impôts, pulvérisant son engagement à ne pas emprunter cette voie.
À la présidentielle du 3 novembre 1992, Bush est battu par le candidat démocrate Bill Clinton. Il faut dire que la présence d’un autre candidat conservateur durant la campagne, Ross Perot, lui fait perdre bien des votes dans son propre parti. De plus, Clinton, alors gouverneur de l’Arkansas, a su charmer les Américains durant le débat de style town hall et avec sa prestation de saxophone, verres fumés sur le nez, à l’émission d’Arsenio Hall. Et ce, en dépit de deux crises concernant ses infidélités et le fait qu’il a évité de participer à la guerre du Viêtnam.
Une brillante carrière
Né le 12 juin 1924 à Milton dans le Massachusetts, George Bush père connaîtra, avant de devenir président, une brillante carrière dans les affaires et le service public.
Enrôlé dans l’armée américaine à 18 ans, il participe à la Seconde Guerre mondiale à titre de pilote de bombardier. Il effectue 58 missions de combat. Un jour de 1944, son avion est abattu au-dessus de l’île japonaise de Chichi-jima. Il est secouru par un sous-marin américain et sera décoré pour sa bravoure.
Mieux encore, son sauvetage a été filmé par hasard par un membre de l’équipage du sous-marin. Quarante-quatre ans plus tard, durant la campagne présidentielle de 1988, le film a été utilisé par les stratèges républicains pour montrer à quel point M. Bush était un réel patriote.
En janvier 1945, alors qu’il n’a pas encore 21 ans, George H. W. Bush épouse Barbara Pierce. De cette union naîtront six enfants dont l’aîné, George W. Bush, deviendra le 43e président des États-Unis.
En parallèle, M. Bush étudie à l’Université Yale d’où il ressort diplômé en économie en 1948. Il s’installe alors avec sa jeune famille au Texas où il se lance dans les affaires dans le domaine du pétrole.
Sa carrière publique commence en 1963 alors qu’il est élu représentant du Texas au Congrès américain. Il suit en cela les traces de son père, Prescott, ancien sénateur. Par contre, ses deux tentatives de se faire élire au Sénat échouent.
Après la politique viennent la diplomatie et la haute fonction publique. M. Bush sera tour à tour ambassadeur des États-Unis à l’ONU, chef du bureau américain de liaison en Chine et directeur de la CIA de janvier 1976 à janvier 1977.
Après un bref retour aux affaires, il tente de se faire élire candidat républicain à la présidence aux primaires de 1980. Défait, il devient néanmoins le colistier de Ronald Reagan et deviendra vice-président des États-Unis durant huit ans.
Après sa défaite face à Bill Clinton en 1992, le 41e président deviendra consultant et administrateur de certaines entreprises et participera à de nombreux efforts publics pour venir en aide aux victimes de catastrophes naturelles. Il travaillera notamment en collaboration avec son ancien adversaire Bill Clinton pour amasser des fonds au profit des victimes du tsunami survenu le 26 décembre 2004 en Asie du Sud-Est et celles de l’ouragan Katrina en Louisiane le 29 août 2005.
Dans les dernières années de sa vie, le président Bush, qui possédait une immense propriété en bord de mer à Kennebunkport, dans le Maine, a souvent éprouvé des problèmes de santé et a été hospitalisé à plusieurs occasions. En janvier 2017, souffrant de problèmes respiratoires, il n’avait pas assisté à la prestation de serment de Donald Trump comme 45e président.
En 2010, le président démocrate Barack Obama a remis à George H. W. Bush la Presidential Medal of Freedom, plus haute distinction civile des États-Unis, pour son engagement à inspirer le volontariat dans le pays.
Le président Bush a construit sa bibliothèque présidentielle sur le campus de l’Université A&M du Texas.
Source : La Presse + AFP























