Un incendie lors d’une fête dans un collectif d’artistes près de San Francisco a tué au moins 9 personnes, selon les autorités qui craignent que le bilan ne monte en réalité jusqu’à 30 ou 40 morts.

Vingt-cinq personnes étaient portées disparues en milieu de matinée samedi, alors que l’ancien entrepôt où avait lieu la fête restait toujours partiellement inaccessible aux secours.

Les services d’identification se sont préparés pour faire face le cas échéant à un total de «30 à 40 victimes», a précisé aux reporters un représentant de la police locale le sergent Ray Kelly.

«Nous avons beaucoup de personnes manquantes. Nous essayons de nous repérer dans ce chaos», a-t-il déclaré.

Les disparus sont des personnes d’une vingtaine ou trentaine d’années, et certains sont des étrangers, a indiqué la police.

Un centre d’aide aux familles a été mis en place pour collecter les informations sur les personnes manquantes et informer les proches.

Sur les réseaux sociaux et notamment la page Facebook de l’évènement, des proches tentaient de chercher des informations sur le sort des participants à la fête.

Facebook a également annoncé qu’il avait activé le système qui permet à ses abonnés de confirmer d’un clic qu’il sont en sécurité.

L’accès au bâtiment est difficile. La police utilise des drones munis de capteurs thermiques pour repérer les endroits encore chauds et dangereux.

«bric-à-brac»

«Nous entrons lentement (…) tout faux pas peut se traduire par une blessure, ou une chute à travers un plafond, on un objet qui tombe sur nous», a expliqué aux reporters un responsable policier.

L’incendie a éclaté vers 23 h 30 vendredi soir heure locale (2 h 30, heure de Montréal) dans un ancien entrepôt baptisé le «vaisseau fantôme», abritant un collectif d’artistes.

Des dizaines de personnes s’y trouvaient pour participer à une fête dans laquelle se produisait notamment le musicien électronique Golden Donna, alias Joel Shanahan.

Le feu qui n’a été maîtrisé qu’au petit matin «a dû se propager très rapidement», a expliqué la chef des pompiers, Teresa Deloach-Reed aux reporters.

«Le toit s’est effondré et il y a de gros débris qui doivent être enlevés» a-t-elle expliqué.

Lorsqu’ils sont entrés pour combattre le feu, les pompiers ont été freinés par un bric-à-brac de meubles et d’objets artistiques, ont-ils raconté.

«C’était bourré de meubles et d’autres trucs, des collections (…) c’était presque comme un labyrinthe», a déclaré Teresa Deloach-Reed.

La chef des pompiers a aussi mentionné la présence d’une «cage d’escalier artisanale» avec des «palettes» pour accéder au premier étage, où se trouvaient la plupart des victimes.

Il était apparemment «vraiment difficile de s’échapper de ce premier étage», a-t-elle dit.

«Je sentais ma peau peler»

Il semble qu’aucun détecteur de fumée ne se soit déclenché dans le bâtiment pendant l’incendie, et qu’il n’y avait pas d’aspersion automatique, a-t-elle précisé.

Bob Mule, un photographe installé dans le bâtiment, a indiqué qu’il avait tenté d’aider un ami à fuir, avant de renoncer du fait de la violence de l’incendie.

«Je sentais ma peau peler» sous l’effet de la chaleur, a déclaré à la chaîne de télévision le photographe Bob Mule, un familier des lieux à la télévision locale KTVU. «Je n’ai pas réussi à faire marcher l’extincteur».

Les pompiers tentaient d’établir samedi si des personnes vivaient en permanence dans le bâtiment, ou s’il n’était qu’un lieu de travail et de rencontres.

Oakland est une ville de 420 000 habitants située de l’autre côté de la baie de San Francisco, face à la ville du même nom.

Cette ville a longtemps trainé une mauvaise réputation en terme de sécurité, mais elle attire désormais des populations plus aisées attirées par la perspective de loyers plus abordables qu’à San Francisco.

Le 20 février 2003, un incendie déclenché par des feux d’artifice dans une boîte de nuit de West Warwick, au nord-est des États-Unis, avait coûté la vie à 100 personnes, selon le décompte de l’association professionnelle National Fire Protection Association.

Les images de l’époque montraient le feu – déclenché par des étincelles blanches crachées dans le dos des musiciens par des tubes pyrotechniques – se propageant et prenant au piège une centaine de personnes.

Les pompiers avaient estimé que le bâtiment, de bois et de tôle, s’était entièrement embrasé en moins de trois minutes.

L’incendie le plus meurtrier lors d’un spectacle, aux États-Unis, s’est produit en 1903 à l’Iroquois Theater de Chicago. Il avait fait 602 morts, selon la NFPA.

Source : [03/12/2016] AP + AFP + Reuters + EuroNews