Le président par intérim du Pérou, Manuel Merino, s’adresse au Congrès après avoir prêté serment à la suite de la destitution du président Martin Vizcarra, le mardi 10 novembre 2020 | Photo : Reuters

Le président péruvien par intérim Manuel Merino a annoncé sa démission cinq jours après son entrée en fonction.

Le Congrès (parlement) péruvien a entamé dimanche une réunion d’urgence pour tenter de résoudre la grave crise politique ouverte par l’accession contestée à la présidence du pays de Manuel Merino.

« Je veux faire entendre à tout le pays que je présente ma démission », a déclaré le président péruvien lors d’une allocution télévisée, au lendemain de la violente répression des manifestations exigeant son départ et qui a fait au moins deux morts et une centaine de blessés.

Lors de sa prise de fonction mardi, il a affirmé qu’il respecterait le calendrier des prochaines élections générales prévues le 11 avril 2021 et quitterait le pouvoir le 28 juillet 2021, le jour où le mandat de M. Vizcarra devait prendre fin.

« Je veux, comme tout le monde, ce qu’il y a de mieux pour mon pays », a déclaré le président démissionnaire. Son accession à la présidence a déclenché une vague de manifestations à travers le pays.

« Nous devrions placer au-dessus de tout la vie du peuple péruvien », a commenté Luis Valdez, chef du Congrès péruvien, qui prévoit lui aussi de démissionner.

Luis Valdez avait réclamé la « démission immédiate » de Manuel Merino à l’annonce du bilan de la répression contre les manifestants, samedi.

Des milliers d’entre eux, pour la plupart des jeunes de moins de 25 ans, sont de nouveau descendus dans la rue samedi, dans différentes villes du pays, pour exiger la démission de M. Merino et rejeter ce qu’ils considèrent comme un coup d’État parlementaire.

Des manifestations anti-pouvoir au Pérou | Photo : AFP

Le Parlement péruvien avait voté lundi la destitution du président Martin Vizcarra, qui jouit d’une grande popularité, pour « incapacité morale », le chef de l’État étant accusé d’avoir reçu des pots-de-vin alors qu’il était gouverneur en 2014, ce qu’il dément.

Son éviction et l’accession à la présidence de M. Merino, un ingénieur agronome de centre droit de 59 ans jusque-là à la tête du Parlement, ont entraîné des manifestations dès le lendemain.

Source : Reuters + AFP + AP + Radio Canada