Les Ghanéens étaient appelés aux urnes mercredi 7 décembre pour élire, dans un scrutin couplé, leur nouveau président et leurs députés.

Caricature : Donisen Donald / Liberté
Caricature : Donisen Donald / Liberté

En dehors de quelques incidents mineurs de campagne, tout s’est déroulé dans le calme. Habitués au jeu de l’alternance depuis 1990, les voisins de l’ouest attendent avec inquiétude les résultats. Sept (07) candidats étaient en lice pour occuper « Flastaff House », la nouvelle et somptueuse Présidence du pays. Mais en réalité, l’enjeu était entre deux candidats, notamment le Président sortant John Mahama du NDC (National Democratic Congress) et Nana Akuffo-Addo du NPP ( New Patriotic Party) qui n’était pas à sa première tentative.

De nos reporters à Accra, une confusion s’est installée dans la journée d’hier dans le pays pendant que les premiers décomptes donnaient le candidat de l’opposition en tête. Les résultats s’annoncent très serrés, même si au sein du NPP, on célèbre déjà la victoire tout en accusant le président sortant de vouloir changer le vote des Ghanéens par des experts israéliens introduits dans le pays.

Au sein de la Commission électorale réputée très professionnelle et sérieuse, on dément ces allégations et les citoyens sont invités à attendre dans la patience les vrais résultats. Selon plusieurs observateurs, même si la prudence est de mise, le candidat de l’opposition Nana Akuffo-Addo a toutes les chances de remporter ce scrutin dont les résultats s’annoncent étriqués.

Cette nouvelle donne, après celle de la Gambie, serait une pression supplémentaire sur le voisin de l’Est, Faure Gnassingbé, dont le règne familial sur le Togo aura 50 ans le 13 janvier 2017.

L’homme est plus que jamais isolé et devient du coup une curiosité dans l’espace CEDEAO où la donne dans tous les pays rime avec alternance. Ostensiblement hostile à la limitation du mandat présidentiel dans l’espace communautaire, refusant systématiquement les réformes dans son pays depuis une dizaine d’années, accroché à son rêve d’un pouvoir à vie, c’est dans une posture plus que fragilisée qu’il se rendra, le 17 décembre prochain à Abuja au Nigeria, un sommet des chefs d’Etat de la CEDEAO où le sujet sur la limitation du mandat présidentiel risque de refaire surface.

Déjà les diplomates et experts togolais qui préparent les réunions avant l’arrivée des chefs d’Etat sont la risée de leurs collègues de la sous-région dans les différentes rencontres. Comme le disait si bien le regretté Ouyi Tassane dans sa célèbre chanson Rejaki : « Un chef qui n’a pour trône qu’un rocher, et pour royaume un coin dans le maquis, combien de temps restera-t-il caché ? ». Combien de temps alors Faure Gnassingbé restera-t-il accroché à ses ambitions anachroniques pendant que le monde change à une vitesse grand V autour de lui ? Les signes avant-coureurs d’un début de la fin sont plus que jamais tangibles, il faut donc savoir lire la fin des temps pour sortir par la grande porte avant qu’il ne soit trop tard.

Source : Ferdi-Nando, L’Alternative No. 577 du 09 décembre 2016