On peut être d’un parti et critiquer ses méthodes, c’est un droit, un devoir même. Mais ceux qui pensent qu’au Togo on peut n’être ni du parti au pouvoir, ni de l’opposition, sont des faux, au propre comme au figuré.

Au sujet des réformes, deux citoyens investis de quelque pouvoir se sont prononcés à leur façon. Payadowa Boukpessi, ministre s’est permis ceci : « La meilleure solution et la plus simple était que le débat se déroule à l’Assemblée nationale, là où sont rassemblées les formations dont les représentants ont été élus par le peuple. C’est aussi un gage d’efficacité et de rapidité ». L’autre, Awa Nana y est allée ainsi : « Si les leaders de l’ANC ne veulent pas participer aux débats, nous ne pourrons pas les y obliger ». Que percevoir à travers ces deux sorties si ce n’est pas de la mauvaise foi et du mépris ?
A la juriste, on veut rappeler que même en comptant avec les fraudes du parti lors de la présidentielle et des législatives, ce sont des centaines de milliers de Togolais qui incarnent ce parti. Et lorsqu’elle se permet de tels propos, on se demande si elle mérite vraiment l’habit de médiateur de la République dont on l’a affublée.
Pour Payadowa Boukpessi, on ne doit pas être surpris, l’homme ayant été allaité au biberon du parti depuis des décennies. On veut juste lui rafraîchir la mémoire et dire qu’on sait le sort qu’il réserve à ce projet de réformes. Cette Assemblée nationale dont il parle, n’est-ce pas la même qui s’est autorisée de rejeter un projet de loi déposé par le régime ? Lorsqu’il emploie des termes comme « efficacité » et « rapidité », c’est tout à son déshonneur. Car le vrai terme approprié pour sortir le Togo des sentiers battus, c’est « la bonne foi », un jeu de mots méconnu par le régime. Croit-il que si son mentor décide d’opérer des réformes pour faire avancer politiquement le pays, l’opposition va refuser ? Encore un rappel utile, tous les chefs d’Etats de la CEDEAO avaient fait état de leur bonne foi en proposant à Accra une limitation des mandats présidentiels et des scrutins à deux tours. Qui s’y est opposé à part l’autre plaie gambienne qui prétend guérir le Sida ?
Si tous les citoyens décidés à faire bouger les choses se donnaient pour mot d’ordre de s’aligner sur la position de l’ANC sans pour autant épouser ses méthodes, comment Awa Nana pourra-t-il s’y prendre pour remplir la salle des débats ? Les gens pensent qu’ils sont les seuls détenteurs du pouvoir, oubliant qu’avant eux, il y a eu Mussolini, Hitler, Franco, Napoléon. Comme quoi, la nuit est longue, mais le jour vient.
Source : Liberté























