Dimanche dernier était jour de Pâques, et les chrétiens célébraient le 1983ième anniversaire de la résurrection du Fils unique de Dieu, celui qu’il a envoyé sur la Terre pour laver nos péchés gargantuesques et que les « stanmina » (les méchants types) n’ont pas laissé faire son travail.

Généraux Mawulikplimi Améyi (g) et Etienne Eyadema | La Nouvelle
Généraux Mawulikplimi Améyi (g) et Etienne Eyadema | La Nouvelle

En fait, cette fête n’est plus l’exclusivité des chrétiens ou plutôt des amis de l’église, ces gens qui tiennent juste à porter de beaux habits et faire « m’as-tu vu, je vais à l’église » dans le quartier les dimanches et revenir commettre des péchés incommensurables. C’est tout le monde qui la célèbre, même ceux qui « musulment » et ceux –là qui font « fiètè-fiètè ». Même les gars qui ont appris à tirer et faire « tuage » de leurs semblables la célèbrent.

Dimanche dernier justement, les « sodja » togolais aussi ont marqué l’événement à leur manière. Eux ils n’ont pas fait chemin de croix et dansé « éfon yéééé, éfon yééééé, alléluia éfon yééé » au bruit des tambours et avec des mouchoirs blancs. Ils ont plutôt organisé à cette occasion une messe anniversaire en la mémoire du Général…Mawulikplimi Améyi, qui a traversé l’autre rive le 25 mars 1993.

C’était en quelque sorte le thème de la célébration de la Pâques chez eux quoi. La messe a été dite par l’aumônier, le Révérend-Père Joseph Dzokpey des Forces armées « gnassingbélandaises ». Les « sodja » ont donc voulu rendre hommage à un grand officier de l’armée qui a passé l’arme à gauche. Mais là là, nous on a peur que celui qui a pris cette initiative et choisi qu’on rende hommage à Améyi en lieu et place du DG, PDG et PCA de l’armée togolaise, Eyadema 1er, n’ait des problèmes.

Comment pouvait-il laisser le vaillant sergent Etienne Eyadema qui avait eu la bravoure et la dextérité de zigouiller d’un seul tir tendu le Père de l’Indépendance et premier et seul président démocratiquement élu du Togo, Sylvanus Olympio ? Ce qui est gravissime, c’est que de jeunes officiers militaires ont salué à l’unanimité la grandeur et la bravoure dont aurait fait preuve le Général Améyi de son vivant et le peignent comme un exemple qui doit inspirer les hommes en arme dans l’exercice de leurs missions de défense du territoire.

Qu’est-ce que ce « Ahouna » (sudiste) d’Ameyi a fait à l’armée togolaise pour hériter un tel hommage, comparé au père de quelqu’un ? Ne dit-on pas que l’armée « gnassingbélandaise » a été façonnée à l’image du « Baobabier » de Pya Haut ? Ou bien le galonné qui a organisé cette messe-là, c’est un opposant dans l’armée de Gnass ? A César ce qui est César et à Eyadema ce qui est à Eyadéma !!!

Source : Liberté