« Chassez le naturel, il revient au galop », nous enseigne la maxime philosophique. Le chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé malgré qu’il soit l’incarnation d’un « esprit nouveau » possède encore dans ses gènes certains traits et habitudes de l’ancien parti de son défunt père, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) qu’il a hérité.

L’une des habitudes héritées réside en l’apologie des retraités. C’est-à-dire avancer avec les mêmes personnes qui ont eu à faire leurs preuves par le passé et qui reviennent aux affaires quelques années plus tard par mépris aux règles du transfert des compétences et expériences. C’est justement ce que le chef de l’Etat a encore fait en nommant deux vieux briscards à la HAAC. Les mauvaises habitudes de la maison RPT-UNIR ont vraiment la vie dure, très dure d’ailleurs.
Le chef de l’Etat Faure Gnassingbé, après avoir cherché, fouillé et bêché, a fini par dénicher d’ « éminents » retraités pour étoffer l’effectif de l’institution de régulation de la presse au Togo : la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC). Si dans les officines de sa formation politique (T-UNIR), ce fait immonde et répugnant est resté sans importance, au sein de l’opinion publique par contre, il s’agit purement et simplement d’une insulte à l’endroit de l’élite togolaise, surtout des jeunes cadres dudit parti. Celui qui dit incarner l’esprit nouveau, le voici faire la promotion de la vieille garde au détriment d’une jeunesse qui se cherche.
En effet, après trente (30) ans de service, tout fonctionnaire d’Etat doit-être admis à la retraite conformément au code du travail qui régi l’administration togolaise. Et pourtant, le garant des textes et lois, Faure Gnassingbé a trouvé qu’ils sont encore utiles pour servir pendant que des jeunes attendent pour faire leurs expériences. Alors contre vents et marrées, et violant les dispositions du code de travail dont il est le premier garant, Faure Gnassingbé faits sortir de leur cachot Pitang Tchalla et Komlan Agbeka qu’il gratifie en les nommant à la HAAC, tout comme si, au sein de la formation politique qu’il a l’insigne honneur de diriger, on n’a pas opté pour le transfert des compétences, expériences et connaissances. C’est ainsi qu’il faut concevoir le retour aux affaires de Pitang Tchalla et de Komlan Agbeka, deux vieux briscards qui ont fait leur temps et qui sont admis à la retraite.
Est-ce pour service rendu par le passé qu’ils reviennent aux affaires à un poste aussi juteux comme c’est la pratique au RPT-UNIR? Certainement puisque rien ne justifie la nomination de ces vieux briscards. C’est une vérité indéniable que l’un des deux est plus compétent, professionnel et mature que l’autre plus zélé et imbu de sa personne. Mais dans tous les cas, rien ne justifie leur nomination puisqu’ils ont été admis à la retraite depuis des années. A moins que le parti au pouvoir manque d’hommes compétents en la matière. Un choix qui laisse d’ailleurs perplexe plus d’un et qui fâche au sein du RPT-UNIR, même si on ne le dit pas tout haut. Les gens, et surtout la jeunesse montante de ce nouveau-vieux parti n’osent pas manifester hautement leur indignation de voir leur président fondateur passer à côté du casting des personnalités capables de représenter le pouvoir RPT-UNIR et de défendre comme un sourd, des intérêts perdus.
Le casting aura peut-être été difficile pour le chef de l’Etat Faure Gnassingbe, qui jusque-là trompe, tambourine et bourre les oreilles des populations togolaises avec sa fameuse « Politique de promotion de la jeunesse ». Ou peut-être que l’on se trompe sur ce que le président fondateur du RPT-UNIR met dans « Politique de promotion de la jeunesse ». Sinon, comment comprendre qu’avec tous ces talents qui se ventent au sein de ce parti, que ce soient encore Pitang Tchalla et Komlan Agbeka qui soient commis, pour représenter le pouvoir à la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC).
Ou soit, la famille politique du RPT-UNIR manque de têtes bien faites et matures, ou soit l’esprit nouveau a du mal a changé l’équipe qui gagne. Qu’est-ce qui peut au juste justifier le choix ou la nomination par le chef de l’Etat Faure Gnassingbe de vieux briscards que sont Pitang Tchalla et Komlan Agbeka qui, après 30 ans de service, étaient admis à la retraite ? Où se trouve donc l’effectivité de la « Politique de promotion de la jeunesse » ? Démagogie, quand tu nous tiens !
Pour mémoire, le constat avait déjà été fait à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) où le parti avait remplacé, à quelques jours seulement de la présidentielle d’avril 2016 et ce, sans raisons valables, des « Jeunes » par des caciques du pouvoir, de véritables vétérans, ceux-là même qui pendant des années ont travaillé sous le régime du défunt père et dont certains ont été récompensés plus tard par leur nomination comme ministre dans le gouvernement du fils Faure Gnassingbe. L’esprit nouveau les reprend avec lui. Les cas des ministres Payadowa Boukpessi et Marc Bidamon Dèdèriwè en sont révélateurs d’une nomination qui rime à un merci pour service rendu à un homme et non à une Nation.
Ces deux ministres, avant leur entrée au gouvernement avaient été envoyés à la CENI, rien que pour foutre le bordel. Et ils ont vraiment foutu le bordel. En témoignent les échos provenant du siège de la CENI à l’époque qui indexaient certains membres qui ont passé tout leur temps à menacer, intimider et à prononcer des paroles incantatoires à l’endroit de leurs collègues de l’opposition mandatés par le Combat pour Alternance Politique en 2015 (CAP 2015).
Ces messieurs du pouvoir ont fait feu de tout bois pour renvoyer de la CENI, ceux qu’ils considéraient comme étant des pestiférés ou éléments encombrants, gênants qui n’ont pas voulu accepter la forfaiture orchestrée par le pouvoir et l’armée. Cette manière de faire de ces vieux pépés de UNIR, s’appelle dans le jargon dudit parti : « Politique de promotion de la jeunesse ». Reste maintenant le transfert des compétences et savoirs axé sur le vol, le pillage des ressources, le mensonge et la forfaiture.
A transmettre bien sûr à la génération montante qui a du mal à avancer dans le même sens que leurs aînés. Ce qui sous-tend leur retour aux affaires. Si la même scène se reproduit donc à la HAAC où, pour une fois dans l’histoire, un contrepoids parfait est injecté dans la danse pour équilibrer la balance, ce ne peut-être un jeu de hasard. Il faut y voir des idées noires du pouvoir RPT-UNIR, surtout que le pays est actuellement en pleine effervescence, en plein débat sur la décentralisation et l’organisation des élections locales. Débat déjà marqué par une violation flagrante de la constitution togolaise dans les approches mises en scelle par la formation politique du chef de l’Etat même.
Faure Gnassingbé, entre démagogie et réalité sur le terrain
Depuis que Faure Gnassingbé a pris les rênes du pouvoir par la force, c’est-à-dire contre la volonté du peuple souverain, la seule nouveauté apportée dans le casting de l’équipe de représentation de sa formation politique RPT-UNIR, a été les hommes ramenés de nulle part par l’ancien premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo. Tout comme ces parvenus, Gilbert Fossoun Houngbo lui-même a débarqué aussi du système Onusien et est venu noyer ses compétences dans les tares d’un parti qui ne veut pas avancer et renouer avec la modernité. Conscient du sens profond du respect de la responsabilité humaine, Gilbert Fossoun Houngbo, en gentleman avisé, n’avait d’autre choix que de déposer sa démission comme il l’a fait parce que sentant son incompatibilité avec la façon de gouverner au Togo.
Et surtout avec des gens qui n’ont aucune culture de la notion d’Etat. Les sieurs Pitang Tchalla et Komlan Agbeka sont donc issus de ces vieilles matières fécales que le pouvoir lui-même avait largué il y a plusieurs années. Leur retour aux affaires aujourd’hui doit vivement interpeller ces jeunes paresseux qui s’agitent et défendent bec et ongle la violation, le pillage, la gabegie, le népotisme que leur parti RPT-UNIR promeut à longueur de journée. Sinon, à cette allure, des morts seront ressuscités pour renforcer le système qui semble torpiller les jeunes pour alimenter de vieux briscards comme c’est le cas actuellement avec ces nouvelles nominations. Surtout que ces jeunes refusent de prendre conscience de l’état de décrépitude et de déconfiture avancé dans lequel le pays est en train d’être plongé.
La vieille garde est de retour aux commandes. L’esprit nouveau au lieu d’avancer avec la jeunesse, a préféré la continuité dans la médiocrité avec des vieux briscards. On prend les mêmes et on recommence avec les mêmes pratiques obsolètes. Ainsi va la République.
Source : [31/05/2016] Idelphonse Akpaki, La Gazette du Togo























