Le Bénin est une démocratie. C’est incontestable. Le pays a conforté cette vitalité démocratique à travers le second tour de l’élection présidentielle qui a vu la victoire de l’homme d’affaires Patrice Talon face au Premier ministre Lionel Zinsou qui, sans même attendre la fin du dépouillement des votes, a salué la victoire de son adversaire. Un fair-play politique rare sur le continent.

Le nouveau président béninois veut consolider la démocratie dans le pays en instaurant un mandat unique. Et dire qu’ailleurs, certains multiplient les mandats présidentiels sans discontinuer ! Après avoir mis le bistouri dans la Constitution de leur pays, ces hors-la-loi-fondamentale s’opposent énergiquement à la limitation du mandat présidentiel.
«Les volontés faibles se traduisent par des discours ; les volontés fortes par des actes» (Gustave Le Bon)
Pour Patrice Talon, c’est la quête du deuxième mandat qui empêche la réussite du premier. « Mieux vaut une succession de mandat unique réussi, même moyennement, que des doubles mandats calamiteux en général », a-t-il plaidé. Ce fut l’une de ses grandes promesses de campagne. Il a réitéré son engagement à n’exercer qu’un seul quinquennat lors de son investiture hier au stade Charles de Gaulle de Porto Novo. «Je ferai de mon mandat unique une exigence morale en exerçant le pouvoir d’Etat avec dignité et simplicité. Je m’acquitterai de mes devoirs de Président de la République avec humilité, abnégation et sacrifice pour le bien-être de tous », a déclaré Patrice Talon.
Pour marquer véritablement la rupture, le nouveau président béninois s’est voulu sobre dans la cérémonie d’investiture. Aucun chef d’Etat étranger n’a été invité. Une première pour une cérémonie de ce genre. Patrice Talon a annoncé les priorités de son mandat unique. « Je m’emploierai à faire de ce mandat un instrument de rupture et de transition devant aboutir à la mise en place des grandes réformes politiques et institutionnelles que nous avons tous appelées de nos vœux », a-t-il dit. Il s’engage aussi à rétablir l’Etat de droit, à travailler à promouvoir une justice indépendante, à faire en sorte que la compétence soit le seul critère de recrutement dans les sociétés et entreprises d’Etat. «Je suis déjà prêt, maintenant et tout de suite. Ensemble nous vaincrons la fatalité ; j’y crois ; nous avons tout pour réussir», a assuré le nouveau président.
Cinq ans, pas plus, c’est le temps nécessaire que se donne Patrice Talon pour engager les réformes politiques, la relance économique, la lutte contre la corruption, etc. Avec la volonté politique, rien n’est impossible. Comme le dit si bien le proverbe chinois, la volonté permet de grimper sur les cimes.
C’est cette volonté politique qui manque cruellement au voisin de l’ouest 2005, à des engagements qui devraient permettre de consolider la démocratie, la réconciliation nationale et la paix sociale. Mais depuis 11 ans, c’est le statu quo, les réformes étant rangées dans les placards. Si Faure Gnassingbé pouvait prendre exemple sur Patrice Talon, c’est le Togo qui gagnerait.
Source : Médard Amétépé, Liberté























