Il y a de ces leaders politiques togolais qui ne prennent jamais d’initiative dans l’intérêt du pays, mais qui sont à l’affût des autres et attendent qu’ils posent des actions pour tenter de tout démolir.

« Si aider les autres vous paraît trop difficile, essayez au moins de ne pas leur nuire » (Dalaï Lama)
Il a fallu que les partis regroupés au sein du CAP 2015 annoncent une manifestation pour le samedi 21 main prochain pour que certaines formations politiques se réveillent de leur léthargie. Des partis qui ne représentent absolument rien dans le microcosme politique togolais, mais qui donnent plus de la voix, font leur « mazin-mazin » (one-man-show).
Un défenseur des droits de l’Homme affirmait que son association compte plus de membres que les militants de ces mouvements politiques. Et il n’a pas tort. Il confirme l’adage populaire selon lequel ce sont « les tonneaux vides [qui] font le plus de bruit ».
Certains de ces opposants-torpilleurs, au lieu de continuer la lutte au sein de leur parti pour la conquête du pouvoir, préfèrent traîner leur bosse dans les manifestations officielles du pouvoir ou gambader dans la cour du roi. Ce sont curieusement eux qui se muent en donneurs de leçons.
On comprend difficilement que la manifestation annoncée par le CAP 2015 pour exiger la mise en œuvre des réformes constitutionnelles et institutionnelles ainsi que l’organisation consensuelle de la décentralisation, gages de la démocratie, d’un Etat de droit, d’un Togo libre et prospère, puisse démanger et déranger certains. Qu’est-ce que les gens veulent à la fin ?
Même si on n’est pas d’accord avec la démarche de l’autre, le bon sens aurait voulu qu’on reste dans son coin et regarde faire, surtout qu’on dit vouloir lutter pour la même cause, au lieu d’organiser un tapage médiatique pour se donner une importance qu’on n’a pas. « Nous pensons que nous n’avons pas encore brisé les voies de dialogue avec le pouvoir pour s’offrir le luxe de jeter l’opposition dans les rues », a déclamé Agbéyomé Kodjo. Et son « Agbassivi » (homme lige) Gerard Adja d’embrayer : « Nous osons espérer que les partis parlementaires qui ont rejeté, il y a un an, un projet de loi introduit par le gouvernement fassent une légère modification d’une autre proposition de loi et la déposent à l’Assemblée nationale pour voir s’il y aura débat. Il n’y a pas eu au préalable cette démarche et on dit qu’on veut aller marcher. Pour nous à OBUTS, s’il n’y a pas cette démarche, nous ne nous inscrivons pas dans cette logique de descendre dans les rues, histoire de faire pression sur le gouvernement ».
De quoi je me mêle ? Organiser une conférence de presse comme l’a fait Agbéyomé Kodjo juste pour fustiger la manifestation du 21 mai annoncée par le CAP 2015, est totalement absurde.
Depuis cette affaire d’un siège au parlement réclamé sur un plateau d’or en 2013 par OBUTS et qu’il n’a pas obtenu, toutes les décisions de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) sont systématiquement critiquées par l’ancien Premier ministre. Depuis lors, ses diatribes et venins sont dirigés exclusivement contre Jean-Pierre Fabre et l’ANC. Il avait vivement félicité Faure Gnassingbé pour sa brillante réélection, pour ne pas dire qu’il s’est réjoui de la défaite de Jean-Pierre Fabre. Il a dénié à celui-ci le statut du chef de file de l’opposition. Aujourd’hui, c’est la manifestation annoncée qui est vertement critiquée. Ce faisant, Agbéyomé Kodjo donne raison à ceux qui pensent qu’il est un opposant dans l’opposition.
Source : Médard Amétépé, Liberté























