Ne riez pas, on est très sérieux. Agbeyomé Kodjo est notre meilleur ami ici à Liberté, n’en déplaise à Jean-Pi qui devrait penser être l’élu de notre cœur. La preuve que le « prégodent » de l’Obus, pardon, l’Obuts, Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire est notre plus grand pote, il nous a adressé un droit de réponse aux allures d’une déclaration d’amour. Il ne manquait que des fleurs de dessinées en bas de page pour l’apothéose.

Agbéyomé Kodjo | Infog : 27avril.com
Agbéyomé Kodjo | Infog : 27avril.com

Bon, on exagère un peu ; on veut juste dire que le gars a été superbement courtois, tellement que nous-mêmes on s’est dit qu’on doit s’insulter. Tchié, on croirait que le « Tokplilais » est entre-temps devenu ambassadeur de la paix mondiale, prix Nobel de la paix, pacificateur. Pour ce droit de réponse, tout ce qu’on a regretté, c’est qu’il ait été publié sur les réseaux sociaux avant de nous être adressé. On parie que c’est l’araignée qui l’a trompé ; sinon Agbey qui est le plus talentueux des « zopposants » togolais, plus intelligent même que les dictionnaires Petit Robert et Larousse Illustré grand format réunis, ne peut pas commettre cette maladresse de faire publier le droit de réponse sur Whatsapp avant de nous l’envoyer. Ah, il parait que c’est le décalage horaire qui a fait qu’on l’a réceptionné avec des heures de retard.

Les gens doivent s’étonner que ce droit de réponse nous fasse tant « enjailler » (jubiler). Si seulement ils « savaissaient » ?! Nous-mêmes on sait de quoi on parle. D’habitude, quand le gars se fâche et décide de nous adresser un droit de réponse, nous-mêmes on en prend pour notre grade. Eh, les insultes sortent sur nous parfois comme des boutons et on a même honte de sortir en public. Aviyomé doit avoir fréquenté dans la même école que Fo Nico. Les insultes, pardon, les mots épicés, ça pleut seulement. On l’aime parfois à travers ses droits de réponse, parce que cela nous aide à connaitre de nouveaux mots que Monsieur Kpomblékou n’avait pas pu nous enseigner au collège avant que l’année n’arrive à son terme.

N’en déplaise à Jean-Pi, Agbey est notre meilleur ami. Appréciez vous-mêmes à travers cette sélection de passages issus de ses droits de réponse à nous adressés de par le passé : « Un vulgaire et prétentieux diseur de Phébus, a cru devoir commettre un alignement amphigourique serti de pédanterie brouillonne, poubellière, ordurière et chiffonnière » ; « J’ai fait lecture du contenu de ce galimatias ankylosé, qui procède d’une scribouille confuse en diable, rebattue, pompeuse et tordue » ; « Sur la forme, j’ai perçu une bourride fortement méphitique qui exhale des effluves douteuses et reflète un piètre exercice de brassage d’air » ; « un pronunciamiento vulgaire et crapoteux » ; « infâme « dazibao » » ; « galimatias » : « Factuellement, celui qui en ce médiocre exercice [d’auto-contemplation] a cru pouvoir se répandre en écumes mille fois ânonnées par tant et tant d’autres « blablateurs » doit très utilement retenir… » ; « Les délires d’un petit télégraphiste » ; « Pour combler son incompétence, un marchand de ragots a fait répandre un licencieux factum » ; « L’auteur de cet indigeste salmigondis a cru pouvoir étaler un alignement de balivernes généreusement serties de charabia dont la lecture pour le moins ardue, provoque au mieux, le tournis, au pire, de violentes céphalées ! » ; « Le roboratif galimatias que propose [notre] scribouillard de service à ses lecteurs (à supposer que ce monsieur ait des lecteurs) ne saurait être apprécié autrement que de gribouillis ennuyeux d’un barbouilleur rongé de fiel et bouffi d’ignorance ». Bonne digestion !

Source : Liberté