Couronner de lauriers le parcours du PUDC

La surprise ne s’arrête pas là, deux semaines plus tard, le PNUD soutient le Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC) au Togo lors de la visite du chef de l’État togolais, Faure Gnassingbé, à New York à l’occasion de la célébration des 50 ans de cette institution.

la calamite Victoire-Tomégah-Dogbé
La ministre «2×5» Victoire Tomégah Dogbé | Photo : Republicoftogo

Les 258 millions de dollars américains alimenteront un programme qui sera exécuté sur la période 2016-2018 et qui comprend quatre volets majeurs : le développement des infrastructures socio-économiques de base, le renforcement des capacités institutionnelles des acteurs nationaux et locaux, le développement de l’entrepreneuriat rural et la création d’un système de géolocalisation des infrastructures.

Le PUDC cible les populations rurales et semi-urbaines vulnérables et prévoit, indique le PNUD, « d’améliorer l’offre des services sociaux de base et d’impliquer les populations dans le développement économique et social de leur localité ». De sa création au vote du budget pour aboutir aux financements du PUDC, il y a des raisons crédibles à se demander si une certaines complicité existent entre le PNUD et l’autorité togolaises ? Si c’est une complicité gagnante tan mieux, sauf que sur le terrain les résultats se font souvent désirer.

Les gros sous réveillent toujours les gros appétits, sans doute comme les autres projets, des dispositions tronquées seront encore prises pour gérer, encore une fois à coup de tintamarre, ces fonds au détriment des populations bénéficiaires.

Nous nous sommes juste amusés à vous ouvrir un petit pan des mille et une réalités que vit l’argent du contribuable, surtout les sous qui proviennent des projets financés par les partenaires qu’on dit assez regardants.

La surprise n’est pas dans le fait qu’un bailleur ait donné de l’argent à notre pays, c’est au crédit de notre population normalement. Mais le ver est dans le fruit par rapport à la gestion des fonds. Dame Victoire Simédého Marie-Noëlle Dzidudu Tomégah-Dogbé, si elle continue de servir si bien ses utilisateurs, devient tous les jours un souci public en plus de sa gestion déhanchée des fonds alloués aux multiformes départements qu’elle gère.

Il importe de rappeler que dans les dossiers les plus sales où des hommes de piètre moralité sont en difficulté, il n’est pas rare, ces derniers moments surtout, de la voir au chevet de ceux-ci pour les tirer d’affaires. Il faut seulement rappeler l’affaire des tilapias, la récente affaire Menard et bien d’autres que notre rédaction a traité. Quand des gens sans foi ni loi se noient, on voit la dame en bouée de sauvetage.

La plupart des projets financés à gros sous, commencent à grand bruit pour s’éteindre sur un même constat, l’échec. Nous savons comment Dame Victoire Dogbé, devenue comme par enchantement incontournable dans ma gestion des grands budgets, joue un rôle capital dans la gestion de ces fonds qui arrivent des partenaires. Toujours à cheval entre plusieurs fronts, le théâtre est en cour dans la mise en œuvre. Mais la réalité des populations refusent de changer et on se demande à quoi servent ces investissements dont une bonne partie passe par le chéquier de la directrice de cabinet et ministre du développement à la base.

Ce n’est pas le moment d’énumérer la ribambelle de projets qu’elle gère. Tout ce mélange de genre dans la gestion des fonds alloués ont une seule raison, l’absence des élections locales. Faute de ces élections, la dame a le temps de boire jusqu’à la lie l’eau bénie dans laquelle elle est tombée avec la gestion des mille et un projets qui s’accompagnent de lourds financements. Tout ceci, comme si les fonds réservés au cabinet budgétivore qu’elle traine ne suffisent pas. En rappel, son cabinet ministériel a géré en 2014 15,753 milliards, en 2015 29.026.817 CFA et il gère présentement 22.720.894 FCFA pour l’année en cours. Referez-vous à la page 67 du budget.

La fille de la grand-mère ?

Après que le tristement célèbre Office Togolais des Recettes (OTR) ait mis fin à la gestion villageoise de Dame Ingrid qui se comportaient comme la petite fille de la vieille, observée de près, c’est Dame Dogbé qui est devenu la petite fille à tout faire auprès de la vieille. La différence est que la première a géré les fonds des impôts, la seconde gère les fonds des projets. Ayant eu une place de choix dans le généreux cœur de la vieille, c’est la petite fille qui joue les meilleurs rôles, elle est présente dans les secrets de la cuisine et naturellement, c’est elle qui racle toutes les marmites, elle sert la vieille et tire son épingle du jeu si parfois elle ne se réserve pas les meilleurs morceaux.

A moins que ce soit ce genre de situation qui se présente, qu’est-ce qui justifie qu’elle soit au four et au moulin dans tous les programmes à gros sous. Hasard de calendrier pour une directrice de cabinet ? Quel bilan la dame fait actuellement de ses mille et un projets ? La route de l’enrichissement au Togo, passe par les connivences à la base. Et les connivences, le Ministère du Développement à la Base, de l’Artisanat et de l’Emploi des Jeunes en regorge. La dame a des arguments béton sur toute la ligne pour, surtout, apprivoiser l’argent des bailleurs de fonds étrangers même si cela doit coûter des incongruités.

Celle qui a pris l’habitude de courir fermes et hameaux avec de l’espèce trébuchante derrière la voiture au point de donner libre champs à l’entourage, même aux chauffeurs, de multiplier les villas dans la capitale, estime que les bonnes choses, il ne faut jamais les abandonner en si bon chemin à moins qu’elles ne vous quittent d’elles-mêmes. Encore que la dame a tout un parterre de courtisans à satisfaire et peut-être une hiérarchie qui compte sur son sens élevé de la protection des intérêts anonymes.

Les dirigeants togolais

Ils sont des plus légers que la région recense. Au même moment, ils font du pouvoir une fixation, un héritage familiale compartimenté entre des réseaux qui n’existent que par des ententes vicieuses et des complicités. Des gens qui ont pris en sandwich une économie sur un angle qui étouffe. Une économie qu’ils n’arrivent pas à faire survivre car tout ce qu’ils thésaurisent pour eux seuls stagne et ne produit aucune richesse. Des messieurs résautés en bandes d’intérêts qui se comportent devant le bien public comme des pêcheurs face à une baleine aux larges.

Faure Gnassingbé ou la décennie perdue au Togo | Photo : RT
Faure Gnassingbé ou la décennie perdue au Togo | Photo : RT

Quand un pays atteint ce comportement toutes, les initiatives publiques échouent. Une race qui a du mal à distinguer ses biens, des biens publics à tel point que dans l’opinion publique, diriger un poste juteux, c’est se faire ouvrir la caverne d’Ali Baba où aucun excès n’est criminalisé, c’est être invité à table. Le pays s’appauvrit, des individus s’enrichissent, la population croupit dans la dèche, les services publics avec. Ainsi va la République. Peu importe si la Nation a disparu, l’instinct de conservation des premiers responsables a pris le dessus, ils ne sont plus en lutte pour un quelconque développement si ce n’est pour se maintenir. Que peut-on attendre d’un pays à ce stade ? Tout est hésitation et à l’allure où on évolue, avec cette politique des terres brûlées où la population est le cadet des soucis, à moins d’un miracle, tout risque de se planter comme un outil informatique envahit de virus.

Quand une Nation franchit ce stade, bonjour les dégâts

N’attendez alors aucun miracle du magistrat dans la lutte contre la corruption, aucun miracle de l’agent de la force publique, aucun miracle des fonctionnaires au bureau. La corruption deviendra du coup le vice le mieux toléré, peu importe les discours, les vices têtus telles que la corruption, il n’y a que les actes pour les combattre. A l’école, l’élève va commencer par confondre la triche à l’excellence, le candidat à l’examen va confondre le vrai et le faux diplôme, le fonctionnaire sa ligne budgétaire de celle de l’État. Pour faire semblant contre la corruption, le PR donne sporadiquement quelques ordres d’arrestation contre les petits poissons pour des cas de malversations mineures isolées pendant que d’en haut, les vrais scandales ronflent dans les oreilles des populations.

A ce stade les dirigeants ne pourront donner que des ordres, ils se sont trop compromis pour donner des exemples. Or, dans les États normaux, le sommet donne l’exemple et non les ordres. Le bon dirigeant, nous l’avons souvent répété, n’est pas celui qui donne les ordres mais l’exemple. Les Togolais n’ont plus rien à se partager et ils n’ont pas de raisons à s’entre-déchirer. Quand on atteint ce stade, c’est d’en haut que le tissus social risque, un petit matin, quand on s’attend le moins, de se déchirer.

Pendant que dans le bas peuple tout le monde fait la politique de ses moyens, en haut, ils sont tous ou presque habitué au caviar, aux meilleurs champagnes. Au même moment, dans la manipulation des sous, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne pourtant chacun croie avoir les mêmes droits. Des réseaux parallèles d’intérêts et surtout d’enrichissement illicite commencent par proliférer, ensuite ils se disputent des zones et deviennent des adversaires à vie. Tout ceci dans un environnement où, faute d’une autorité morale respectée, tout ne tient qu’à une étincelle. Nulle part au monde, il n’a été possible de comploter contre un peuple.

Source : [07/04/2016] Izotou Abi-Alfa, Le Rendez-Vous