« Que peut-on attendre de positif pour son peuple de la part d’un tel dirigeant, de ses réunions-propagande et de ses « dialogues » de sourds ? » – Kofi Yamgnane
« En dehors des pays qui sont en guerre, je n’ai jamais vu un pays qui aime autant le dialogue que le Togo », disait un acteur politique togolais. Cette assertion se vérifie avec le énième cadre de discussions initié par le Haut-commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale (HCRRUN).

Beaucoup de Togolais, tirant leçon des différents dialogues avec les terminologies diverses, colloques, commissions, assises, ateliers, etc. organisés dans le pays sans résultats probants, sont sceptiques quant à l’aboutissement heureux de l’atelier de réflexion et d’échanges sur les réformes politiques et institutionnelles qui se tient actuellement à Lomé.
Sous les Gnassingbé, ce sont les dialogues qui manquent le moins. En la matière, le père et le fils ont battu le record sur le continent et même dans le monde. Quand ils semblent acculés, le dialogue devient leur parade qui leur permet de bluffer l’opinion. En 1999, Gnassingbé père, sous pression, avait promis devant le président français Jacques Chirac qu’il quitterait le pouvoir au terme de son mandat pour aller se reposer. Mais sa « parole de militaire », comme il l’avait appelée, ne l’avait pas empêché de tripatouiller la Constitution pour se représenter à vie.
En 11 ans de règne de Faure Gnassingbé, une multitude de rencontres avaient été initiées avec la classe politique togolaise. Comme son géniteur qui avait réussi à tourner en bourrique ses opposants et le peuple togolais pendant 38 ans, Faure Gnassingbé tente par des simulacres de dialogues d’enfariner le peuple.
En difficulté à la suite du pouvoir acquis dans le sang en 2005, le Prince s’était engagé à travers l’Accord Politique Global (APG) à engager les réformes constitutionnelles et institutionnelles, gages d’un Togo démocratique et prospère. Et quand cet accord lui a permis de légitimer son pouvoir, il a fait décréter par ses missi dominici sa caducité.
Les différents dialogues initiés sous le père comme sous le fils, ont toujours débouché sur des accords qui n’ont jamais été respectés. A quoi sert-il de faire les dialogues si les accords ou les recommandations qui en sont issus ne sont pas appliqués ? Le clan qui a pris en otage les Togolais depuis une cinquantaine d’années, n’a aucun sens de l’honneur, de l’éthique ni de la dignité.
Certains observateurs exigent la présence de Faure Gnassingbé à la table de négociation. « Si reprise de dialogue il doit y avoir au Togo, cette étape ne serait pas franchie sans que Faure Gnassingbé lui-même ne soit à la table de négociation, pour tout le temps que cela va durer. Fini donc ces rencontres où les délégués du pouvoir togolais, ne disposant en réalité d’aucun mandat à s’engager, finissent d’ailleurs par faire du simple présentéisme en refusant même de parler parfois », recommande le compatriote Pierre S. Adjété.
Autrement, les mêmes causes produisant les mêmes effets, on peut aisément deviner l’issue ce énième marché de dupes que le président de Sursaut-Togo, Kofi Yamgnane appelle une « usine à gaz montée sous forme de poupées russes ».
Source : Médard Amétépé, Liberté























